lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204738 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 21 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Alleki, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, ainsi que des majorations correspondantes, auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a estimé que les travaux immobiliers réalisés à son domicile par la société à responsabilité limitée (SARL) MCI caractérisaient des avantages occultes accordés par cette société et imposables sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts alors que la SARL MCI a agi comme sous-traitante de la société AZ Promotions à laquelle ces travaux ont été payés ;
- l'absence d'écrit ne fait pas obstacle à la validité du contrat de sous-traitance dont la réalité est établie par les éléments qu'elle apporte, notamment la facture de la société AZ Promotions et le chèque émis pour son paiement ;
- le délai entre la réalisation des travaux et l'émission du chèque et de la facture résulte de malfaçons dont la correction a retardé la conclusion de l'opération ;
- le principe d'annualité de l'impôt n'autorise pas à imposer au titre des années 2017 et 2018 comme avantages occultes des travaux dont le paiement a été différé de plusieurs années dès lors qu'il était convenu entre les parties que ces travaux seraient facturés ;
-la majoration pour manquement délibéré est contestée en conséquence de la critique des droits ;
- l'administration ne démontre pas l'intention délibérée d'éluder l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.
L'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe Michel,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Quaine, subsituant Me Alleki, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1.A la suite d'une vérification de comptabilité de la SARL MCI, l'administration a estimé que les travaux immobiliers de second œuvre réalisés en 2017 et 2018 par cette société au domicile de Mme A sans être facturés caractérisaient des avantages occultes, s'élevant aux sommes respectives de 29 850 euros et 20 580 euros, accordés à cette dernière et imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts. Mme A a, en conséquence, été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux s'élevant, en droits et pénalités, à la somme totale de 22 363 euros, dont elle demande la décharge.
2. En premier lieu, aux termes des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ".
3. Il résulte de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas contesté par Mme A, que la SARL MCI est intervenue à son domicile personnel, situé rue des Clefs à Colmar, entre le 4 septembre et le 22 décembre 2017 et entre le 5 janvier et le 16 mars 2018 pour y effectuer des travaux qui ne lui ont pas été facturés. Mme A soutient que la SARL MCI a agi en qualité de sous-traitante de la société AZ Promotions qui a émis le 31 octobre 2020 la facture correspondante, d'un montant de 43 560 euros toutes taxes comprises, et qui en a reçu le paiement par un chèque de la même somme qu'elle a émis le 9 mars 2021. Toutefois, Mme A n'apporte à l'appui de ses allégations aucun élément précis ou probant, et en particulier aucun contrat, aucune correspondance ni aucun document de chantier, de nature à établir l'existence d'une relation de sous-traitance entre les sociétés MCI et AZ Promotions. Le règlement d'acomptes par la société AZ Promotions à la SARL MCI au titre du chantier en litige n'est pas démontré par les extraits du grand livre de la société MCI qui retracent des versements effectués en 2019 et 2020, plusieurs années après l'exécution des travaux, à la société AZ Promotions sous les libellés " AZ Financement " ou " Virt AZ Financement ", la mention " chantier RD " ajoutée de façon manuscrite ne présentant au surplus aucun caractère probant. La facturation par la société AZ Promotions desdits travaux n'est pas davantage établie par la facture du 31 octobre 2020, établie également plusieurs années après l'exécution des travaux, dont le caractère lacunaire lui ôte toute valeur probante, ce document se bornant à désigner des " travaux appartement sis rue des clés 68000 Colmar ", à mentionner une fin de chantier tardive en raison de malfaçons et à facturer un " prix unitaire " de 39 600 euros hors taxes, sans comporter aucune précision sur la nature des travaux effectués, les matériaux utilisés ou le coût de la main-d'œuvre. Si Mme A évoque des malfaçons pour justifier le délai de plusieurs années entre la réalisation des travaux, d'une part, et l'émission de cette facture et son paiement, d'autre part, elle n'assortit cette allégation d'aucune précision, ni d'aucun commencement de preuve. Enfin, l'administration fait valoir, sans être contredite, que la société AZ Promotions, dont le dirigeant était pendant la période en litige un membre de la famille de Mme A, avait pour activité à la date du chantier, le conseil et l'assistance en matière de financement et de défiscalisation, ce qui rend peu vraisemblable son intervention comme donneur d'ordre pour la réalisation de travaux immobiliers. Dans ces conditions, l'administration établit que Mme A a bénéficié en 2017 et 2018 d'une libéralité accordée par la SARL MCI et constituée par la prise en charge sans contrepartie du coût des travaux immobiliers réalisés à son domicile personnel. Il s'ensuit que c'est à bon droit que cette libéralité a été imposée comme distribution occulte sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ". La majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts sanctionne la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir le manquement délibéré, l'administration fiscale doit apporter la preuve de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations du contribuable, et de son intention délibérée d'éluder l'impôt.
5. D'une part, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge des pénalités qui lui ont été appliquées par voie de conséquence de sa contestation des droits.
6. D'autre part, pour infliger à la requérante la majoration pour manquement délibéré prévue par les dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts, l'administration a relevé qu'elle ne pouvait ignorer que les travaux effectués à son domicile personnel par la SARL MCI n'avaient fait l'objet d'aucun devis, d'aucune facture, ni d'aucun paiement et que la prise en charge par cette société de dépenses personnelles de la contribuable constituait une distribution soumise à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les faits ainsi relevés par l'administration caractérisent, eu égard au surplus à la répétition sur plusieurs années des mêmes errements et à l'importance de la somme en litige, la volonté délibérée de la part de Mme A d'éluder l'impôt. Le moyen tiré de ce que l'administration n'établit pas l'intention délibérée d'éluder l'impôt justifiant l'application de la pénalité en litige, ne peut dès lors être accueilli.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge des impositions en litige ainsi que des majorations correspondantes. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère,
M. Christophe Michel, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
Le rapporteur,
C. MICHEL
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026