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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2205134

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2205134

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2205134
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantSUTTER

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n°2205134, enregistrée le 5 août 2022, M. D, représenté par Me Sutter, demande au tribunal :

- D'annuler la décision du 20 décembre 2021 et du 30 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à sa charge une dette de 22,17 euros résultant d'un indu de prime d'activité ;

- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin la somme de 1 000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que l'auteur de la décision ne peut être établi ; la décision est insuffisamment motivée ; la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

II. Par une requête n°2205135 enregistrée le 5 août 2022, M. D, représenté par Me Sutter, demande au Tribunal :

- D'annuler la décision du 20 décembre 2021 et 30 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a confirmé le bien-fondé de sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 262,80 euros ;

- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin une somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que l'auteur de la décision ne peut être établi ; la décision est insuffisamment motivée ; la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur d'appréciation et a commis des fautes.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 octobre 2022.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitat ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2205134 et n°2205135 sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de statuer par un seul jugement.

2. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à la charge de M. D par décision du 20 décembre 2021 une dette de 365,41 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité pour le mois d'octobre 2021. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a également mis à la charge de M. D par la même décision une dette de 262,80 euros pour un indu d'aide au logement pour le mois d'octobre 2021. L'intéressé a introduit un recours administratif préalable auprès de la caisse qui a confirmé la décision du 20 décembre 2021 par deux décisions du 30 mai 2022. Ces dernières décisions ont pris lieu et place de la décision du 20 décembre 2021. M. D doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions du 30 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.

Sur les moyens communs aux deux décisions :

3. Si le requérant fait valoir que l'auteur de chaque décision ne peut être établi, il résulte de l'instruction que les décisions sont signées par M. C E, Directeur de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin figurent sur la décision confirmant le bien-fondé de l'indu d'aide au logement et par Mme Laure Laurent, Secrétaire de la Commission de Recours Amiable, figurent sur la décision confirmant le bien-fondé de l'indu de prime d'activité. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.

4. Les décisions comportent les mentions de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

Sur le bien-fondé de l'indu de prime d'activité :

5. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité (). ".

6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

7. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité dont le remboursement est réclamé à M. D par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin provient de ce qu'il a bénéficié de cette prestation au titre d'une personne seul avec 4 enfants à charge alors que ces enfants n'étaient pas à sa charge ce qu'il a lui-même reconnu. En conséquence, la caisse a pu recalculer sans commettre de faute, ni d'erreur de fait ou de droit, le montant de cette prestation en prenant en compte ces informations. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin concernant l'indu de prime d'activité.

Sur le bien-fondé de l'aide au logement :

8. Aux termes de l'article L 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ". L'article R. 822-4 du même code, dans sa version applicable au présent litige, dispose que : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ". L'article R. 822-15 de ce code, applicable à la date du présent litige, prévoit que : " Il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage perçus par le bénéficiaire durant l'année civile de référence, lorsque celui-ci ou son conjoint est en chômage total depuis au moins deux mois consécutifs à la date d'effet de la demande ou pendant au moins deux consécutifs au cours de la période de paiement et s'il se trouve dans l'une des situations suivantes : () 3° Il perçoit l'allocation de solidarité spécifique prévue par les articles L. 5423-1 à L. 5423-3 du code du travail. / Les droits, sont examinés sur cette nouvelle base à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel sont intervenus le changement de situation, la cessation du versement ou la diminution du montant de l'allocation d'assurance, ou l'admission à l'allocation de solidarité spécifique. "

9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision, qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qu'il lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

10. Il résulte de l'instruction que la dette au logement mise à la charge de M. D par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin et dont l'intéressé sollicite l'annulation, provient des mêmes fait que ceux évoqué au point n°7. En conséquence, la caisse a pu recalculer sans commettre de faute, ni d'erreur de fait ou de droit, le montant de cette prestation en prenant en compte ces informations. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin concernant l'indu de prime d'activité.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. D ne peuvent être que rejetées y compris, par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes n°2205134 et n°2205135 de M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

H. ALa greffière,

F. DOGUI

La République mande et ordonne au Ministère des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, et au Ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2-2205135

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