LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302709

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302709

lundi 28 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302709
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantMUNIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. A, surveillant pénitentiaire, d’une demande d’indemnisation pour un accident de service survenu le 4 juillet 2017 après une chute sur un sol mouillé non signalé. Le tribunal a reconnu la responsabilité pour faute de l’administration pénitentiaire, estimant que l’absence de signalisation d’un sol glissant constitue une faute engageant la responsabilité de l’État. Il a condamné l’État à indemniser l’agent pour l’intégralité de ses préjudices, tant patrimoniaux que personnels, en application des principes de réparation intégrale du droit commun. Avant de statuer sur le montant, le tribunal a ordonné une expertise médicale pour évaluer l’étendue des préjudices subis, conformément à l’article R. 621-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 avril 2023, M. B A, représenté par Me Munier, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'État à l'indemniser des préjudices subis au titre de l'accident de service du 4 juillet 2017, dont la survenance est imputable à une faute de l'administration pénitentiaire ;

2°) d'ordonner une expertise médicale aux fins de déterminer l'intégralité du préjudice subi au titre de l'accident de service du 4 juillet 2017.

Il soutient que :

- le défaut d'information d'un sol mouillé, donc glissant, constitue une faute qui engage la responsabilité de l'administration ;

- il a subi des préjudices dont il se réserve le droit de chiffrer le montant après l'expertise médicale sollicitée.

La requête a été communiquée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui a informé le tribunal, par lettre du 12 mai 2025, qu'il ne présenterait pas de mémoire en défense dans cette instance.

Par une ordonnance du 11 avril 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gros,

- et les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, surveillant pénitentiaire affecté au centre pénitentiaire de Metz, a été victime le 4 juillet 2017, alors qu'il était en service, d'une chute après avoir glissé sur un sol mouillé qui venait d'être nettoyé. Par une décision du directeur interrégional des services pénitentiaires Grand Est du 10 février 2023, cet accident a été reconnu imputable au service et la date de consolidation de ses lésions a été fixée au 4 octobre 2021. Par une lettre notifiée le 22 décembre 2022, M. A a mis en demeure le ministre de la justice d'admettre la responsabilité pour faute de l'administration pénitentiaire dans son accident et d'organiser une expertise pour déterminer l'intégralité du préjudice subi. Du silence gardé par l'administration sur sa demande est née une décision implicite de rejet le 22 février 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner l'État à réparer les préjudices ayant résulté de l'accident de service du 4 juillet 2017, et d'ordonner avant-dire droit une mesure d'expertise médicale.

Sur la responsabilité de l'administration :

2. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, tels que des souffrances physiques ou morales, un préjudice esthétique ou d'agrément ou des troubles dans les conditions d'existence, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de témoins produites par M. A, que la chute dont il a été victime sur son lieu de travail et pour laquelle l'imputabilité au service a été reconnue, s'est produite sur un sol lavé, mouillé et glissant devant le kiosque de la coursive alors qu'aucune mesure particulière n'avait été mise en place pour signaler ce danger. Dans ces conditions, l'accident subi par M. A est imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration. Le requérant est par suite fondé à demander l'engagement de la responsabilité de l'État sur ce fondement et la réparation intégrale de l'ensemble du dommage subi.

Sur la demande d'expertise sollicitée par M. A pour déterminer l'étendue de ses préjudices :

4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. (). ".

5. En l'absence d'éléments permettant de déterminer et d'évaluer les préjudices subis par M. A présentant un lien direct et certain avec l'accident de service dont il a été victime le 4 juillet 2017, le tribunal n'est pas en mesure, en l'état de l'instruction, de statuer sur la demande d'indemnisation formulée par le requérant. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête de M. A, d'ordonner une expertise sur ces points.

D É C I D E :

Article 1er : Le ministre de la justice est condamné à indemniser M. A des préjudices patrimoniaux ainsi que des préjudices personnels subis par lui du fait de l'accident de service survenu le 4 juillet 2017.

Article 2 : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. A, procédé à une expertise médicale.

Article 3 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. L'expertise sera conduite et suivie selon les dispositions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expert aura pour mission de :

1°) prendre connaissance de l'entier dossier médical de M. A se rapportant à l'accident survenu le 4 juillet 2017 et à ses conséquences ;

2°) procéder à l'examen de M. A et rappeler son état de santé antérieur ;

3°) entendre tous sachants ;

4°) indiquer les préjudices de toute nature présentant un lien direct et certain avec l'accident de service dont il a été victime le 4 juillet 2017 ; indiquer les éléments permettant d'évaluer ces préjudices.

Article 5 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre, d'une part, M. A, la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle, et d'autre part, le ministre de la justice.

Article 6 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en cheffe du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 7 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 8 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Moselle et au ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

Mme Deffontaines, première conseillère,

M. Cormier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2025.

Le président rapporteur,

T. GROS

L'assesseur le plus ancien,

R. CORMIER

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2302709

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions