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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204216

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204216

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204216
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCHAVKHALOV

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juin 2022, M. A C, représenté par Me Chavkhalov, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision 48 SI du 25 avril 2022 portant invalidation du son permis de conduire pours solde de points nul prise par le ministre de l'intérieur jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au rétablissement des huit points litigieux et de lui restituer son permis de conduire dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée en raison de l'imminence de l'émission d'un avis de contravention à l'encontre du contrevenant qui aura pour effet d'annuler le premier avis de contravention, de ce qu'il est micro-entrepreneur en travaux d'isolation et de ce que la perte du permis engendre des pertes de revenus importantes ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dans la mesure où il n'a jamais été informé de l'existence d'un traitement informatique de ses points de retrait résultant du jugement définitif du 12 décembre 2018 qui ne lui a jamais été notifié, de ce que la contravention du 12 février 2022 a été commise par son frère qui l'a reconnu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur la requête et au rejet des conclusions présentées au titre des frais irrépétibles.

Il fait valoir que ses services ont supprimé les mentions afférentes à l'infraction commise le 12 février 2022 et le solde du permis est dès lors de deux points.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 juin 2022 sous le numéro 2204215 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 13 juillet 2022 tenue en présence de Mme Trinité, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Chavkhalov, avocat de M. C, qui admet que la décision 48 SI a été retirée et le permis a été restitué ; s'agissant des six points de retrait non justifié, sa demande ne peut être satisfaite dès lors qu'elle n'était présentée que par la voie de l'exception ; il maintient ses conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le ministre de l'intérieur n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Par une décision postérieure à l'introduction de l'instance, le ministre de l'intérieur a retiré la décision 48 SI attaquée en créditant le solde de points du permis de conduire de M. C de deux points. Il doit être regardé comme ayant retiré la décision attaquée. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision et par suite sur les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

4. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme que M. C demande en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. C.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Strasbourg, le 15 juillet 2022.

La juge des référés,

M.-L. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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