lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205537 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SCP HEMZELLEC-DAVIDSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 août 2022, le 6 juillet 2023 et le 7 mars 2024, Mme A B, représentée par la SCP Becker-Szturemski, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 12 juillet 2022 résultant du silence gardé par le centre hospitalier intercommunal (CHIC) Unisanté + de Forbach sur sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner solidairement le CHIC Unisanté + de Forbach et son assureur, la société Axa France IARD à lui verser la somme de 17 850,86 euros en réparation du préjudice que lui a causé la chute dont elle a été victime le 20 mars 2012 sur le sol pavé de l'hôpital Marie-Madeleine de Forbach ;
3°) de condamner solidairement le CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD aux entiers frais et dépens ;
4°) de mettre à la charge solidairement de CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du CHIC Unisanté + de Forbach est engagée dès lors que sa chute est consécutive à un défaut dans l'organisation et le fonctionnement du service public ;
- elle a chuté en raison des irrégularités du sol pavé, celles-ci n'ayant fait l'objet d'aucune signalisation spécifique ;
- l'assureur de l'hôpital a reconnu sa responsabilité et celle de son assuré en transmettant un protocole transactionnel ;
- il n'existe aucune circonstance de nature à démontrer une quelconque imprudence de sa part ;
- son préjudice patrimonial temporaire est constitué par une assistance par tierce personne estimée à 8 400 euros ;
- son préjudice extrapatrimonial temporaire est constitué par un déficit fonctionnel total estimé à 50 euros, un déficit fonctionnel partiel estimé à 1 331 euros, un préjudice esthétique estimé à 1 000 euros et des souffrances endurées estimées à 3 500 euros ;
- son préjudice extrapatrimonial permanent est constitué par un déficit fonctionnel estimé à 2 800 euros ;
- elle a été contrainte d'engager 700 euros de frais d'expertises et 69,86 euros de frais d'huissier.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 juin 2023 et le 23 janvier 2024, le centre hospitalier intercommunal Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD, représentés par la SCP Hemzellec-Davidson, concluent au rejet de la requête, à la condamnation de Mme B à leur rembourser la provision de 3 708,07 euros, à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, subsidiairement à ce que ses conclusions indemnitaires soient ramenées à de plus justes proportions.
Ils soutiennent que :
- aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé ;
- en l'absence de faute, la provision de 3 708,06 euros prononcée le juge des référés du tribunal de grande instance de Sarreguemines par ordonnance du 1er août 2017 a été indûment perçue par Mme B.
Par un mémoire enregistré le 10 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle, conclut :
- à la condamnation solidaire du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD au paiement d'une somme de 3 976,47 euros au titre des débours exposés ;
- à la condamnation solidaire du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD au paiement d'une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
- à la condamnation solidaire du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD aux entiers frais et dépens de l'instance ;
- à la mise à la charge du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La caisse soutient qu'elle est fondée à réclamer le remboursement de sa créance à l'établissement hospitalier et son assureur en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par lettre du 2 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions du CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD tendant à la condamnation de la requérante au paiement des intérêts sur les sommes dues, dès lors que l'établissement public peut directement recouvrer les sommes dues au titre de ses pouvoirs propres.
Par ordonnance du 21 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mars 2024.
Par un mémoire, enregistré le 8 avril 2024, le CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD ont présenté leurs observations en réponse au moyen d'ordre public.
Un mémoire en défense présenté pour le centre hospitalier intercommunal Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD a été enregistré le 18 mars 2024. En application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 611-1, ce mémoire n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Immédiatement après avoir rendu visite à son père à l'hôpital Marie-Madeleine de Forbach, Mme B déclare avoir, le 20 mars 2012, chuté lourdement sur le parvis de l'hôpital et subi des contusions à la main et au genou droits ainsi qu'une entorse de la cheville droite. Le 26 février 2020, Mme B a assigné le CHIC Unisanté + de Forbach et son assureur, la société Axa France IARD, devant le tribunal judiciaire de Sarreguemines aux fins de les voir condamnés solidairement en raison de cet accident. Par ordonnance du 2 novembre 2021, le tribunal judiciaire s'est déclaré incompétent au profit de la juridiction administrative. Mme B a notifié une demande préalable auprès du CHIC Unisanté + de Forbach tendant à l'indemniser du préjudice subi. Du silence gardé par le CHIC Unisanté + de Forbach est née une décision de rejet le 12 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision du 12 juillet 2022 ayant implicitement rejeté la demande indemnitaire présentée par Mme B a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant les conclusions sus-analysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont seraient, le cas échéant, entachées les décisions qui ont ainsi lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige et il n'y a lieu pour le juge ni d'examiner de tels moyens, ni de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de telles décisions.
Sur la responsabilité du centre hospitalier :
3. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur un ouvrage public de rapporter la preuve, d'une part, de la réalité de son préjudice et, d'autre part, de l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, établir soit qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. En l'espèce, si Mme B soutient avoir lourdement chuté le 20 mars 2012 sur le sol pavé de l'hôpital, lequel aurait présenté des irrégularités non signalées, il résulte de l'instruction qu'elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations permettant d'établir les circonstances et la cause exactes de sa chute. Il s'ensuit que la requérante ne rapporte la preuve de l'existence ni d'un lien de causalité direct et certain entre son dommage et l'entretien de l'ouvrage public, ni, en tout état de cause, comme elle le soutient, d'un défaut dans l'organisation et le fonctionnement du service public. Par suite, elle n'est pas fondée à rechercher la responsabilité pour faute du CHIC Unisanté + de Forbach, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance que l'assureur du centre hospitalier lui ait adressé une proposition d'indemnisation, laquelle ne vaut pas reconnaissance de responsabilité.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B et celles tendant à condamner les requises aux entiers frais et dépens ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la demande de la CPAM de Meurthe-et-Moselle :
6. En l'absence de responsabilité du CHIC Unisanté + de Forbach, la CPAM de Meurthe-et-Moselle n'est pas fondée à demander le remboursement des débours qu'elle a exposés ni la condamnation du centre hospitalier à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion. Les conclusions qu'elle présente à cette fin doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par le CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD :
7. En application du principe selon lequel une collectivité publique est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre, les personnes publiques qui peuvent émettre des titres exécutoires à l'encontre de leurs débiteurs ne peuvent saisir directement ce juge d'une demande tendant au recouvrement de leurs créances. Par suite, les conclusions reconventionnelles du CHIC Unisanté + de Forbach et de son assureur société Axa France IARD sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le CHIC Unisanté + de Forbach et la société Axa France IARD.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La demande de la CPAM de Meurthe-et-Moselle est rejetée.
Article 3 : Les conclusions du CHIC Unisanté + de Forbach et de la société Axa France IARD sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle et à la société Axa France IARD sur le fondement des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
X. FAESSEL Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026