mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2300207 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CDA JOLY & OSTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 10 janvier 2023 et le 3 mars 2023, M. B C, représenté par Me Bouchaud :
1°) demande à la juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer les conditions de sa prise en charge par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg à compter du 18 août 2022, et d'évaluer les préjudices résultant de celle-ci ;
2°) demande que les missions confiées à l'expert soient complétées, notamment pour que ce dernier puisse s'adjoindre les services d'un sapiteur ergothérapeute ou architecte ;
3°) demande que les frais d'expertise soit mise à sa charge.
Il soutient que :
- il a subi, au cours de son hospitalisation, un surdosage de quétiapine qui l'a plongé dans un syndrome confusionnel avec hallucinations et un état paranoïaque qui l'a amené à se défenestrer ;
- il n'a pas bénéficié de la prise en charge médicale et de la surveillance que requérait son état ;
- ces fautes lui ont causé divers préjudices susceptibles d'engager la responsabilité des hôpitaux universitaires de Strasbourg.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, représentés par Me Joly :
1°) déclarent ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de leur mise en cause ;
2°) demandent à ce que les missions confiées à l'expert soient complétées et confiées à un spécialiste en pharmacologie et qu'il puisse s'adjoindre les service d'un sapiteur en cancérologie.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Anne Dulmet en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Il est constant que M. C a été hospitalisé au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg à partir du 18 août 2022. Il expose avoir subi au cours de ce séjour un surdosage en quétiapine qui aurait entrainé un syndrome confusionnel avec hallucinations et un état paranoïaque. Il indique que le 30 août 2022, il se serait jeté par la fenêtre de sa chambre, chutant d'une hauteur de plus de six mètres et subissant plusieurs fractures, notamment au niveau de la colonne vertébrale. C'est dans ces conditions que M. C demande à la juge des référés que soit désigné un expert qui aura pour mission de décrire les conditions de sa prise en charge par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg avant et après l'accident du 30 août 2022, de déterminer si des manquements ont été commis dans sa prise en charge et d'évaluer, le cas échéant, les préjudices qui en ont résulté.
Sur la mesure d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
3. Les mesures d'expertise demandées par M. C entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux éventuelles avances sur les frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-12 du code de justice administrative : " Le président de la juridiction [] peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations [].
5. Les dispositions précitées font obstacle à ce que la juge des référés mette les avances sur les frais d'expertise à la charge de M. C. Sa demande est prématurée et ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
O R D O N N E
Article 1er : Dr D A, exerçant au 39 rue Jean-Baptiste Ruchaud à Limoges (87025), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre la demanderesse à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations ; cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;
2° décrire l'état de santé antérieur de M. C, prendre connaissance de l'entier dossier médical relatif aux examens prodigués à M. C au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg ; convoquer contradictoirement tous sachants ;
3° décrire les conditions dans lesquelles M. C a été admis et soigné au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg à partir du 18 août 2022;
4° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;
Sur l'administration supposée de quétiapine :
5° préciser, plus particulièrement, si M. C s'est vu administrer au cours de son séjour de la quétiapine, et dans quels dosages ; indiquer, le cas échéant, si cette administration a été conforme aux règles de l'art, au regard de l'état préexistant de M. C, et quels ont été ses effets sur M. C ;
6° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée au patient et à sa famille sur les risques liés à ce traitement de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;
Sur le syndrome confusionnel allégué et la chute du 30 août 2022 :
7° préciser les conditions dans lesquelles est intervenu l'accident du 30 août 2022 et décrire comment il s'est déroulé ;
8° préciser si M. C se trouvait, du fait de son état préexistant ou du fait des traitements qui lui ont été administrés au cours de son séjour aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, dans une situation présentant des risques particuliers ; le cas échéant, indiquer si des mesures ont été prises par le centre hospitalier pour prévenir la réalisation de ces risques ; indiquer si ces mesures étaient conformes aux règles de l'art ;
9° indiquer quand et comment les Hôpitaux universitaires de Strasbourg ont été informés de l'accident en cause, et décrire, en indiquant la chronologie des faits, comment ce centre hospitalier a pris en charge M. C suite à cet accident.
10° dire si les soins et actes médicaux accomplis par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg suite à la chute ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ; dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;
Sur les éventuels préjudices et séquelles subis par le requérant :
11° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel) subi, par M. C résultant des potentiels manquements des Hôpitaux universitaires de Strasbourg ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;
12° dire si l'état de santé de M. C est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de M. C ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examinée ;
13° indiquer si l'état de santé de M. C justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;
14° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, aménagement du domicile et du véhicule, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement des Hôpitaux universitaires de Strasbourg en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;
15° donner un avis médical sur la possibilité ou non pour M. C de continuer à se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir.
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. L'expert peut demander au président de la juridiction une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.
Article 5 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 30 novembre 2023, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle elle joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à la caisse primaire d'assurance du Bas-Rhin, aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg et au Dr. Jean-Jacques A, expert.
Fait à Strasbourg, le 30 mai 2023.
La juge des référés,
A. DULMET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026