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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305583

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305583

jeudi 26 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305583
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantSERAL LEXFACE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2023, M. C, représenté par Me Berger, demande au tribunal :

1°) D'annuler la décision du 17 juillet 2023 par laquelle le Préfet du Haut-Rhin a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de 4 mois ;

2°) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- La décision est entachée d'un vice d'incompétence ;

- La décision n'est pas motivée ;

- Elle est entachée d'un détournement de procédure ;

- L'homologation n'est pas indiquée sur la décision ;

- Elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le Préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 14 juillet 2023 à 16h20 sur la commune de Kaysersberg, M. C a commis un excès de vitesse en roulant à une vitesse retenue à 123 km/h pour une vitesse maximale autorisée de 80 km/h. Suite à cela, le préfet du Haut-Rhin a décidé de suspendre, pendant une durée de quatre mois, le permis de conduire de M. C, par décision du 17 juillet 2023. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

2. Par arrêté préfectoral du 12 octobre 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Haut-Rhin, Monsieur B D, directeur de cabinet de la préfecture du Haut-Rhin, a reçu délégation du préfet du Haut-Rhin pour signer les décisions de suspension du permis de conduire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. Contrairement, à ce que prétend le requérant, la décision comporte les mentions de droit et de faits qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

4. En vertu de l'article L. 224-2 du code de la route, la mesure de suspension est prononcée dans les 72 heures de la rétention du permis. L'article R. 224-4 du même code précise que la notification à l'intéressé est réalisée soit directement s'il se présente au service indiqué dans l'avis de rétention, soit par lettre recommandée avec accusé de réception. En conséquence ces dispositions signifient que la décision doit être signée dans ce délai, mais n'imposent nullement un délai pour la notification puisque la légalité d'une décision administrative s'apprécie à la date à laquelle elle intervient. En conséquence le préfet du Haut-Rhin n'a commis aucun détournement de pouvoir. Le moyen ne peut qu'être écarté.

5. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que soit porté sur l'arrêté portant suspension du permis de conduire les mentions permettant d'identifier l'appareil de contrôle utilisé par les forces de l'ordre pour constater l'infraction reprochée au requérant. Par suite le moyen tiré de l'absence cette mention doit être écarté.

6. Si le requérant fait valoir que la décision du préfet du Haut-Rhin est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, la gravité de l'infraction consistant en un dépassement de plus de 40 km/h la vitesse légalement autorisée est constitutive d'un danger pour la sécurité du requérant et celle des autres utilisateurs de la route. Le préfet du Haut-Rhin pouvait donc prononcer la suspension de son permis de conduire pour une durée de 4 mois sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Haut-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

F. DOGUI

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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