mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2205557 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE DISCORDE - DELEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires, enregistrés les 25 août 2022, 1er août et 26 septembre 2023, Mme D C, représentée par Me Gorgol, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR à lui payer la somme de 26 000 euros au titre des préjudices subis ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Behren-les-Forbach et de la société Eurovia STR la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
3°) condamner solidairement la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR aux entiers frais et dépens.
Elle soutient que la responsabilité de la commune de Behren-les-Forbach et de la société Eurovia STR est engagée pour défaut d'entretien normal de la chaussée à proximité d'une zone de travaux publics.
Par un mémoire, enregistré le 2 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Meurthe-et-Moselle, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR à lui rembourser les débours qu'elle a exposés en faveur de Mme C à hauteur de leur responsabilité respective ;
2°) de condamner la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR à lui verser l'indemnité forfaitaire prévue aux dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR aux entiers frais et dépens.
Elle soutient qu'elle est fondée à réclamer le remboursement de sa créance à la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR en application de l'article L. 376-1 du code de la santé publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 avril, 1er août et 22 septembre 2023, présentés par la SELAS MetA avocats, la commune de Behren-les-Forbach, représentée par son maire, conclut dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête de Mme C et de la demande de la CPAM de Meurthe-et-Moselle et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à une condamnation partielle de l'indemnité sollicitée par Mme C et à ce que la société Eurovia Alsace Lorraine la garantisse de toute condamnation.
Elle soutient que :
- Mme C n'a pas établi la matérialité des faits concernant sa chute ;
- Mme C a commis une faute exonératoire de responsabilité ;
- les indemnités sollicitées doivent être ramenées à de plus justes proportions.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 mai et 18 septembre 2023, la société Eurovia Alsace Lorraine, agissant en son nom propre et au nom et pour le compte de la société Eurovia STR, conclut à titre principal, au rejet de la requête de Mme C et de la demande de la CPAM de Meurthe-et-Moselle et à ce qu'il soit mis in solidum à la charge de Mme C et de la CPAM de la Meurthe-et-Moselle la somme de 1 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, au rejet de l'appel en garantie présenté par la commune de Berhen-les-Forbach contre la société Eurovia STR, à ce que la commune de Berhen-les-Forbach les garantisse de toute condamnation et à ce à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Behren-les-Forbach la somme de 1 000 euros à verser à chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Mme C n'a pas établi la matérialité des faits concernant sa chute ;
- l'ouvrage public a été correctement entretenu ;
- Mme C a commis une faute exonératoire ;
- le dommage ne peut pas être imputé à la société Eurovia STR dès lors que les travaux réalisés résultent d'un marché public conclu entre la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia Alsace Lorraine.
Par une ordonnance du 27 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Me Hassan, représentant la commune de Behren-les-Forbach.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a chuté le 30 août 2017 sur une voie de la commune de Behren-les-Forbach. Elle soutient avoir glissé sur des gravillons présents sur la voie empruntée en raison de travaux publics réalisés à proximité. Par des lettres du 1er mars 2022, Mme C a adressé à la commune de Behren-les-Forbach et à la société Eurovia STR une demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices en lien avec sa chute. Par une lettre du 14 mars 2022, la société Eurovia STR a rejeté cette demande. En l'absence de réponse de la commune de Behren-les-Forbach dans un délai de deux mois est née une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme C demande au tribunal de condamner la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR à l'indemniser des préjudices liés à sa chute.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de la société Eurovia STR :
2. Il résulte de l'instruction que les gravillons responsables, selon Mme C, de sa chute proviendraient de travaux réalisés en exécution d'un marché public conclu entre la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia Alsace Lorraine. Par suite, la requérante n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la société Eurovia STR. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de Mme C présentées contre la société Eurovia STR, étrangère au litige, sont mal dirigées et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Behren-les-Forbach :
3. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve, soit de l'entretien normal de celui-ci, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime, soit encore d'un cas de force majeure.
4. S'il n'est pas contesté que Mme C a fait une chute sur la chaussée, les pompiers l'ayant prise en charge, les circonstances et le lieu exacts de cette chute ne sont pas connus en l'absence notamment de témoignage de cette chute ou d'autres pièces suffisamment précises la décrivant. Dès lors, la matérialité des faits invoqués ne peut être regardée comme suffisamment établie. Par ailleurs, la requérante n'apporte pas davantage la preuve d'un lien de causalité entre la chute dont elle a été victime et l'opération de travaux publics dont elle fait état. Par suite, Mme C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la commune de Behren-les-Forbach pour dommage de travaux public. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
5. Eu égard à ce qui précède, les conclusions de la CPAM de Meurthe-et-Moselle tendant au remboursement des débours exposés en faveur de Mme C et au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale ne peuvent pas être accueillies.
Sur les dépens :
6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / (). ".
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre définitivement les frais d'expertises, taxés et liquidés à la somme de 1 200 euros par une ordonnance de taxation du 30 juin 2021 de la juge des référés du tribunal à la charge de Mme C.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Les dispositions précitées font obstacle à ce que la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, soient condamnées à verser la somme que Mme C et la CPAM demandent au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
3. Il n'y a pas lieu non plus, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C les sommes demandées sur le même fondement par la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La demande de la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle est rejetée.
Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme globale de 1 200 (mille deux cents) euros par une ordonnance du 30 juin 2021 de la juge des référés du tribunal sont mis définitivement à la charge de Mme C.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Behren-les-Forbach et la société Eurovia STR sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à la commune de Behren-les-Forbach, à la société Eurovia STR, à la société Eurovia Alsace Lorraine et à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle. Copie en sera adressée à M. E B, expert.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
V. KLIPFEL
Le président,
C. CARRIER
La greffière,
S. SIAMEY
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2205557
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026