lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2300619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistré les 27 janvier 2023 et 4 juillet 2024, Mme A B, représentée par la SELARL Matuchansky-Poupot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser la somme 9 227, 88 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation en réparation du préjudice qu'elle a subi résultant de la faute commise par le centre hospitalier de Sarrebourg en résiliant illégalement les conventions du 30 avril 2007 et du 4 mai 2010 ;
2°) de condamner, à titre subsidiaire le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser la somme 9 227, 88 euros sur le fondement des conventions du 30 avril 2007 et 4 mai 2010 ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser une somme de 7 500 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation au titre du préjudice résultant de l'émission et de la mise en recouvrement d'un titre de recettes illégal ;
4°) de condamner le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser la somme de 149 000 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 25 mars 2021 ou à défaut à compter du 27 septembre 2022 en réparation de la perte de chance qu'elle estime avoir subi d'avoir pu assurer la continuité de l'offre de soins du centre hospitalier de Sarrebourg sans versement de la contrepartie constituée par le reversement du forfait technique entre l'entrée en vigueur de la convention du 26 octobre 2015 jusqu'à sa résiliation le 1er août 2021 sur le fondement de cette convention, sur le fondement de l'enrichissement sans cause et sur le terrain de la responsabilité extracontractuelle pour faute ;
5°) de condamner le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser la somme de 15 000 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi du fait des conditions irrégulières de résiliation de la convention de co-utilisation de l'IRM du 4 mai 2010 et du refus de prévoir une quote-part de reversement du forfait technique dans les nouvelles conventions ;
6°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Sarrebourg la somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- dès lors que l'illégalité des motifs des deux décisions de résiliation du 10 avril 2015 a été définitivement sanctionnée par le Conseil d'Etat et la cour administrative d'appel de Nancy, le centre hospitalier de Sarrebourg a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en prenant ces décisions ;
- le délai de préavis de six mois, prévu par l'article 7-2 de la convention du 4 mai 2010 n'a pas été respecté et sa méconnaissance constitue une faute de nature à engager la responsabilité contractuelle du centre hospitalier de Sarrebourg ;
- elle est fondée à solliciter l'application des clauses contractuelles des conventions du 30 avril 2007 et du 4 mai 2010 ayant prévu le reversement de la quote-part du forfait technique ;
- elle n'a pas pu assurer la continuité de l'offre de soins du centre hospitalier de Sarrebourg à compter de l'entrée en vigueur de la convention du 26 octobre 2015 et jusqu'à sa résiliation le 1er août 2021 ce qui constitue une perte de chance dont le montant est égal à la quote-part du forfait technique qui aurait dû lui être reversée ; la convention du 26 octobre 2015 prévoit bien qu'elle dispose d'un droit au reversement partiel du forfait technique à compter de son entrée en vigueur ; elle a bien mis une secrétaire médicale à disposition pendant ses vacations ce qui constitue un enrichissement sans cause ; elle n'aurait pas signé les nouvelles conventions sans reversement d'une quote-part du forfait technique ;
- la convention du 26 octobre 2015 comporte des clauses exorbitantes du droit commun.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 juin, 28 août et 12 septembre 2024, le centre hospitalier de Sarrebourg, représenté par la SELARL CM.Affaires publiques conclut au non-lieu partiel à statuer sur la requête, au rejet du surplus des conclusions et à ce que Mme B lui verse la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier de Sarrebourg soutient que :
- il a versé la somme de 9 277, 88 euros correspondant au reversement du forfait technique de co-utilisation du scanographe et de l'IRM pour la période courant du mois de mars au mois d'octobre 2015, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation à compter du 25 mars 2021 ;
- si toute illégalité est fautive, la requérante n'établit pas que l'illégalité du titre de perception du 27 août 2015 lui a causé un préjudice moral ;
- en se bornant à faire valoir qu'elle n'a pas pu assurer la continuité de l'offre de soin et en conséquence obtenir le reversement partiel du forfait technique, la requérante n'établit pas que cette circonstance serait imputable à une faute de l'établissement ; les stipulations de la convention du 25 octobre 2015 ne prévoient nullement le reversement partiel du forfait technique mais seulement l'engagement d'ouvrir des négociations à cette fin qui n'ont pas abouti ;
- le préjudice moral n'est pas établi.
Par une lettre du 28 août 2024, le tribunal a informé les parties, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que la convention du 26 octobre 20115 ne fait pas participer Mme B à l'exécution même du service public et ne comporte, à la différence des conventions du 30 avril 2007 et du 4 mai 2010, aucune clause exorbitante du droit commun. La convention du 26 octobre 2015 est par suite un contrat de droit privé dont les difficultés d'exécution qui ont conduit à ce que Mme B demande à ce que le centre hospitalier de Sarrebourg soit condamné à lui verser une indemnité en raison du refus du centre hospitalier de s'acquitter de son engagement contractuel et de l'enrichissement sans cause dont il aurait bénéficié, relèvent de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire.
Par un mémoire, enregistré le 30 août 2024, Mme B déclare se désister de ses conclusions tendant au versement de la somme 9 227, 88 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait des illégalités fautives commises par le centre hospitalier de Sarrebourg en résiliant illégalement les conventions du 30 avril 2007 et du 4 mai 2010.
Un mémoire, présenté pour Mme B, a été enregistré le 16 septembre 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant ;
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Le Tily, représentant le centre hospitalier de Sarrebourg.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier de Sarrebourg a autorisé des médecins du cabinet privé de radiologie de la commune de Sarre-Union, parmi lesquels Mme B, à pratiquer des examens en ayant recours aux équipements de l'établissement dans le cadre de leur activité libérale et a conclu avec ces derniers, le 30 avril 2007, une première convention portant sur l'utilisation d'un scanographe et, le 4 mai 2010, une seconde convention portant sur la co-utilisation de l'appareil d'imagerie par résonance magnétique (IRM), pour une durée d'un an renouvelable par tacite reconduction. Par deux décisions du 10 avril 2015, le centre hospitalier de Sarrebourg a résilié ces conventions au motif que leur clause financière prévoyant un reversement au médecin d'une quote-part du forfait technique perçu par l'établissement était dépourvue de contrepartie. A la suite de la résiliation de ces conventions, le directeur du centre hospitalier de Sarrebourg a émis le 27 août 2015 un titre de perception à l'encontre de Mme B tendant au remboursement des sommes qu'il estimait avoir ainsi indûment versées à l'intéressée. Par un arrêt du 10 juillet 2020, le Conseil d'Etat a dit pour droit que les stipulations contractuelles prévoyant le reversement d'une part du forfait technique ne pouvaient être regardées comme dépourvues de contrepartie. La cour administrative de Nancy a, par un arrêt du 25 mars 2021, annulé le titre de recettes du 27 août 2015 et a déchargée la requérante de son obligation de paiement. Par sa requête, Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Sarrebourg à lui verser la somme globale de 180 727,88 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison notamment des résiliations fautives du 10 avril 2015 des conventions susmentionnées.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire du 30 août 2024, Mme B déclare se désister de ses conclusions tendant au versement de la somme de 9 227, 88 euros correspondant préjudice résultant du non-paiement du forfait technique de co-utilisation du scanographe et de l'IRM du centre hospitalier de Sarrebourg pour la période de mars à octobre 2015, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation à compter du 25 mars 2021. Il y a lieu de donner acte du désistement des conclusions de la requête Mme B dans cette mesure.
Sur le surplus des conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les conclusions tendant à la réparation du préjudice résultant de la résiliation illégale des conventions des 30 avril 2007 et 4 mai 2010 :
3. Si le titulaire d'un contrat résilié irrégulièrement peut, en principe, prétendre à l'indemnisation des préjudices liés à cette résiliation, il lui appartient d'établir la réalité de ces préjudices.
4. En l'espèce, Mme B demande l'indemnisation d'un préjudice moral lié à la résiliation irrégulière des conventions susmentionnées. Toutefois, elle ne fait état d'aucune circonstance particulière permettant de l'établir. A cet égard, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été privée de l'accès au matériel d'imagerie médicale ou que la décision de résiliation aurait été publiée ou communiquée auprès de ses patients ou des usagers du centre hospitalier. Ses conclusions tendant à l'indemnisation de son préjudice moral doivent par suite être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires afférentes au titre de perception du 27 août 2015 :
5. Par son arrêt du 25 mars 2021 la cour administrative d'appel de Nancy a annulé le titre de perception du 27 août 2015 et a déchargé Mme B de son obligation de payer la somme de 800, 82 euros. Si toute illégalité est fautive, Mme B n'établit pas, eu égard notamment à la modicité de la somme en litige par rapport à ses revenus, en se prévalant exclusivement de la durée de la procédure judiciaire qui était pleinement justifiée par la complexité des questions juridiques posées, que cette illégalité lui a causé un préjudice moral.
En ce qui concerne les conclusions tendant à la réparation du préjudice résultant du refus de verser une part du forfait technique conformément au préambule de la convention du 26 octobre 2015 et pour enrichissement sans cause :
6. La convention du 26 octobre 2015, eu égard à ses termes, ne fait pas participer Mme B à l'exécution même du service public et ne comporte, à la différence des conventions des 30 avril 2007 et 4 mai 2010, aucune clause exorbitante de droit commun. La convention du 26 octobre 2015 est par suite, un contrat de droit privé dont les difficultés d'exécution qui ont conduit à ce que Mme B demande que le centre hospitalier de Sarrebourg soit condamné à lui verser une indemnité de 134 300 euros en réparation du préjudice subi en raison du refus du centre hospitalier de s'acquitter de son engagement contractuel et de l'enrichissement sans cause dont il aurait bénéficié relèvent de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire. Il s'ensuit que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
En ce qui concerne l'indemnisation d'une perte de chance d'assurer la continuité des soins :
7. La requérante doit être regardée comme demandant, sur le fondement de la responsabilité pour faute extracontractuelle, l'indemnisation de la perte de chance d'avoir pu assurer la continuité de l'offre de soins du centre hospitalier de Sarrebourg sans versement de la contrepartie constituée par le reversement du forfait technique entre l'entrée en vigueur de la convention du 26 octobre 2015 jusqu'à sa résiliation le 1er août 2021.
8. Aucun principe ni aucun texte n'obligeait le centre hospitalier de Sarrebourg à reconduire les conventions des 30 avril 2007 et 4 mai 2010 dans les mêmes termes, à leur échéance. Il lui était en effet parfaitement loisible, eu égard au principe de liberté contractuelle, de choisir de ne plus associer la requérante, médecin radiologue libérale, au service public et de se limiter de lui offrir une plage dédiée d'accès aux appareils d'imagerie lourde sous réserve des urgences sans versement d'aucune contrepartie par l'une ou l'autre partie. Ainsi, quand bien même les conventions des 30 avril 2007 et 4 mai 2010 n'étaient entachées d'aucune nullité, cette circonstance ne peut être regardée à elle seule comme ayant privé Mme B d'une chance sérieuse de reconduire de nouvelles conventions dans les mêmes termes à l'échéance des précédentes. Les conclusions susmentionnées doivent par suite être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions indemnitaires susvisées doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu en l'espèce de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'une ou l'autre partie une somme à verser à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de Mme B tendant au versement de la somme de 9 227, 88 euros (neuf mille deux cent vingt-sept et quatre-vingt-huit centimes) correspondant au préjudice résultant du non-paiement du forfait technique de co-utilisation du scanographe et de l'IRM du centre hospitalier de Sarrebourg pour la période de mars à octobre 2015, assortie des intérêts au taux légal, avec capitalisation à compter du 25 mars 2021.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme B tendant à la réparation du préjudice résultant du refus du centre hospitalier de Sarrebourg de lui verser une part du forfait technique conformément au préambule de la convention du 26 octobre 2015 et pour enrichissement sans cause sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Sarrebourg.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La rapporteure,
H. BRONNENKANT
Le président,
C. CARRIERLa greffière,
S. SIAMEY
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2300619
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026