mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204444 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCHWEITZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête présentée par M. Maetz, avocat, enregistrée le 8 juillet 2022, l'Eurométropole de Strasbourg et la ville de Strasbourg, représentées respectivement par leur présidente et maire, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai de MM. Enio Gorovelli, Dejmail Alija, Russen Aleksiev, Janmammad Azimi, Mario Sheme, Rumen Radoslavov, Ibraim B, Timur Tumgoyev, Rajko Markov, Gani B, Merkaj Petrit, Fatjom Tola, Russem Alekseiev, Giorgi Topuridze, Aleksandre Balashvili, Vazha Shvelidze, Giorgi Mtechdlidze, Tamazi Jajanashvili, Niko Sheme, Besik Tatiashvili, Mmes D, Kristina Tapayeva, Shene Sulillari, Maria Georgieva, Divjacheva Ajdjan, Senedaa Memishoska, Mme E, Nadja Emini épouse B, Maria Azimi et Sjabe Memishoska ainsi que les personnes non identifiées qui occupent sans droit ni titre, avec leurs biens, une dépendance du domaine public constituée par le parc de l'Etoile / place de l'Etoile à Strasbourg ;
2°) de les autoriser à avoir recours à la force publique si nécessaire ; de les autoriser à faire procéder à l'enlèvement des objets meubles se trouvant sur le lieu, aux frais et risques des intéressés.
L'Eurométropole de Strasbourg et la ville de Strasbourg soutiennent que :
- les espaces dont s'agit relèvent pour partie du domaine public de la ville, pour partie de celui de l'Eurométropole ;
- les intéressés ne se sont jamais vus délivrer d'autorisation pour occuper les parcelles dont s'agit ;
- leur sécurité ne pourra être assurée lors de la soirée du 14 juillet à venir ;
- l'occupation illégale interdit son utilisation à des fins de service public, lors de la soirée du 14 juillet à venir.
Par un mémoire, enregistré le 12 juillet, Me Schweitzer, avocate, a déclaré se constituer pour les défendeurs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- La loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 12 juillet 2022 tenue en présence de Mme Tho, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Maetz, avocat de la communauté de commune ;
- les observations de Me Schweitzer, représentant les occupants du terrain qui conclut à ce que l'aide juridictionnelle provisoire soit accordée aux défendeurs, ainsi qu'au rejet de la requête de l'Eurométropole de Strasbourg et de la ville de Strasbourg.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de MM. Enio Gorovelli, Dejmail Alija, Russen Aleksiev, Janmammad Azimi, Mario Sheme, Rumen Radoslavov, Ibraim B, Timur Tumgoyev, Rajko Markov, Gani B, Merkaj Petrit, Fatjom Tola, Russem Alekseiev, Giorgi Topuridze, Aleksandre Balashvili, Vazha Shvelidze, Giorgi Mtechdlidze, Tamazi Jajanashvili, Niko Sheme, Besik Tatiashvili, Mmes D, Kristina Tapayeva, Shene Sulillari, Maria Georgieva, Divjacheva Ajdjan, Senedaa Memishoska, Mme E, Nadja Emini épouse B, Maria Azimi et Sjabe Memishoska.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
4. Il résulte de l'instruction qu'un groupe composé de MM. Enio Gorovelli, Dejmail Alija, Russen Aleksiev, Janmammad Azimi, Mario Sheme, Rumen Radoslavov, Ibraim B, Timur Tumgoyev, Rajko Markov, Gani B, Merkaj Petrit, Fatjom Tola, Russem Alekseiev, Giorgi Topuridze, Aleksandre Balashvili, Vazha Shvelidze, Giorgi Mtechdlidze, Tamazi Jajanashvili, Niko Sheme, Besik Tatiashvili, Mmes D, Kristina Tapayeva, Shene Sulillari, Maria Georgieva, Divjacheva Ajdjan, Senedaa Memishoska, Mme E, Nadja Emini épouse B, Maria Azimi et Sjabe Memishoska ainsi que de personnes non identifiées et vivant sous tentes, occupent depuis plusieurs semaines une dépendance du domaine public constituée des parc de l'Etoile / place de l'Etoile à Strasbourg, tènement dont il n'est pas contesté qu'il dépend pour partie du domaine public de la ville de Strasbourg, pour partie de celui de l'Eurométropole de Strasbourg, et ce sans y avoir jamais été autorisées. Il est constant que les personnes dont s'agit ne justifient à ce jour d'aucun droit ni titre pour cette occupation.
5. Toutefois, il résulte également de l'instruction que l'occupation de ces parcelles a débuté au plus tard le 1er juin 2022. Par ailleurs, si l'administration expose qu'elle souhaite utiliser les lieux pour le tir du feu d'artifice qui doit marquer la célébration de la fête nationale du 14 juillet, cette circonstance, tout comme celle que l'exercice exposerait les occupants des parcelles à des risques de brûlures ou de chocs, étaient connues de longue date et ne peuvent dès lors être regardés comme caractérisant une évolution soudaine et imprévisible de la situation. Ainsi, l'Eurométropole de Strasbourg et la ville de Strasbourg ne peuvent se prévaloir d'un contexte qui relève d'un état de fait connu et toléré depuis plus d'un mois.
6. La condition d'urgence posée par les dispositions précitées n'étant pas satisfaite, le requête de l'Eurométropole de Strasbourg et la ville de Strasbourg ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée, à titre provisoire, à MM. Enio Gorovelli, Dejmail Alija, Russen Aleksiev, Janmammad Azimi, Mario Sheme, Rumen Radoslavov, Ibraim B, Timur Tumgoyev, Rajko Markov, Gani B, Merkaj Petrit, Fatjom Tola, Russem Alekseiev, Giorgi Topuridze, Aleksandre Balashvili, Vazha Shvelidze, Giorgi Mtechdlidze, Tamazi Jajanashvili, Niko Sheme, Besik Tatiashvili, Mmes D, Kristina Tapayeva, Shene Sulillari, Maria Georgieva, Divjacheva Ajdjan, Senedaa Memishoska, Mme E, Nadja Emini épouse B, Maria Azimi et Sjabe Memishoska.
Article 2 : La requête présentée pour l'Eurométropole de Strasbourg et la ville de Strasbourg est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Eurométropole de Strasbourg et à la ville de Strasbourg, à MM. Enio Gorovelli, Dejmail Alija, Russen Aleksiev, Janmammad Azimi, Mario Sheme, Rumen Radoslavov, Ibraim B, Timur Tumgoyev, Rajko Markov, Gani B, Merkaj Petrit, Fatjom Tola, Russem Alekseiev, Giorgi Topuridze, Aleksandre Balashvili, Vazha Shvelidze, Giorgi Mtechdlidze, Tamazi Jajanashvili, Niko Sheme, Besik Tatiashvili, Mmes D, Kristina Tapayeva, Shene Sulillari, Maria Georgieva, Divjacheva Ajdjan, Senedaa Memishoska, Mme E, Nadja Emini épouse B, Maria Azimi, Sjabe Memishoska, aux personnes qui occupent la dépendance du domaine public constituée du parc de l'Etoile / place de l'Etoile à Strasbourg et à Me Schweitzer.
Fait à Strasbourg, le 12 juillet 2022.
Le juge des référés,
X. C
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026