lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2304299 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GOERGEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2023, la société civile immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte, représentée par M. B, demande à la juge des référés :
1°) de prescrire une expertise en vue de déterminer l'étendue et les causes des désordres affectant le parking souterrain Vieille porte de la commune de Thionville, ainsi que chiffrer, le cas échéant, le coût des travaux nécessaires pour y remédier ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thionville les dépens et la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le parking souterrain qu'elle loue à la commune de Thionville est affecté par de nombreuses infiltrations d'eau, que les désordres se sont aggravés depuis la réfection du parking supérieur par la municipalité de Thionville et que l'expertise est utile pour déterminer l'origine des infiltrations, chiffrer les désordres et les travaux pour y remédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, la commune de Thionville, représentée par Me Goergen :
1°) déclare ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés ;
2°) conclut au rejet de la demande de la requérante formulée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) demande de mettre à la charge de la requérante les dépens.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Anne Dulmet en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Il est constant que la société immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte exploite un parking souterrain, appartenant à la commune de Thionville, qu'elle occupe sous couvert d'un bail emphytéotique conclu le 29 juillet 1971. La société indique avoir constaté des infiltrations dans le parking souterrain. Elle fait valoir que celles-ci sont dues à un défaut d'étanchéité du parking de surface, dont il n'est pas contesté qu'il s'agit d'un parking public dont le maître d'ouvrage est la commune de Thionville. La société requérante expose que ces infiltrations se sont aggravées à la suite des travaux de réfection réalisés pour le compte de la commune de Thionville sur ledit parking public. C'est dans ces conditions que la société civile immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte demande que soit désigné un expert aux fins de déterminer l'étendue et les causes des désordres affectant le parking souterrain et de chiffrer les travaux pour y remédier.
Sur la mesure d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
3. La mesure d'expertise demandée par la société civile immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Dans les cas mentionnés au premier alinéa, il peut être fait application des dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-12-1 ".
5. Les demandes de la commune de Thionville tendant à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la requérante sont prématurées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Thionville la somme que réclame la requérante au titre des frais exposés et non-compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : M. C A, ingénieur, exerçant au 7 rue du Nassenwald, à Montbronn (57415), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1° d'informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre le demandeur à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations. Cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;
2° de se rendre sur les lieux, au niveau du parking souterrain de la Vieille porte à Thionville, entendre les parties ainsi que tout sachant, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
3° de procéder à la constatation et la description précises et détaillées de l'origine des désordres affectant le parking souterrain Vielle porte, en précisant leur date d'apparition et les éventuelles évolutions constatées ou susceptibles de survenir, en mentionnant, s'il y a lieu, l'existence de toute servitude, emprise ou mitoyenneté ;
4° se prononcer sur la cause des infiltrations, déterminer leur éventuelle imputabilité, d'une part, au fonctionnement ou à l'existence du parking de surface, d'autre part, aux travaux de réfection réalisés par la commune sur le parking ;
5° de se prononcer sur l'existence de tout préjudice (préjudice financier, préjudice de jouissance) subi par la société civile immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte résultant des potentiels manquements de la commune de Thionville et les évaluer;
6° d'indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, le cas échéant, évaluer et chiffrer le coût des travaux ;
7° d'annexer au rapport les photographies des constatations et tout schéma utile ;
8° d'une façon générale, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du Tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. L'expert peut demander à la juge des référés une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.
Article 5 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.
Article 6 : A tout moment au cours de sa mission, l'expert pourra proposer au juge des référés une médiation entre les parties.
Article 7 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 31 mai 2024, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière de construction du parking souterrain Vieille porte, à la commune de Thionville et à M. C A, expert.
Fait à Strasbourg, le 11 décembre 2023.
La juge des référés,
A. DULMET
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2304299
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026