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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2304761

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2304761

vendredi 15 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2304761
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET MONHEIT-ANDRE-MAI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 6 juillet et le 4 août 2023, Mme F D épouse G, représentée par Me Baumeister, demande à la juge des référés :

1°) de prescrire une expertise médicale en vue de déterminer les conditions de sa prise en charge par le Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach à compter du 28 décembre 2015, puis les conditions de sa prise en charge par la Clinique Rhéna à compter du 20 février 2023, et d'évaluer les préjudices résultant de celles-ci ;

2°) d'enjoindre à l'expert de déposer son rapport dans un délai de cinq mois suivant sa désignation ;

3°) d'appeler à la cause le Dr E A, exerçant à titre libéral à la clinique Rhéna ;

4°) de mettre à la charge du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, de la Clinique Rhéna et du Dr A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que sa prise en charge suite à ses opérations pour chirurgie de l'obésité du 28 décembre 2015 et du 10 février 2017 au Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, puis du 20 février 2023 à la Clinique Rhéna, a été fautive et lui a causé divers préjudices et que les responsabilités du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach et de la Clinique de Rhéna sont susceptible d'être engagées.

Par un mémoire, enregistré le 11 juillet 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés.

Par un mémoire, enregistré le 13 juillet 2023, le Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, représenté par Me Mai :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de sa mise en cause ;

2°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport ;

3°) demande que l'avance sur les frais d'expertise soit prise en charge par la requérante ;

4°) conclut au rejet des conclusions formulées par la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 13 juillet 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ci-après " ONIAM "), représenté par Me Roquelle-Meyer :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de sa mise en cause ;

2°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport.

Par un mémoire, enregistré le 31 juillet 2023, la Clinique Rhéna, représentée par Me Joly, doit être regardée comme demandant sa mise hors de cause.

Elle soutient que la requérante ne soulève aucun grief à l'encontre de la Clinique Rhéna et qu'elle doit être mise hors de cause dès lors que les praticiens de la Clinique exercent à titre libéral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023, le Dr E A, représenté par Me Chiffert :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage ;

2°) demande qu'un expert spécialisé en chirurgie viscérale et digestive avec une spécialité en chirurgie de l'obésité soit désigné et qu'un pré-rapport soit adressé aux parties ;

3°) conclut au rejet des conclusions formulées par la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Anne Dulmet en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Il est constant que Mme D épouse G a subi, le 28 décembre 2015, une gastrectomie de Sleeve par voie coelioscopique, au Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach. Elle expose que des complications sont survenues, notamment une hernie de la ligne blanche sous ombilicale avec éventration de l'hypochondre gauche et qu'elle a été opérée le 10 février 2017 au Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, puis qu'elle a été hospitalisée pour des soins postopératoires le 26 février 2017 au sein du même établissement. Par la suite, Mme D épouse G fait valoir que les douleurs ont persisté et qu'elle a consulté le Dr E A, en sa qualité de praticien libéral, au sein de la Clinique Rhéna, en septembre 2022, qui lui a diagnostiqué une dysphagie et une sténose gastrique sur torsion post Sleeve, issues de sa précédente opération. Le 20 février 2023, la patiente a été opérée par le Dr A, à la Clinique Rhéna, des complications précédemment diagnostiquées. C'est dans ces circonstances, que la requérante demande à la juge des référés que soit prescrite une expertise pour déterminer si des manquements ont été commis dans sa prise en charge et d'évaluer, le cas échéant, les éventuels préjudices qu'elle aurait subis.

Sur la mesure d'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.

3. La mesure d'expertise demandée par Mme D épouse G entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur l'étendue de l'expertise :

4. La juge des référés peut être saisie de conclusions tendant à ce que l'expertise qu'il lui est demandé de prescrire soit réalisée au contradictoire de toute partie dont la participation est susceptible d'être utile, dès lors que le litige relève au moins partiellement de la juridiction administrative.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que le Dr E A a réalisé l'opération chirurgicale sur Mme D épouse G, le 20 février 2023, au sein de la Clinique Rhéna, en qualité de praticien libéral. Dès lors, sa participation à l'expertise présente un caractère d'utilité et il y a lieu de le mettre à la cause.

6. En second lieu, la Clinique Rhéna sollicite sa mise hors de cause en soutenant que la requérante ne formule aucun grief à son encontre et que les praticiens de cet établissement exercent à titre libéral. Toutefois, il résulte de l'instruction, que la requérante aurait été hospitalisée au sein de la Clinique Rhéna du 20 au 25 février 2023 suite à l'intervention chirurgicale pratiquée par le Dr E A le 20 février 2023. Dès lors, en l'état de l'instruction, la mise en cause de la Clinique Rhéna présente un caractère d'utilité.

Sur les conclusions relatives à la production d'un pré-rapport :

7. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions des parties tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées, sans que le rejet de cette demande ne fasse obstacle à ce que l'expert établisse un pré-rapport soumis au contradictoire des parties s'il l'estime utile, sur le fondement de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Sur les conclusions tendant à enjoindre à l'expert de produire un rapport dans un délai de cinq mois :

8. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert de produire son rapport dans un délai imparti. Il en résulte que les conclusions de la requérante tendant à ce que l'expert dresse son rapport et l'adresse dans un délai de cinq mois sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux avances sur les frais d'expertise :

9. Aux termes de l'article R. 621-12 du code de justice administrative : " Le président de la juridiction [] peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations [].

10. En l'absence d'allocation provisionnelle ordonnée par la présente décision, la demande du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach est prématurée et ne peut, dès lors, qu'être rejetée.

Sur les conclusions relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach ni de la Clinique Rhéna et du Dr A la somme que réclame la requérante au titre des frais exposés et non-compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Le Dr E A et la Clinique Rhéna sont mis à la cause.

Article 2 : Dr C B, chirurgien viscéral et digestif, exerçant au Centre Hospitalier Régional de Bel Air, à Thionville (57126), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission, dans le respect du secret médical, de :

1° informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre la demanderesse à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations. Cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;

Sur la prise en charge par le Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach :

2° décrire l'état de santé antérieur de Mme D épouse G, prendre connaissance de l'entier dossier médical relatif aux examens prodigués à Mme D épouse G au sein du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach ; convoquer contradictoirement tous sachants, dans le respect du secret médical ;

3° décrire les conditions dans lesquelles Mme D épouse G a été admise et soignée au sein du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach ;

4° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;

5° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

6° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

7° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

8° se prononcer sur les origines des complications survenues, prenant en compte l'éventualité d'une cause étrangère et en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable au Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach ;

9° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

10° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée à la patiente et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

11° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à Mme D épouse G une chance d'éviter le dommage survenu ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;

12° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

13° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel, patrimoniaux, professionnel, d'agrément) subi, par Mme D épouse G résultant des potentiels manquements du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;

14° indiquer si l'état de santé de Mme D épouse G justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;

15° indiquer si l'état de santé de la requérante est susceptible de modification, d'aggravation ou d'amélioration et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur l'évolution ainsi que sur la nature des soins, traitements et interventions éventuellement nécessaires ;

16° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

Sur la prise en charge par le Dr E A :

17° décrire l'état de santé antérieur de Mme D épouse G, prendre connaissance de l'entier dossier médical relatif aux examens prodigués à Mme D épouse G par le Dr A ; convoquer contradictoirement tous sachants, dans le respect du secret médical ;

18° décrire les conditions dans lesquelles Mme D épouse G a été reçue en consultation par le Dr A, décrire la chronologie des consultations ;

19° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, par le Dr A, les traitements entrepris et les complications survenues ;

20° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

21° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

22° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération par le Dr A ;

23° se prononcer sur les origines des complications survenues, prenant en compte l'éventualité d'une cause étrangère et en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable au Dr A ;

24° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

25° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée à la patiente et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

26° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à Mme D épouse G une chance d'éviter le dommage survenu ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;

27° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

28° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel, patrimoniaux, professionnel, d'agrément) subi, par Mme D épouse G résultant des potentiels manquements du Dr A ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;

29° indiquer si l'état de santé de Mme D épouse G justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;

30° indiquer si l'état de santé de la requérante est susceptible de modification, d'aggravation ou d'amélioration et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur l'évolution ainsi que sur la nature des soins, traitements et interventions éventuellement nécessaires ;

31° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement du Dr A en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

Sur la prise en charge par la Clinique Rhéna :

32° décrire l'état de santé antérieur de Mme D épouse G, prendre connaissance de l'entier dossier médical relatif aux examens prodigués à Mme D épouse G au sein de la Clinique Rhéna ; convoquer contradictoirement tous sachants, dans le respect du secret médical ;

33° décrire les conditions dans lesquelles Mme D épouse G a été admise et soignée au sein de la Clinique Rhéna à compter du 20 février 2023 ;

34° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;

35° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

36° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

37° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

38° se prononcer sur les origines des complications survenues, prenant en compte l'éventualité d'une cause étrangère et en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à la Clinique Rhéna ;

39° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

40° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée à la patiente et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

41° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à Mme D épouse G une chance d'éviter le dommage survenu ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;

42° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

43° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel, patrimoniaux, professionnel, d'agrément) subi, par Mme D épouse G résultant des potentiels manquements de la Clinique Rhéna ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;

44° indiquer si l'état de santé de Mme D épouse G justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;

45° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement de la Clinique Rhéna en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

En ce qui concerne l'imputabilité des préjudices subis et la consolidation :

46° déterminer si les préjudices constatés ont un rapport avec l'état initial de Mme D épouse G, ou l'évolution prévisible de cet état ;

47° le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité avec la prise en charge par le Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec une pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure, la part du préjudice présentant un lien de causalité avec l'intervention du Dr E A, et la part du préjudice présentant un lien de causalité avec la prise en charge par la Clinique Rhéna, ou avec d'autres cause ;

48° dire si l'état de santé de Mme D épouse G est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ;

49° donner un avis médical sur la possibilité ou non pour Mme D épouse G de continuer à se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir.

Article 3 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.

Article 5 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. L'expert peut demander à la juge des référés une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.

Article 6 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.

Article 7 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 1er juin 2024, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 8 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F D épouse G, au Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux de Forbach, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, à la Clinique Rhéna, au Dr E A, à la caisse primaire d'assurance du Bas-Rhin et au Dr. C B, expert.

Fait à Strasbourg, le 15 décembre 2023.

La juge des référés,

A. DULMET

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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