LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2301231

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2301231

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2301231
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELAFA JUDICIA CONSEILS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 février 2023 et 20 novembre 2023, Mme A B, représentée par la SELAFA Judicia Conseils, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 à 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les gains d'acquisition afférents aux actions gratuites qui lui ont été attribuées par son employeur suisse ne constituent pas des revenus imposables au titre des années en litige, en vertu du I de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts, et au sens de la doctrine administrative BOI-RSA-ES20-20-10-20, point 420 ;

- la position de l'administration révèle une discrimination et une inégalité de traitement, en méconnaissance du principe de libre circulation des travailleurs posé par l'article 21 de l'accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne, de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 1er de son protocole additionnel n°1.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 mai 2023 et 3 mai 2024, le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part, et la Confédération suisse, d'autre part, sur la libre circulation des personnes, fait à Luxembourg le 21 juin 1999 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de commerce ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Laetitia Kalt,

- les conclusions de M. Laurent Guth,

- et les observations de Me Schott, avocat de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, qui réside fiscalement en France et travaille en Suisse, a présenté une déclaration rectificative de ses revenus au titre des années 2019, 2020 et 2021, valant réclamation, afin de déduire de ses revenus imposables des gains d'acquisition afférents aux actions gratuites qui lui ont été attribuées par son employeur. Le 22 décembre 2022, l'administration fiscale a rejeté sa réclamation. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 à 2021.

Sur le bien-fondé des impositions en litige :

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". Les impositions en litige ayant été établies à la suite des déclarations effectuées par Mme B, il lui appartient de démontrer leur caractère exagéré.

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

2. Les articles L. 225-197-1 et suivants du code de commerce définissent les conditions dans lesquelles l'assemblée générale extraordinaire d'une société peut autoriser le conseil d'administration ou le directoire à procéder, au profit des membres du personnel salarié de la société ou de certaines catégories d'entre eux, à une attribution gratuite d'actions existantes ou à émettre.

3. Aux termes de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. L'avantage salarial correspondant à la valeur, à leur date d'acquisition, des actions attribuées dans les conditions définies aux articles L. 225-197-1 à L. 225-197-6 du code de commerce est imposé entre les mains de l'attributaire dans la catégorie des traitements et salaires selon les modalités prévues au 3 de l'article 200 A, dans une limite annuelle de 300 000 €. La fraction de l'avantage qui excède cette limite est imposée entre les mains de l'attributaire suivant les règles de droit commun des traitements et salaires. / II. - L'impôt est dû au titre de l'année au cours de laquelle le bénéficiaire a disposé de ses actions, les a cédées, converties au porteur ou mises en location. / IV. - Les I à III s'appliquent lorsque l'attribution est effectuée, dans les mêmes conditions, par une société dont le siège social est situé à l'étranger et qui est société mère ou filiale de l'entreprise dans laquelle l'attributaire exerce son activité ".

4. Mme B, travailleuse frontalière qui déclare ses revenus en France, fait valoir qu'elle a bénéficié de la part de son employeur suisse, de 2016 à 2019, d'un plan d'attribution d'actions gratuites aux salariés. Elle soutient que, quand bien même son employeur a fait figurer le montant de cet avantage salarial sur ses certificats annuels de salaire des années 2019, 2020 et 2021, conformément au droit suisse, cette seule circonstance ne permettait pas à l'administration de considérer qu'il devait ainsi être imposé en France, au titre de ces années, dans la catégorie des traitements et salaires.

5. Il ressort certes du courrier de rejet de la réclamation présentée par Mme B que l'administration fiscale s'est, à tort, seulement fondée sur les certificats de salaire établis par l'employeur suisse de la requérante et qui intègrent les gains d'acquisition à ses revenus des années 2019 à 2021, pour estimer que ceux-ci étaient par conséquent également imposables en droit français dans la même catégorie.

6. Dans son mémoire en défense, l'administration fiscale entend toutefois se prévaloir d'une substitution de motif, qui ne prive la requérante d'aucune garantie. L'administration fiscale estime que les revenus dont la requérante a eu la disposition n'entrent pas dans le champ d'application de l'article 80 quaterdecies, dès lors que le plan d'attribution d'actions gratuites dont elle a bénéficié ne remplit pas les conditions des articles L. 225-197-1 et suivants du code de commerce.

7. En premier lieu, Mme B verse à l'instance une traduction en français de la brochure explicative du plan d'attributions d'actions de son employeur suisse, un document en anglais attestant que Mme B a accepté le bénéfice de ce plan pour les années 2016 à 2018, ainsi qu'un courriel de son employeur expliquant notamment que les actions sont bloquées pendant trois ans, période au-delà de laquelle elles deviennent librement cessibles, et qu'un associé ne peut détenir plus de 5% du capital social de la société.

8. Toutefois, et ainsi que le fait valoir l'administration fiscale en défense, ces documents ne suffisent pas à établir que l'ensemble des conditions posées par le code de commerce sont remplies, notamment celles relatives à la limite globale d'attribution d'actions gratuites et aux limites d'attributions individuelles prévues aux I et II de l'article L. 225-197-1 du code de commerce, ou celles imposant que la société fasse bénéficier de cette opération, d'une attribution d'options, d'un accord d'investissement ou de participation de l'ensemble de ses salariés et au moins 90 % de l'ensemble des salariés de ses filiales. La requérante, à qui incombe la charge de la preuve dès lors que les impositions ont été établies conformément à sa déclaration, n'établit ainsi pas que le plan d'attribution d'actions gratuites dont elle a bénéficié de la part de son employeur suisse remplit les conditions posées par le code de commerce lui permettant de se prévaloir du régime spécifique du I de l'article 80 quaterdecies, et notamment qu'il bénéficierait à au moins 90% des salariés, alors que la brochure explicative qu'elle produit à l'instance mentionne que le plan d'attribution d'actions gratuites est destiné à gratifier quelques salariés méritants. Il y a ainsi lieu de faire droit à la demande de substitution de motif de l'administration.

9. En deuxième lieu, et à supposer même que le plan d'attribution d'actions gratuites dont a bénéficié la requérante remplirait les conditions définies par les articles L. 225-197-1 et suivants du code de commerce, il résulte de l'instruction que Mme B a en tout état de cause disposé de ses actions en 2019, 2020 et 2021, années au titre desquelles l'impôt est dû, conformément aux dispositions précitées du II de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts.

10. En dernier lieu, les dispositions précitées de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts n'instituent aucune discrimination entre les résidents fiscaux français selon qu'ils sont directement employés par une société étrangère ou par sa filiale française. Mme B, qui ne remplit pas les conditions du I de l'article 80 quaterdecies permettant de déduire cet avantage salarial de son revenu imposable, ne peut utilement soutenir qu'elle aurait été placée dans une situation de discrimination en raison de l'Etat dans lequel elle exerce son activité professionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au principe de non-discrimination, au principe d'égalité et au principe de libre circulation des personnes doit être écarté.

11. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article 80 quaterdecies du code général des impôts en refusant de déduire de ses revenus imposables au titre des années 2019, 2020 et 2021 les gains d'acquisition correspondant aux actions gratuites dont elle a eu la disposition au cours de ces années.

En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :

12. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".

13. Pour l'application des dispositions citées au point 3, l'instruction fiscale BOI-RSA-ES-20-20-10-20, dans sa version en vigueur le 24 juillet 2017, énonce, en son point 420 concernant l'adaptation au code de commerce du plan étranger, que " les actions gratuites doivent être attribuées, dans les mêmes conditions que celles prévues de l'article L. 225-197-1 du code de commerce à l'article L. 225-197-6 du code de commerce. / Cela étant, si certaines conditions formelles peuvent être adaptées, pour tenir compte de la législation, notamment commerciale, applicable à la société étrangère, d'autres conditions considérées comme substantielles doivent impérativement être respectées. / A cet égard, des modifications doivent, le cas échéant, être apportées au plan étranger, par exemple sous la forme d'un sous-plan. Il n'est pas nécessaire que le plan (ou le sous-plan) étranger reprenne in extenso les dispositions pertinentes du code de commerce. En revanche, les modifications apportées aux dispositions non conformes (ou dérogatoires) doivent être expressément mentionnées ".

14. Si la requérante entend opposer au service cette instruction fiscale, elle ne comporte toutefois pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement. Elle ne prévoit notamment et en tout état de cause pas que les gains d'acquisition réalisés par Mme B en 2019, 2020 et 2021 n'auraient vocation à être imposés que l'année au cours de laquelle elle aurait cédé ses actions. Le moyen soulevé en ce sens doit par suite être écarté.

15. Il en résulte que les conclusions de la requérante aux fins de réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu au titre des années 2019 à 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 septembre 2024.

La rapporteure,

L. KALT

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions