vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204664 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SCHWEITZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, M. C E, représenté par Me Schweitzer, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé pour une durée de douze mois, la suspension de son permis de conduire son permis de conduire ;
2) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui restituer son permis de conduire, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article R. 235-5 du code de la route en l'absence d'indication sur l'examen médical à effectuer ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2204665, enregistrée le 19 juillet 2022.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du Code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 mai 2022 à 08h28, sur le territoire de la commune de Strasbourg (67), M. E qui circulait à bord de son véhicule, a fait l'objet d'un contrôle par les agents de la police nationale au cours duquel il a été soumis à un dépistage salivaire, prévu par les dispositions de l'article R. 235-2 du code de la route, consistant en un simple test, en vue d'établir s'il conduisait sous l'empire de substances ou plantes classées comme stupéfiants, dépistage salivaire qui s'est révélé positif au cannabis. Par un arrêté du 19 mai 2022, la préfète du Bas-Rhin a décidé sur le fondement des articles L.224-7 à L. 224-9 du code de la route, de suspendre, pour une durée de douze mois, la validité du permis de conduire de M. E. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée :
2. Aux termes des dispositions de l'article L.111-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicable à compter du 1er janvier 2016 : " Toute personne a le droit de connaitre le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne. Ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressent la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté ". L'article L.212-2 du même code dispose que : " toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de la publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
4. Par un arrêté préfectoral en date du 25 mars 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation de signature à Mme A D, directrice des sécurités, adjointe au directeur de cabinet à la préfecture du Bas-Rhin, l'effet de signer dans le cadre de ses attributions et compétences, des arrêtés de suspension provisoire du permis de conduire, et les arrêtés de suspension provisoire immédiate du permis de conduire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
Sur la prétendue insuffisance de motivation :
5. Aux termes des dispositions de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979, désormais codifié à l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui:/ 1°Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ". L'alinéa 5 de l'article L.211 du même code dispose que : " La motivation est exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. En l'espèce, la décision attaquée vise les dispositions du code de la route et, notamment les articles L.224-7 à L.224-9, R.221-13, R.221-14-1, R.224-4, R.224-12 à R.224-17 de ce code. Elle mentionne que le 11 mai 2022 à 08h28, M. E a fait l'objet d'un procès-verbal pour avoir commis une infraction punie par le code de la route de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire prévue à l'article L.235-1 du même code. A la suite des vérifications prévues à l'article R.235-5 du code de la route, lesquelles ont révélé l'usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, la décision attaquée précise en outre que M. E représente un danger immédiat pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même. Ainsi, cette décision comporte des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, la circonstance qu'elle soit une décision stéréotypée ou qu'elle ait été rédigée au moyen d'un formulaire pré-imprimé étant sans incidence. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.
Sur la prétendue erreur de droit :
7. Aux termes des dispositions de l'article R.221-13 du code de la route : " Le préfet soumet au contrôle médical de l'aptitude à la conduite : 1°/ Tout candidat ou accompagnateur d'un élève conducteur auquel est imputable l'une des infractions prévues par les articles L.234-1, L.234-8, L.235-1 et L.235-3 ;2°/ Tout conducteur qui a fait l'objet d'une mesure portant restriction du droit de conduire ; 3° Tout conducteur qui fait l'objet d'une mesure portant suspension du droit de conduire d'une durée supérieure à un mois pour l'une des infractions prévues au présent code, autres que celles mentionnées au 1°ci-desssus. ".
8. En vertu des dispositions de l'article R.221-13 du code de la route, le préfet soumet à des " examens médicaux, cliniques et biologiques, notamment salivaires et capillaires " le conducteur " qui a fait l'objet " d'une suspension de son permis de conduire de plus d'un mois et, lorsque l'intéressé néglige ou refuse de s'y soumettre dans le délai " qui est prescrit ". Cette suspension jusqu'à émission d'un avis médical d'aptitude, sur demande de l'intéressé, par le médecin agréé ou la commission médicale. Lorsque la décision de suspension du permis de conduire n'indique pas le délai dans lequel une visite médicale doit être effectuée et la nature des examens auxquels le conducteur doit se soumettre pour la restitution du permis, cette omission entache d'illégalité non pas cette décision de suspension, mais seulement le refus de restituer ce permis de conduire à l'issue de la période de suspension. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée n'a pas précisé la nature des examens auxquels le requérant devra se soumettre doit être écarté comme inopérant.
Sur la prétendue erreur manifeste d'appréciation :
9. Si le requérant fait valoir que la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, il résulte toutefois de l'instruction que le permis de conduire de M. E a été annulé à deux reprises, par un jugement du 3 septembre 2019 du tribunal de grande instance de Strasbourg, pour conduite en état d'ivresse et délit de fuite après un accident, et par un jugement du 1er septembre 2021 du tribunal de grande instance de Metz, pour récidive de conduite en ayant fait l'usage de stupéfiants. Par ailleurs, il résulte des procès-verbaux du 11 mai 2022, d'une part que, M. E a été interpellé à cette date alors qu'il conduisait un véhicule dont les pneumatiques de l'essieu-avant était lisses et duquel émanait une odeur de cannabis et, d'autre part, qu'il a été soumis à un prélèvement salivaire dont l'analyse a révélé la présence de cannabis (THC). Dans ces conditions, et à supposer que la décision attaquée soit susceptible de porter une atteinte grave à la situation professionnelle et personnelle de M. E, la suspension de validité de son permis de conduire répond, eu égard à la répétition de ces infractions graves au code de la route caractérisant un comportement dangereux, à des exigences de protection et de sécurité routière. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et à la préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
H. BLa greffière,
C. ADE
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026