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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2204511

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2204511

vendredi 7 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2204511
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantBOUDHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 et 25 juillet 2022, M. E A, représenté par Me Boudhane, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 20 juin 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de l'ensemble des points de son permis de conduire, et a constaté la perte de validité de son titre de conduite pour défaut de points ;

2) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui restituer son titre de conduite, sous astreinte de 500 euros par jours de retard à compter du huitième jour suivant la notification du jugement à intervenir ;

3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.

M. A soutient que :

Sur la légalité externe :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure ;

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

Sur la légalité interne :

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal, au non-lieu à statuer partiel, dès lors que le point retiré consécutivement à l'infraction commise le 27 février 2021 a été restitué le 15 septembre 2021, et à titre subsidiaire au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Vu :

­ les autres pièces du dossier ;

­ la requête n° 2204512 enregistrée le 12 juillet 2022 par laquelle le requérant demande la suspension de l'exécution de la décision 48SI du 20 juin 2022.

Vu :

­ le code de la route ;

­ le code de justice administrative.

­ le code des relations entre le public et l'administration.

Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du Code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a commis plusieurs infractions au code de la route, ayant entrainé le retrait de quinze points affectés à son permis de conduire. Constatant la nullité du solde de point affecté à son titre de conduite, le ministre de l'intérieur lui a notifié le dernier retrait de point et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retraits de points, qu'il avait perdu le droit de conduire par une décision référencée " 48SI " du 20 juin 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes des dispositions de l'article L.111-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicable à compter du 1er janvier 2016 : " Toute personne a le droit de connaitre le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressant la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté ". Selon les dispositions de l'article L. 212-2 du même code : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que ma mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".

3. Par une décision en date du 28 janvier 2020 modifiant la décision du 03 mai 2017 modifiée portant délégation de signature à la délégation à la sécurité routière et à la circulation routières, parue au Journal Officiel de la République française du 31 janvier 2020, le ministre de l'intérieur a donné compétence à Mme D C, attachée principale, chef du service du service du fichier national des permis de conduire, pour signer les décision de la nature de la décision " 48SI " en litige dans la présence instance. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et en droit et doit être écarté.

4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L.223-3 et R.223-3 du Code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre avant d'en connaitre la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à son obligation préalable d'information. Cependant si le requérant fait valoir qu'il n'a pas obtenu l'information préalable requise par les dispositions des article L 223-3 et R 223-3 du code de la route, il ne précise pas quelles infractions sont concernées. Dans ces conditions, en l'absence d'une telle précision, le moyen de l'absence d'information préalable ne peut qu'être écarté.

5. Le requérant fait valoir qu'il n'a pas obtenu la restitution d'un point au bout de six mois suite à l'infraction commise le 27 février 2021. Cependant, il résulte de l'instruction que le point retiré à la suite à cette infraction a été restitué à M. A le 15 septembre 2021. Mais suite à cette restitution, contrairement à ce que soutient le requérant, son permis de conduire est toujours nul pour défaut de point.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision ministérielle du 20 juin 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a annulé son permis de conduire. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonctions ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

H. BLa greffière,

V. IMMELE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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