lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2206320 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | PIERREVELCIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2022, Mme C B épouse A et M. D A, représentés par Me Pierrevelcin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2022 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a accordé le concours de la force publique en vue de leur expulsion à compter du 27 septembre 2022 ;
2°) de condamner l'État aux entiers frais et dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que dès lors qu'ils se sont acquittés des paiements prévus par le jugement du 12 février 2021 du tribunal judiciaire de Colmar, le commandement de quitter les lieux du 22 septembre 2021 était entaché de nullité et que le préfet n'avait ainsi aucun pouvoir pour accorder le concours de la force publique en vue de leur expulsion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut à ce qu'il n'y ait pas lieu de statuer.
Il soutient qu'il a de nouveau accordé le concours de la force publique au commissaire de justice par décision du 4 avril 2024.
La procédure a été communiquée à Centre Alsace Habitat qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du 12 février 2021, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Colmar a condamné les époux A à quitter le logement situé au 26 rue de Belfort à Colmar appartenant à la coopérative Centre Alsace Habitat. En exécution de ce jugement un commandement de quitter les lieux leur a été délivré le 22 septembre 2021. Par décision du 23 août 2022 le préfet du Haut-Rhin a accordé le concours de la force publique en vue de leur expulsion à compter du 27 septembre 2022. Par leur requête, les époux A concluent à l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet du Haut-Rhin :
2. Le préfet fait valoir qu'il a de nouveau accordé le concours de la force publique au commissaire de justice par décision du 4 avril 2024 après que, par jugement du 31 mars 2023, le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Strasbourg a accordé aux époux A un délai supplémentaire de douze mois pour évacuer leur logement. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige du 23 août 2022 ait été retirée ou abrogée. Par ailleurs, la seule circonstance qu'une nouvelle décision accordant le concours de la force publique ait été prise n'est pas de nature à priver d'objet le litige. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée par le préfet du Haut-Rhin ne peut pas être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution : " Seuls constituent des titres exécutoires : " 1° Les décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif lorsqu'elles ont force exécutoire, ainsi que les accords auxquels ces juridictions ont conféré force exécutoire (). ". Aux termes de l'article L. 153-1 du même code : " L'État est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. () ". Aux termes de l'article R. 153-1 du même code : " Si l'huissier de justice est dans l'obligation de requérir le concours de la force publique, il s'adresse au préfet. / La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d'un exposé des diligences auxquelles l'huissier de justice a procédé et des difficultés d'exécution. (). ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'État ne peut légalement accorder le concours de la force publique que pour l'exécution d'une décision de justice ayant force exécutoire. Lorsqu'un jugement constatant l'inexécution par l'occupant d'un local des obligations résultant du bail suspend la clause résolutoire en prévoyant qu'elle reprendra effet de plein droit à défaut de paiement de certaines sommes à certaines dates et que l'occupant pourra alors être expulsé, le représentant de l'État saisi d'une demande de concours de la force publique doit s'assurer, au vu notamment des indications circonstanciées qu'il appartient à l'huissier de justice de lui fournir, que ce jugement est devenu exécutoire en tant qu'il autorise l'expulsion.
5. En l'espèce, par jugement du 12 février 2021, signifié le 8 mars 2021, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Colmar a condamné les époux A à payer à Centre Alsace Habitat la somme de 1 349,57 euros avec intérêts au taux légal. Toutefois, le juge judiciaire a prévu que les époux A qu'ils pouvaient se libérer de cette condamnation par dix-neuf versements mensuels de 70 euros en sus du loyer courant, la première mensualité étant versé le cinq du mois suivant la signification du jugement et que les effets de la clause résolutoire stipulée au bail seraient suspendus pendant les délais de paiement ainsi accordés. Le juge judiciaire a précisé également qu'à défaut de paiement d'une seule échéance à son terme la totalité de la créance serait immédiatement exigible. Dans ce cadre, un protocole de cohésion sociale a été signé le 28 février 2022 entre la coopérative Centre Alsace Habitat et les époux A aux termes duquel ces derniers s'engageaient à respecter le plan d'apurement de la dette conformément à la décision de justice susmentionnée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la coopérative Centre Alsace Habitat a dénoncé, le 28 juillet 2022, le protocole pour non-respect des engagements des époux A à partir de mars 2022. En outre, et surtout, par jugement du 31 mars 2023, confirmé sur ce point par la cour d'appel de Colmar par arrêt du 22 janvier 2024, le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Colmar a rejeté la demande des époux A tendant à voir prononcer la nullité du commandement de quitter les lieux signifié le 22 septembre 2021 au motif notamment qu'à la date de son édiction, les échéances d'août et septembre 2021 restaient impayées. Ainsi, la clause résolutoire du jugement du 12 février 2021 avait retrouvé plein effet dès lors que les requérants n'en avaient pas respecté les termes selon le calendrier prévu. Il s'ensuit que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir d'une nullité du commandement de quitter les lieux du 22 septembre 2021.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A tendant à l'annulation de la décision du 23 août 2023 prise à leur encontre par le préfet du Haut-Rhin doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du préfet du Haut-Rhin, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
8. En l'absence de dépens, les conclusions présentées par les époux A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A, à M. D A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Centre Alsace Habitat. Copie en sera adressée au préfet du Haut-Rhin.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026