jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2203072 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, M. B A, représenté par Me Boul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de l'université de Strasbourg a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner l'université de Strasbourg à lui verser la somme de 60 000 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Strasbourg la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'université a porté atteinte à sa présomption d'innocence en ne lui délivrant pas de relevé de notes provisoire dans l'attente de l'issue des poursuites disciplinaires intentées à son encontre, faisant obstacle à l'examen de son dossier pour l'entrée en master puis à la prise en charge de sa situation par le rectorat, et elle a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- les décision de refus de master sont entachées d'erreurs de fait et d'erreurs d'appréciation et sont ainsi fautive ;
- il a subi un préjudice évalué à 50 000 euros au titre de la perte de chance de poursuivre ses études pour l'année universitaire 2021-2022 ;
- son préjudice moral doit être évalué à 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 18 octobre 2022, l'université de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir du requérant ;
- elle est irrecevable comme tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
23 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dobry,
- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,
- et les observations de Mme C, représentant l'université de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était inscrit en 3ème année de licence de droit à l'université de Strasbourg au cours de l'année universitaire 2020-2021. Il a fait l'objet d'une procédure disciplinaire pour des faits survenus le 8 avril 2021, sur lesquels la commission de discipline de la section disciplinaire du conseil académique de l'université de Strasbourg compétente à l'égard des usagers s'est prononcée le 29 novembre 2021 et a rejeté la demande de sanction. Par la présente requête,
M. A demande réparation du préjudice causé par l'impossibilité dans laquelle il se serait trouvé d'obtenir son inscription dans un master.
2. En premier lieu, M. A soutient que l'université de Strasbourg a porté atteinte à sa présomption d'innocence et ainsi commis une faute en refusant de lui délivrer un relevé de notes provisoire pour le 6ème semestre de licence pendant la durée de la procédure disciplinaire, et que l'impossibilité dans laquelle il s'est trouvé de produire ce relevé de notes a entraîné des refus d'admission dans les masters souhaités pour l'année universitaire 2021-2022 et fait obstacle à un accompagnement du rectorat pour la poursuite de ses études. Toutefois, d'une part, le requérant n'établit pas que les décisions de refus d'admission en master, qu'il ne produit pas et qui ont pu être prises au regard des notes obtenues par le requérant pendant les cinq premiers semestres de licence, sont fondées sur l'absence à son dossier de son relevé de note pour le dernier semestre de licence. D'autre part, M. A ne produit aucun élément de nature à établir qu'il a effectué une quelconque démarche auprès du rectorat pour obtenir un accompagnement suite aux refus d'admission en master qui lui ont été opposés. Dès lors, en l'absence de lien de causalité entre le refus de délivrance d'un relevé de notes provisoire et le défaut d'inscription en master pour l'année universitaire 2021-2022, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de délivrance d'un relevé de notes provisoire a porté atteinte à sa présomption d'innocence en l'empêchant de poursuivre ses études en master.
3. En second lieu, M. A soutient que les décisions de refus d'admission en master sont entachées d'erreurs de fait et d'erreurs d'appréciation et sont ainsi illégales, notamment en ce qu'un autre étudiant ayant obtenu des notes inférieures aux siennes aurait été admis dans un master au sein duquel l'admission lui a été refusée. Toutefois, il n'assortit ses allégations d'aucune précision ni document de nature à en établir le bien fondé, et par conséquent il n'établit pas que les décisions de refus d'admission en master sont fautives.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de
non-recevoir opposées par l'université de Strasbourg, que les conclusions de M. A à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande préalable d'indemnisation et à fin d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'université de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
S. DOBRY
Le président,
P. REES Le greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026