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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2206413

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2206413

vendredi 9 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2206413
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantFITOUSSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2022, M. E B, représenté par Me Fitoussi, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 16 août 2022 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a prononcé, pour une durée de six mois, la suspension de la validité de son permis de conduire à compter du retrait du titre ;

2) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

M. B soutient que :

Sur la légalité externe :

­ la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;

Sur la légalité interne :

­ la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que l'infraction ayant donné lieu à ladite décision ne lui peut lui être imputable, il était simplement passager du véhicule contrôlé.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

­ le code des relations entre le public et l'administration ;

­ le code de justice administrative;

­ le code de la route.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du Code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique ont été entendus :

- le rapport de M. Simon, magistrat désigné ;

- les observations de M. B, représenté par Me Fitoussi.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 août 2022 à 00h05, M. B qui circulait à bord de son véhicule sur le territoire de la commune de Soultz-Sous-Forêts (67), a fait l'objet d'un procès-verbal et d'une mesure de rétention de son permis de conduire, en raison de la révélation d'un taux d'alcool de 0,95mg/L d'air expiré conformément aux vérifications prévues à l'article R. 234-4 du code de la route. Par un arrêté en date du 16 août 2022, la préfète du Bas-Rhin a prononcé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, la suspension de la validité du permis de conduire de l'intéressé, pour une durée de six mois à compter de la date de retrait du titre. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicable à compter du 1er janvier 2016 : " Toute personne a le droit de connaitre le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne. Ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressent la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté ". L'article L. 212-2 du même code dispose que : " toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".

3. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de la publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.

4. Si M. B fait valoir que l'arrêté du 16 août 2022 a été pris par une autorité incompétente, il ressort des pièces du dossier que Mme A D, directrice des sécurités et adjointe au directeur de cabinet de la préfecture, disposait d'une délégation de signature de la préfète du Bas-Rhin, par arrêté en date du 04 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme A D, signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 235-1 du code de la route : " I.- Toute personne qui conduit un véhicule ou qui accompagne un élève conducteur alors qu'il résulte d'une analyse sanguine ou salivaire qu'elle a fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants est punie de deux ans d'emprisonnement et de 4500 euros d'amende. Si la personne se trouvait également sous l'emprise d'un état alcoolique caractérisé par une concentration d'alcool dans le sang ou dans l'air expiré égale ou supérieure aux taux fixés par les dispositions législatives ou réglementaires du présent Code, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et 9000 euros d'amende. II.- Toute personne coupable des délits prévus par le présent article encourt également les peines complémentaires suivantes : 1° La suspension pour une durée de trois ans ou plus du permis de conduire ; cette suspension ne peut pas être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle ; elle ne peut être assortie du sursis, même partiellement () ".

6. En l'espèce, M. B fait valoir qu'il n'a pas commis l'infraction qui lui est reprochée, à savoir une conduite sous l'empire d'un état alcoolique et que la décision de la préfète du Bas-Rhin est entachée d'une erreur de fait. Toutefois, il résulte du procès-verbal d'audition réalisé par la gendarmerie le 16 août 2022, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B reconnaît avoir été le conducteur. S'il démontre que son permis de conduire lui a été restitué par la préfecture, ce seul élément ne permet pas de remettre en cause le fait qu'il était conducteur du véhicule en question et qu'il était sous l'emprise d'un état alcoolique. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin pouvait donc prononcer, pour une durée de six mois, la suspension de la validité de son permis de conduire sans commettre d'erreur de fait.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

H. C La greffière,

V. IMMELE

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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