mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208672 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP HEMZELLEC-DAVIDSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, M. D C, représenté par Me Hemzellec :
1°) demande à la juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer et chiffrer les éventuels préjudices qu'il aurait subis suite à sa prise en charge par le Centre hospitalier spécial de Jury ;
2°) demande que les missions de l'expert soient précisées, notamment pour qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport, en laissant aux parties un délai raisonnable pour formuler leurs observations ;
3°) demande que les opérations d'expertise soient confiées au Dr. Leupold ou à tel expert qu'il plaira à la juge des référés de nommer.
Il soutient que la responsabilité du Centre hospitalier spécial de Jury peut être engagée en raison de la prise en charge qu'il a reçue et des préjudices qu'il a subi suite à l'agression du 6 octobre 2018.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A B en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. C était hospitalisé au Centre hospitalier spécial de Jury où il occupait une chambre avec deux autres patients. Au cours de la nuit du 5 et 6 octobre 2018, M. C aurait alerté le personnel hospitalier du comportement agressif d'un des patients avec lequel il partageait sa chambre. Vers 00 h45, ce dernier aurait tenté de l'étouffer avec un coussin. Vers 02 h20, le présumé agresseur de M. C aurait alerté l'équipe hospitalière du fait que ce dernier ne respirait plus. M. C, en arrêt cardio-respiratoire, a alors été transporté en urgence à l'Hôpital de Mercy. M. C demande à la juge des référés de désigner un expert aux fins d'établir les conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier régional de Jury, et de déterminer les préjudices résultant de celle-ci.
Sur la mesure d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
3. Les mesures d'expertise demandées par M. C entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives à la production d'un pré-rapport :
4. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions de M. C tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : Dr. Jean-Jacques Dumond, exerçant au 39 rue Jean-Baptiste Ruchaud à Limoges (87025), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre la demanderesse à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations. Cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;
2° décrire l'état de santé antérieur de M. C, prendre connaissance de l'entier dossier médical relatif aux examens prodigués au requérant au sein du Centre hospitalier spécial de Jury ; convoquer contradictoirement tous sachants ;
3° décrire les conditions dans lesquelles M. C a été admis et soigné au sein du Centre hospitalier spécial de Jury, ainsi que les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ; préciser les conditions de séjour de M. C au sein du centre hospitalier ;
4° préciser si le centre hospitalier disposait d'informations quant à l'éventuels risques d'agressivité du patient séjournant avec M. C, et les détailler. Indiquer, le cas échéant, si des mesures ont été prises pour prévenir les risques identifiés, les décrire, et préciser si ces mesures étaient conformes aux règles de l'art pour prévenir des risques en question ;
5° en l'absence de risque connu, dire si la prise en charge des patients en cause était conforme aux règles de l'art. Le cas échéant, préciser si des mesures de surveillance étaient ou auraient dû être mises en œuvre dans le cadre de la prise en charge des patients ;
6° préciser les conditions dans lesquelles est intervenue l'agression du 6 octobre 2018 dont M. C se prévaut, et décrire comment elle s'est déroulée ;
7° indiquer quand et comment le centre hospitalier régional de Jury a été informé de l'agression en cause, et décrire, en indiquant la chronologie des faits, comment ce centre hospitalier a pris en charge M. C suite à cette agression. Dire les soins et actes médicaux accomplis par le centre hospitalier de Jury ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;
8° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel) subi par M. C résultant de l'agression en question ainsi que de sa prise en charge médicale par le Centre hospitalier spécial de Jury ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;
9° le cas échéant, préciser si une part des préjudices dont se prévaut M. C est imputable à d'autres causes que sa prise en charge par le centre hospitalier régional de Jury à compter du 5 octobre 2018 (état préexistant du patient, intervention d'un tiers, ). En cas de causes multiples, préciser quelle part des préjudices est imputable à quelle cause ;
10° dire si l'état de santé de M. C est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de M. C ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examiné ;
11° indiquer si l'état de santé de M. C justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;
12° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement du Centre hospitalier spécial de Jury en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;
13° donner un avis médical sur la possibilité ou non pour M. C de continuer à se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir.
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. L'expert peut demander au président de la juridiction une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.
Article 5 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 29 septembre 2023, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle, aux Centre hospitalier spécial de Jury et au Dr. Jean-Jacques Dumond, expert.
Fait à Strasbourg, le 9 mai 2023.
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026