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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305533

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305533

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305533
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantSELARL LEONEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, M et Mme A doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 7 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à leur charge la somme de 4 526,61 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active et la décision du 25 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle à mis à leur charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année.

Mme A, M. A soutiennent que la caisse d'allocations familiales de la Moselle a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le Département de la Moselle, représenté par Me Llorenz, conclut au rejet de la requête comme étant non fondée et demande la mise à la charge de Mme A de la somme de 1 500 euros à verser au département au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à la charge de M. et Mme A une somme de 4 526,61 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active par décision du 7 février 2023 et une dette correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année par décision du 19 mai 2023. Les requérants contestent le bien-fondé de leur dette et demandent l'annulation de cette décision.

Sur le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active :

2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge des requérants et dont les intéressés sollicitent l'annulation, provient de ce que M A a été radié de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active. En effet il a été orienté en champs professionnel le 3 mai 2019 et devait donc s'inscrire à Pole Emploi et de signer un PPAE. Celui-ci n'a pas fait ses démarches. Ainsi, le département de la Moselle lui a rappelé ses obligations par courrier du 25 août 2021. Sans réaction de sa part le département a réduit, par décision du 2 novembre 2021, le versement du revenu de solidarité active de 50% pour un mois puis par décision du 7 décembre 2021 pour 4 mois supplémentaire. En l'absence de réaction de M. A, celui-ci a été rayé des bénéficiaires du revenu de solidarité active par décision du 11 avril 2022. L'indu est la conséquence du comportement de M. A. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 7 février 2023.

Sur le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2021 :

5. En vertu de l'article 3 du décret 2021-1657 du 15 décembre 2021 une aide exceptionnelle de fin d'année peut être octroyé aux personnes étant allocataire du revenu de solidarité active au titre du mois de novembre ou de décembre de l'année 2021.

6. Il résulte de l'instruction que M. A n'étant pas allocataire du revenu de solidarité active au titre du mois de novembre ou de décembre 2021 il ne pouvait prétendre au versement de cette aide exceptionnelle au titre de l'année 2021. C'est donc à bon droit que la caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à leur charge l'indu en question.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A et M. A ne peut être que rejetée.

8. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de rejeter les conclusions au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative du département de la Moselle.

D E C I D E :

Article 1. La requête de Mme A et M. A est rejetée.

Article 2. Les conclusions au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative du département de la Moselle sont rejetées.

Article 3. Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à M. B A, au Département de la Moselle et à la Caisse d'allocations familiales de la Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

F. DOGUI

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2305533

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