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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302675

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302675

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302675
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantSCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023, M. B, représenté par Me Grebille Romand, demande au tribunal :

1°) D'annuler la décision du 15 mars 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer ;

2°) D'annuler les retraits de points pour une infraction commise le 14 janvier 2022, trois points pour une infraction commise le 25 avril 2022, un point pour une infraction commise le 11 juin 2022, trois points pour une infraction commise le 12 aout 2022 ;

3°) D'enjoindre au ministre de l'Intérieur de restituer le capital de points affecté à son titre de conduite, ainsi que ledit titre, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;

4°) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. B soutient qu'il n'a pas reçu l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a commis une série d'infractions au code de la route. Il en est résulté la nullité du solde de capital de points affecté à son permis de conduire. Par décision du 15 mars 2023, le ministre de l'Intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points et a invalidé son permis de conduire. Le requérant demande l'annulation de la décision d'invalidation et des retraits de points suite aux infractions du 14 janvier 2022, du 25 avril 2022, du 11 juin 2022 et du 12 août 2022.

2. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

S'agissant de l'infraction du 25 avril 2022 :

3. Dans le cas d'une infraction constatée sur un outil dédié (type PDA ou tablette) et ayant fait l'objet du paiement différé d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention de ce paiement sur le relevé intégral. En l'espèce, il ressort de son relevé d'information intégral que, pour l'infraction susvisée, constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale. Dès lors, la procédure d'information ayant été observée conformément aux dispositions du Code de la route, c'est à bon droit que le retrait de points a été maintenu pour l'infraction susvisée. Le moyen de l'absence d'information préalable au titre de cette infraction doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 14 janvier 2022 :

4. Dans le cas d'une infraction constatée par un radar automatique et ayant fait l'objet du paiement d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention, sur le relevé intégral, de ce paiement. En l'espèce, il ressort de son relevé d'information intégral que, pour l'infraction susvisée constatée par radar automatique, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale. Dans ces conditions, le requérant a eu connaissance de l'information prévue à l'article L 223-3 du code de la route. Le moyen de l'absence d'information s'agissant de cette infraction doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 12 aout 2022 :

5. Dans le cas d'une infraction constatée postérieurement au 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. En l'espèce, l'infraction susvisée a été constatée par l'intermédiaire d'un procès-verbal électronique au cours de laquelle M. B a été intercepté et informé de sa verbalisation ainsi que des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En raison des règles sanitaires mises en œuvre pour lutter contre le Covid 19, le requérant a été informé de la non-apposition de sa signature sur le document. L'agent verbalisateur a donc constaté l'infraction sur un outil dédié et les données de l'infraction ont ensuite été télétransmises au Centre National de Traitement du Contrôle Sanction Automatisé selon le même processus que celui des radars automatiques. Ainsi, un avis de contravention, puis en l'absence de réception d'un paiement, un avis de majoration de l'amende forfaitaire comportant tous deux l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route y compris lorsque ce dernier est antérieur à l'arrêté du 13 mai 2011 sont envoyés automatiquement par courrier au domicile de l'usager. En conséquence, le requérant n'est pas fondé à soutenir ne pas avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 11 juin 2022 :

6. Cette infraction, constatée par radar automatique, concerne un excès de vitesse inférieur à 20 km/h, avec une vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h. Or, l'infraction commise le 14 janvier 2022 est de même nature. Dans le cas d'une infraction constatée par un radar automatique et ayant fait l'objet du paiement d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention, sur le relevé intégral, de ce paiement. Dès lors, M. B qui s'est vu lors de cette infraction délivrer l'information préalable prescrite par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait valablement soutenir que l'éventuelle omission de cette information lors de la constatation de l'infraction relevée le 14 janvier 2022 aurait eu pour effet de le priver d'une garantie substantielle instituée par la loi. Or, cette information, M. B en a bien été destinataire pour une infraction de même nature commise antérieurement et par suite le requérant ne peut prétendre ne pas avoir eu lors de l'infraction commise le 11 juin 2022 l'information prévue par l'article L 223-3 du code de la route. Le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les retraits de points contestés ont été légalement opérés. En conséquence, le permis de conduire de M. B comporte un solde de point nul et n'est donc plus valide. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision 48 SI du 15 mars 2023 du ministre de l'intérieur.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur. Copies-en sera adressée au procureur de la République près du tribunal judiciaire de Metz.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

F. DOGUI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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