jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2206221 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | EDMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. C, représenté par Me Edmond, demande au tribunal :
- D'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle la Collectivité européenne d'Alsace a mis à sa charge la somme de 9 336,61 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active en confirmant la décision de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin ;
- De le décharger de cette dette ;
- De lui accorder une remise gracieuse totale de sa dette ;
- De mettre à la charge de la Collectivité Européenne d'Alsace la somme de 1500 euros à verser à son avocat au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
M. C soutient que la décision est entachée d'un vice d'incompétence ; la commission du recours amiable n'a pas été saisie ; la décision est entachée d'une erreur de fait ; il n'est pas en mesure de rembourser sa dette.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 novembre 2022 et le 4 août 2023, la Collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2022.
Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Simon, magistrat désigné ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a mis à la charge de M. C une dette de 9 336,61 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de juin 2019 à mai 2021. Le requérant a contesté la décision de la caisse qui a été confirmée par la Collectivité Européenne d'Alsace par décision du 9 février 2022. M. C conteste le bien-fondé de sa dette et demande l'annulation de la décision de la Collectivité européenne d'Alsace.
Sur les conclusions en annulation de l'indu de revenu de solidarité active :
2. Par arrêté n° 2021-145-DAJ du 1er juillet 2021 rendu exécutoire après transmission au contrôle de légalité et affichage, le Président de la Collectivité européenne d'Alsace a délégué à Monsieur A B, Directeur de l'insertion vers l'Activité et du Logement, la mission de signer les actes relatifs au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit être écarté.
3. En vertu de l'article L262-47 du code de l'action sociale et des familles, toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du Président du Conseil départemental. L'article R. 262-88 dudit code, précise que le recours administratif préalable obligatoire est adressé par le bénéficiaire au Président du Conseil général dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Hormis les cas où la convention passée entre le Département et chaque organisme payeur en dispose autrement, le recours est soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations en matière d'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole. Cependant l'article 3.4 de la Convention de gestion du revenu de Solidarité active conclue entre la Collectivité européenne d'Alsace et les Caisses d'Allocations Familiales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, signée en janvier 2022, précise que reste de la compétence du Président de la Collectivité européenne d'Alsace La gestion du recouvrement et demandes de remises de dettes concernant les indus RSA qui ont fait l'objet d'une transmission à la Collectivité européenne d'Alsace. Il résulte de ces dispositions et stipulations que les recours administratifs préalables en matière de revenu de solidarité active pour la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin n'ont pas à être soumis à la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré d'une telle absence de saisine doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
5. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge du requérant et dont l'intéressé sollicite l'annulation, provient de ce qu'il ne résidait pas de façon stable en France, mais au Maroc pendant la période litigieuse et qu'il a bénéficié de ressources non déclarées. En effet, il ressort du rapport d'enquête du 30 octobre 2020 réalisé par un agent de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin qui fait foi jusqu'à preuve du contraire que les relevés du compte bancaire ouvert auprès du Crédit Lyonnais par le requérant font apparaître des retraits et paiements quasi-quotidiens, effectués au Maroc et non en France du 21 mai 2019 au 6 décembre 2019. Par ailleurs, il résulte également de ce rapport que 67% de ses déclarations trimestrielles de ressources ont été effectuées par internet depuis le Maroc. M. C n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause ces constatations. De même ce rapport révèle également qu'il a bénéficié entre mars 2019 et septembre 2020 d'une somme totale de 16 960 euros dont il ne justifie pas l'origine et qui n'a pas été déclarée à la caisse. Si le requérant fait valoir qu'il s'agit de prêts en produisant une reconnaissance de dette datée du 20 octobre 2021, soit plusieurs mois après la notification de la décision du 27 mai 2021 visant à récupérer de l'indu de revenu de solidarité active, ce document ne revêt pas un caractère suffisamment probant pour considérer que le montant de 5 000 euros serait un prêt et n'est pas de nature à remettre en cause les constatations faites par la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin. En conséquence, c'est sans commettre d'erreur de fait que la caisse a pu mettre à la charge du requérant l'indu de 9 336,61 euros contesté et c'est à bon droit que la Collectivité Européenne d'Alsace a confirmé la décision de la caisse par la décision du 9 février 2022.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision du 9 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de remise de l'indu de revenu de solidarité active :
7. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".
8. Il résulte de ce qui a été dit au point n°6 que le requérant a fait de fausses déclarations qui font obstacle, selon les dispositions de l'article L 262-46 du code de l'action sociale et des familles, à ce qu'il puisse prétendre à une remise gracieuse de son indu de revenu de solidarité active. Par suite, sa demande de remise ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut être que rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1. La requête de M. C est rejetée.
Article 2. Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la Collectivité européenne d'alsace et à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023
Le magistrat désigné,
H. SIMONLa greffière,
F. DOGUI
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2206221
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026