mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305252 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | CABINET LANDAU & RUDOWICZ (SAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 juillet 2023 n° 2216564, le premier président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Strasbourg, le dossier de la requête de la SA Koedo sur le fondement des dispositions du 1er alinéa de l'article R. 351-3 et de l'article R. 312-10 du code de justice administrative.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 novembre 2022 et 11 octobre 2023, la SA Kodeo, représentée par Me Rudowicz, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 4 mars, 25 mars, 11 mai, 16 juillet et 5 août 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques du Grand Est a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité Covid-19 à destination des entreprises pour les mois de décembre 2020 à octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 15 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les critères d'attribution du fonds de solidarité et du dispositif d'aide coût fixes ont eu pour effet de générer deux préjudices pour elle, à savoir la non-prise en compte de la baisse significative du chiffre d'affaires de ses trois établissements existant au 1er janvier 2019 et la non-prise en compte des pertes relatives à l'ouverture du quatrième établissement ;
- les termes de comparaison retenus par l'administration fiscale pour identifier une baisse du chiffre d'affaires ne sont pas identiques ; cette différence de traitement instaure une rupture d'égalité injustifiée et illégitime entre les contribuables qui ont conservé le même nombre d'établissements entre les années 2019 et 2020 et ceux ayant créé un établissement supplémentaire pendant cette période ;
- cette situation est contraire aux objectifs poursuivis par le fonds de solidarité dès lors qu'une entreprise qui a créé un nouvel établissement, dont l'exploitation a été rendue impossible pendant les périodes de confinement, est d'autant plus impactée par la crise sanitaire en raison des investissements importants ;
- s'agissant de son quatrième établissement ouvert en 2020, elle aurait pu bénéficier de l'aide coût fixe nouvelle entreprise si elle avait pris la décision de l'exploiter à travers une nouvelle société ; cette situation crée une différence de traitement sans rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- que la demande de la société pouvait être rejetée pour un autre motif dès lors que son dossier n'était pas conforme, la déclaration sur l'honneur de l'entreprise ne comportant pas le cachet de l'entreprise, l'attestation de l'expert-comptable n'étant pas revêtue du numéro professionnel et les balances n'étant pas mensuelles, non cumulées et complètes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n° 2021-1431 du 3 novembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hélène Bronnenkant,
- les conclusions de Mme Carole Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Mme A, représentant la SA Koedo.
Considérant ce qui suit :
1. Par des décisions des 4 mars, 25 mars, 11 mai, 16 juillet et 5 août 2021, le directeur régional des finances publiques du Grand Est a rejeté les demandes d'aide présentées par la SA Koedo au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises pour les mois de décembre 2020 à octobre 2021.
2. Le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
3. La SA Kodeo soutient que la différence de traitement, qui résulte de l'inapplication des modalités de détermination des aides, telles qu'elles ont été adaptées pour les entreprises nouvellement créées, aux sociétés déjà constituées avant le 1er mars 2020 qui ont débuté une nouvelle activité après cette date, est contraire à l'objectif du dispositif et constitue une distorsion de concurrence ayant eu des conséquences sur sa situation financière et économique. Cependant, si les dispositions du décret du 30 mars 2020 et les décrets 2021-1430 et 2021-1341 du 3 novembre 2021 qui précisent les critères à satisfaire pour bénéficier des aides " coûts fixes rebond " et " nouvelle entreprise rebond " instaurent une différence de traitement entre une société nouvellement créée et une société déjà existante qui crée ou débute une nouvelle activité, cette différence de traitement est justifiée par la différence objective de situation entre de telles sociétés et proportionnée à cette différence. Elles ne sont en outre pas contraires à l'objectif du dispositif d'aides institué au bénéfice de entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 dès lors qu'elles ne s'opposent pas, par elles-mêmes, à ce qu'une société déjà existante puisse percevoir des aides au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises créé par l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 au titre d'une nouvelle activité. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au principe d'égalité doit être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de la SA Kodeo doivent être rejetées de même que les conclusions tendant au versement de frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SA Kodeo est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Kodeo et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de la région Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
La rapporteure
H. BRONNENKANT
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026