jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301243 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MANLA AHMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2023, M. A B, représenté par Me Manla Ahmad, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de vingt-quatre heures, à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser la même somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus de délivrance du récépissé l'empêche de finaliser le processus de recrutement avec la société Amazon, qui souhaite l'embaucher ; l'absence de délivrance d'un récépissé le place donc dans une situation de précarité certaine, son précédent contrat de travail ayant été rompu le 21 juillet 2021 du fait de l'absence de preuve de la régularité de son séjour ; que cette situation rend impossible son inscription à Pôle Emploi, alors même que les services préfectoraux ont enregistré sa demande de titre de séjour, que son dossier était complet, et qu'il les a déjà alertés sur le caractère critique et précaire de sa situation ; l'inertie de l'administration porte donc une atteinte particulièrement grave à sa situation rendant indispensable l'intervention à très bref délai du juge des référés ;
- l'atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir est constituée, la délivrance d'un récépissé étant expressément prévue à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le comportement de la préfecture porte également atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en l'empêchant de travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pouget-Vitale, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. La circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte-tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
3.
M. B, ressortissant syrien né en 1962, est entré régulièrement en France le 3 octobre 2009, et a séjourné en France sous couvert de divers titres de séjour, le dernier ayant expiré le 15 février 2019, et son dernier récépissé ayant expiré le 20 février 2020. Le requérant se prévaut de la situation de précarité administrative et financière dans laquelle le place l'absence de délivrance d'un récépissé relatif à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, formulée le 7 novembre 2022 auprès des services de la préfecture de la Moselle. Il soutient en particulier que l'absence de récépissé l'empêche d'exercer légalement toute activité professionnelle, le privant ainsi de toute possibilité de percevoir des revenus. Il précise à ce titre que les services préfectoraux ont enregistré sa demande d'admission au séjour, que son dossier était complet, et qu'il a alerté la préfecture de la Moselle sur le caractère critique et précaire de sa situation à plusieurs reprises, l'inertie de l'administration portant donc une atteinte particulièrement grave à sa situation rendant indispensable l'intervention à très bref délai du juge des référés.
4. D'une part, M. B ne justifie pas de ce que le fait de ne pas disposer d'un récépissé l'expose de manière directe et immédiate à une situation dans laquelle il se trouverait sans domicile et sans aucune ressource pour vivre, étant à ce titre précisé que le requérant est célibataire sans charge de famille. Il ne produit aucun élément précis et probant sur son état de précarité impliquant qu'une mesure de sauvegarde intervienne désormais dans le délai de quarante-huit heures fixé au juge du référé liberté.
5. D'autre part, il ne justifie pas de ce que l'administration aurait pris une décision entravant de façon expresse sa liberté de circulation.
6. Enfin, la circonstance que les services de la préfecture n'ont toujours pas répondu à sa demande de récépissé en dépit du courrier adressé en ce sens le 3 janvier 2023 par une députée de la Moselle et d'un courrier de son avocat du 15 février 2023, ne suffit pas davantage à caractériser la situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 1 à 6 qu'en l'absence d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, les conclusions de M. B présentées sur ce fondement peuvent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
8. Aux termes de l'article 7 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Et aux termes de l'article 20 de cette loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
9. Il résulte ce qui précède que la requête de M. B ne satisfait pas de manière manifeste à l'une des conditions cumulatives posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu d'accorder à l'intéressé l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1 : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Manla Ahmad.
Copie en sera adressée au préfet de la Moselle et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 23 février 2023.
Le juge des référés,
V. Pouget-Vitale
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026