lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2300673 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MC CONSULTANTS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoire enregistrés le 31 janvier 2023, les 19 et 24 juin 2024, M. A B, représenté par la SELARL MC Consultants, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 à 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la procédure d'imposition :
- l'administration ne justifie pas de la notification régulière de la proposition de rectification du 13 septembre 2019 et s'est abstenue de la lui communiquer ultérieurement, alors même qu'il s'est acquitté des frais de reprographie ;
- il a été privé d'un débat oral et contradictoire ;
Sur le bien-fondé des impositions :
- en ce qui concerne certains revenus distribués procédant de certaines charges déduites mais injustifiées de l'EURL Les Saveurs du Japon, il justifie de la somme de 2 259 euros correspondant à la charge " RSI DEF 2017 ", au titre de l'exercice 2017-2018 ;
- en ce qui concerne certains revenus distribués procédant de sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé sur les exercices 2016-2017 et 2017-2018, il justifie de plusieurs écritures ;
- en ce qui concerne les soldes débiteurs présents dans son compte ouvert dans les écritures de l'EURL Les Saveurs du Japon sur les exercices 2016-2017 et 2017-2018, il a remboursé, entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2018, antérieurement à la vérification de comptabilité de l'EURL Saveurs du Japon, la somme totale de 143 964 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Viveiros Alves, pour M. B.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 28 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Les Saveurs du Japon, dont M. B est le gérant et associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2018, ayant eu des incidences en matière de revenus distribués sur le foyer fiscal de M. B. Ce dernier demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 à 2018.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 12 avril 2023, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, au titre de l'année 2018, pour un montant de 724 euros. Les conclusions de la requête sont devenues, dans cette mesure, dépourvues d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Si le contribuable conteste qu'une décision lui a bien été notifiée, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet "avis de réception" sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. En premier lieu, l'administration produit l'avis de réception dont il résulte que M. B a été avisé le 19 septembre 2019 de la présentation du pli contenant la proposition de rectification n° 2120 du 13 septembre 2019, et qui porte le motif " pli avisé et non réclamé ". Elle produit également une attestation de la Poste dont il résulte que le pli contenant la lettre n° 751 du 7 janvier 2020 modifiant les rehaussements et exposant les nouvelles conséquences financières, a été présenté le 10 janvier 2020 et a fait l'objet d'un avis de mise en instance le 11 janvier 2020, et qu'il est retourné à l'expéditeur avec la mention " non réclamé " le 27 janvier 2020. Il en résulte que M. B n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition est irrégulière pour le motif qu'il n'a pas reçu notification de la proposition de rectification.
5. En deuxième lieu, si M. B soutient que, alors qu'il s'est acquitté des frais de reproduction, l'administration n'a pas donné suite à sa demande formulée le 28 juillet 2021 pour obtenir une copie de la proposition de rectification, cette dernière circonstance n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la procédure d'imposition.
6. En dernier lieu, M. B ne peut utilement soutenir que, faute d'avoir reçu copie de la proposition de rectification, l'administration l'a privé d'un débat oral et contradictoire.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
7. En premier lieu, si M. B soutient justifier de la somme de 2 259 euros correspondant à la charge " RSI DEF 2017 ", au titre de l'exercice 2017-2018, l'administration a fait droit à sa demande et ramené les revenus distribués correspondants à la somme de 1 296 euros au titre de l'année 2018.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
9. Contrairement à ce que soutient M. B, il ne justifie pas, par les flux financiers allégués entre l'EURL Les Saveurs du Japon et la SCI CMN B, que les différentes sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé auprès de l'EURL Les Saveurs du Japon correspondraient à des apports qu'il aurait consentis à cette dernière. S'il soutient également avoir procédé à une délégation de paiement au profit de la SCI CMN B, afin que celle-ci " régularise la position débitrice de son compte courant dans la société Saveurs du Japon ", un tel moyen est inopérant dès lors que l'administration a considéré que le compte courant d'associé de M. B ouvert dans les écritures de l'EURL Les Saveurs du Japon était, non pas débiteur comme il paraît l'alléguer, mais créditeur et qu'à cet égard, il lui appartenait de justifier de la dette de l'EURL à son égard.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. / Nonobstant toutes dispositions contraires, lorsque ces sommes sont remboursées postérieurement au 1er janvier 1960, à la personne morale qui les avait versées, la fraction des impositions auxquelles leur attribution avait donné lieu est restituée aux bénéficiaires ou à leurs ayants cause dans des conditions et suivant des modalités fixées par décret ".
11. L'administration a relevé que le compte courant d'associé de M. B ouvert dans les écritures de l'EURL Les Saveurs du Japon présentait des soldes débiteurs sur les exercices 2016 à 2018. Elle a dès lors pu à bon droit, sur le terrain de la loi fiscale, regarder ces sommes comme des revenus distribués sur le fondement des dispositions précitées.
12. M. B entend toutefois invoquer la doctrine exprimée dans le BOI-RPPM-RCS-10-20-20-20, en ce qu'il prévoit au point 210 que " Lorsque les avances n'ont pas été constatées dans un acte de prêt, mais que le remboursement a été opéré à une date antérieure à la clôture de l'exercice au cours duquel elles ont été consenties, la preuve contraire peut être considérée comme rapportée ". Le requérant soutient avoir remboursé, entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2018, antérieurement à la vérification de comptabilité de l'EURL Saveurs du Japon, la somme totale de 143 964 euros, soit un montant supérieur à celui de l'avance consentie au titre de l'année 2016, d'un montant de 95 680 euros, seule en litige. Cependant il se borne à produire à l'appui de ses allégations les copies des grands-livres sans autres justificatifs. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus de la requête de M. B doit être rejeté, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B à concurrence du dégrèvement de 724 (sept-cent-vingt-quatre) euros prononcé par le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026