jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305921 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CDA JOLY & OSTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 août 2023, Mme B D, représentée par Me Gsell :
1°) demande à la juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer les conditions de sa prise en charge par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg à compter du 13 janvier 2020, et d'évaluer les préjudices résultant de celle-ci ;
2°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport ;
3°) demande que les frais d'expertise soit pris en charge par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ;
4°) demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) demande la réservation des dépens.
Elle soutient que sa prise en charge à compter du 13 janvier 2020 par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, suite à une chute survenue le 12 juillet 2017 occasionnant une fracture déplacée de la patella droite a été fautive et lui a causé divers préjudices et que la responsabilité des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg est susceptible d'être engagée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, représentés par Me Joly :
1°) déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés ;
2°) demandent que les frais prévisionnels éventuels soient avancés par la requérante ;
3°) demandent à ce qu'un expert spécialisé en chirurgie orthopédique soit désigné, ainsi qu'un sapiteur infectiologue si nécessaire ;
4°) sollicitent la production, par l'organisme social de la requérante, avant le début des opérations d'expertise, de son relevé de débours et frais médicaux et définitif ;
5°) demandent le rejet les conclusions de la requérante au titre des frais non compris dans les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Ravaut :
1°) déclare ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de sa mise en cause ;
2°) demande la communication de protocoles, comptes rendus et enquêtes par les établissements de soins en cause ;
3°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport ;
4°) demande le rejet de la demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) demande la réservation des dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Anne Lecard en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 juillet 2017, Mme D chutait à son domicile, occasionnant une fracture déplacée de la patella droite, au niveau de la pointe de la rotule. Une intervention consistant en une réparation de l'appareil extenseur par ostéo suture de la pointe de la rotule sur tunnel trans osseux et cerclage métallique de protection, a été effectuée le 15 juillet 2017, aux Hôpitaux Civils de Colmar, où Mme D quittait le service quatre jours après. Par la suite, elle a été suivie au SSR de Guebwiller, puis au Centre de réadaptation fonctionnelle du Muesberg, pour de la rééducation. Les douleurs persistant, Mme D a consulté plusieurs médecins, qui auraient préconisé de ne pas intervenir chirurgicalement. Elle a été prise en charge au Centre pluridisciplinaire d'évaluation et de traitement de la douleur où les traitements prescrits n'auraient pas atténué ses douleurs. Le 13 janvier 2020, la requérante a consulté le Dr C, aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, qui a procédé à une intervention d'arthrolyse du genou droit. A la suite de cette intervention, un aspect inflammatoire de la cicatrice serait apparu ainsi qu'une infection, entraînant de multiples complications pour lesquelles elle a bénéficié d'un lambeau de gastrocnémien et une greffe en peau mince. Mme D a regagné son domicile le 12 mars 2020 avec un traitement par antibiothérapie et a également poursuivi la rééducation. Elle fait valoir que son état n'a pas évolué, qu'elle présente des difficultés pour marcher et que les douleurs et la raideur au genou sont toujours présentes. C'est dans ces conditions que Mme D demande à la juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer les conditions de sa prise en charge par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg à compter du 13 janvier 2020, et d'évaluer les préjudices résultant de celle-ci.
Sur la mesure d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
3. La mesure d'expertise demandée par Mme D entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à enjoindre à la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin la production du relevé de ses frais et débours avant le commencement de l'expertise :
4. Il résulte de l'instruction qu'à ce stade de la procédure, la production du relevé détaillé des débours et frais médicaux de la caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin ne présente pas un caractère d'utilité eu égard à la mission de l'expert telle qu'elle est fixée par la présente ordonnance. Il appartiendra à l'expert de solliciter, s'il l'estime nécessaire, la communication du relevé détaillé des débours et frais médicaux en lien avec la prise en charge de Mme D. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg tendant à la communication de ce relevé.
Sur les conclusions relatives à la production d'un pré-rapport :
5. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions de la requérante tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées, sans que le rejet de cette demande ne fasse obstacle à ce que l'expert établisse un pré-rapport soumis au contradictoire des parties s'il l'estime utile, sur le fondement de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Sur les conclusions relatives à la communication des pièces médicales :
6. Aux termes de l'article R. 4127-4 du code de la santé publique : " Le secret professionnel institué dans l'intérêt des patients s'impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession, c'est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris ". Ces dispositions impliquent que seul le patient concerné peut lever le secret médical en transmettant lui-même son dossier ou en autorisant sa communication. Dès lors, il n'appartient pas au tribunal d'autoriser la communication du dossier médical à l'expert. Par suite, il y a lieu de rejeter la demande de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales de pouvoir communiquer à l'expert, les pièces du dossier médical de Mme D.
Sur les conclusions relatives aux avances sur les frais d'expertise :
7. Aux termes de l'article R. 621-12 du code de justice administrative : " Le président de la juridiction [] peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations [].
8. En l'absence d'allocation provisionnelle ordonnée par la présente décision, la demande des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg sont prématurées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'expertise :
9. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ()en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'ordonnance est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. ()". Aux termes de l'article R. 761-4 dudit code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué.() ". Aux termes de l'article R. 621-11 du même code : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. (.) ".
10. Il résulte de ces dispositions combinées que la détermination du montant des frais et honoraires d'expertises et de la personne à la charge de laquelle ces frais doivent être mis est effectuée par une ordonnance prise par le président du tribunal ou le magistrat qu'il désigne après la remise du rapport par l'expert.
11. Les demandes de Mme D et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales relatives à la prise en charge des frais d'expertise sont prématurées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
13. Ces dispositions font obstacle à ce que soient mises à la charge des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, qui n'est pas la partie perdante, les sommes que réclament Mme D au titre des frais exposés et non-compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : Dr A E exerçant à la maison de santé Citevie, 56 rue Jacques Foillet à Montbéliard (25200), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission, dans le respect du secret médical, de :
1° informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre la demanderesse à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations. Cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;
2° prendre connaissance de l'entier dossier médical de Mme D en lien avec sa prise en charge par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg à compter du 13 janvier 2020, dans le respect du secret médical, et décrire l'état de santé antérieur de Mme D ;
3° décrire les conditions dans lesquelles Mme D a été admise et soignée au sein des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg à compter du 13 janvier 2020 ;
4° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;
5° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;
6° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;
7° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;
8° se prononcer sur les origines des complications survenues, en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ;
9° déterminer à quelles dates les premiers signes de l'infection ont été constatés, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique, dire quels ont été les moyens cliniques, paracliniques et biologiques retenus, permettant d'établir le diagnostic ;
10° dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection, quel type de germe a été identifié, quelle est son origine, son caractère exogène ou endogène, si l'infection a pour origine une cause extérieure et étrangère au lieu où ont été dispensés les soins, quelles sont les origines possibles de cette infection ;
11° préciser si les précautions ont été prises concernant les mesures d'hygiène prescrites par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales et, le cas échéant, quelle norme n'a pas été appliquée ;
12° préciser si les moyens en personnel et matériel mis en œuvre au moment de la réalisation de l'acte en cause correspondaient aux obligations prescrites en matière de sécurité ;
13° préciser si la patient présentait des facteurs de vulnérabilité susceptibles de contribuer à la survenue et au développement de l'infection, et l'infection présentait un caractère inévitable et pourquoi ;
14° préciser si le diagnostic et le traitement de l'infection ont été conduits conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, distinguer entre les conséquences de l'infection et les conséquences du retard de traitement ;
15° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;
16° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée à la patiente et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;
17° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à Mme D une chance d'éviter le dommage survenu ; chiffrer la perte de chance (pourcentage ou coefficient) ;
18° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;
19° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, esthétique, sexuel) subi, par Mme D résultant des potentiels manquements des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent résultant de ces séquelles et de ces manquements ;
20° se prononcer sur les déficits neuro-moteurs, sensoriels, orthopédiques, ophtalmologiques et leurs répercussions sur les actes et les gestes de la vie courante, analyser les déficits neuropsychologiques et leur incidence sur les facultés de gestion de la vie et d'insertion socio-économique ;
21° préciser l'imputabilité entre le fait dommageable, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur la réalité des lésions initiales, la réalité de l'état séquellaire, l'imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales, et en précisant l'incidence éventuelle d'un état antérieur ;
22° déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, et préciser si pendant cette période, pour des raisons médicales certaines, directe et exclusive avec le fait dommageable, Mme D a dû interrompre ses activités professionnelles, ses activités habituelles et de loisir ;
23° dire si l'état de santé de Mme D est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de Mme D ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressée devra à nouveau être examinée ;
24° indiquer si l'état de santé de Mme D justifiait lors de la consolidation ou justifie encore aujourd'hui l'assistance d'une tierce personne de façon constante ou occasionnelle, spécialisée ou non, en décrivant les besoins, et se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, ou autres fournitures particuliers pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ;
25° préciser la situation professionnelle de la patiente, le rôle des conséquences directes et certaines du fait dommageables sur l'évolution de sa situation (reprise de l'emploi antérieur, changement de poste ou d'emploi, possibilité de travail adapté, ) ;
26° donner un avis médical sur la pratique des activités spécifiques de sport et de loisir ;
27° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus, dans le respect du secret médical. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. L'expert peut demander à la juge des référés une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.
Article 5 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 30 septembre 2024, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, BTP Prévoyance, à la caisse primaire d'assurance du Bas-Rhin, aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et au Dr. A E, expert.
Fait à Strasbourg, le 22 février 2024.
La juge des référés,
A. LECARD
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305921
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026