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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204139

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204139

vendredi 10 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204139
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantVITOUX MAEVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, Mme C Veuve B, représenté par Me Maeva Vitoux demande au tribunal :

- D'annuler la décision du 27 avril 2022 par laquelle le président de la Collectivité européenne d'alsace a refusé de lui remettre une dette de 18 776 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active ;

- D'accorder une remise gracieuse totale ou partielle de cette dette ;

- De condamner la Collectivité Européenne d'Alsace aux entiers dépens.

Mme C Veuve B soutient que la décision a été prise par une autorité incompétente pour en connaître ; qu'elle n'a pas les moyens financier de faire face à cette dette ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, la Collectivité européenne d'alsace conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à la charge de Mme C Veuve B une dette de 18 416 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de septembre 2015 à octobre 2017. Mme C Veuve B a sollicité la remise gracieuse de cette dette, demande qui a été rejetée par une décision du 27 avril 2022 du président de la Collectivité européenne d'alsace. Par le présent recours, Mme C Veuve B demande l'annulation de cette décision et la remise gracieuse de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Enfin, l'article L. 262-46 dudit code dispose que : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. En application des principes énoncés au point 3 le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 27 avril 2022 doit être écarté comme étant inopérant.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C Veuve B par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin et dont l'intéressée sollicite la remise gracieuse, résulte de ce que celle-ci n'a pas déclaré qu'elle vivait de façon maritale avec son époux depuis aout 2015, qu'elle a déclaré sa pension d'invalidité qu'elle perçoit depuis 2009 qu'à partir d'octobre 2016, qu'elle n'a pas déclaré ses indemnités journalières perçues du 7 mai au 30 octobre 2016, ses salaires perçus de mars à septembre 2016 et les salaires de son fils de septembre et d'octobre 205 et de juillet et août 2017. L'ensemble de ces omissions ont été révélées par un contrôle effectué le 6 novembre 2017 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin dont le rapport fait foi jusqu'à preuve du contraire. La requérante n'apporte aucun élément permettant de contredire les constatations faites par ce rapport. Or, de telle omissions, compte tenu de leur réitération, de la nature et du montant des sommes perçues et alors que l'intéressée ne pouvait légitimement ignorer son obligation de porter ces éléments sur ses déclarations trimestrielles de ressources dès lors comporte une rubrique " pour chaque membre de votre foyer, déclarez les ressources perçues chaque mois " et " autres ressources ", doivent être regardées comme étant constitutives de fausses déclarations aux sens des dispositions précitées, laquelle, en principe, fait obstacle à ce que la requérante puisse prétendre à une remise gracieuse de sa dette. Il est constant par ailleurs que la Collectivité Européenne d'Alsace a retenu la fraude par décision devenue définitive du 8 mars 2018. Ainsi, si la requérante soutient être dans une situation financière difficile, cette circonstance, à la supposée établie, est sans influence sur la légalité de la décision contestée, dès lors que l'indu en cause doit être regardé comme trouvant son origine dans les fausses déclarations de l'intéressée. Par suite, Mme C Veuve B n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par la décision contestée du 27 avril 2022, le président de la Collectivité européenne d'Alsace a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C Veuve B ne peut être que rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1. La requête de Mme C Veuve B est rejetée.

Article 2. Le présent jugement sera notifié à Mme D C Veuve B, à la Collectivité européenne d'alsace et à la Caisse d'allocations familiales du haut-rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.

Le magistrat désigné,

H. ALa greffière,

V. IMMELE

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. IMMELE

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