LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2306147

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2306147

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2306147
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantPIALAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré le 28 août et le 6 septembre 2023, M. A, représenté par Me. Pialat, demande au tribunal :

- D'annuler la décision du 27 juillet 2023 par laquelle le président de la Collectivité européenne d'Alsace a mis fin à son placement à l'aide sociale à l'enfance ;

- D'enjoindre à la Collectivité européenne d'Alsace de rétablir ce placement ;

- De mettre à la charge de la Collectivité européenne d'Alsace une somme de 1 500 euros HT à verser à son conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de loi du 10 juillet 1991 ;

M. A soutient que :

* La décision a été prise par une autorité incompétente ;

* La décision méconnaît l'article L 221-5-5 du code de l'action sociale et des familles ;

* Elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans la mesure où il est mineur.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2023, la Collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête comme étant présentée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité bengali, a fait l'objet d'une évaluation sociale le 24 octobre 2022 réalisée par les services du département de Paris qui ont estimé qu'il était né le 10 août 2006 et qu'il était mineur. Par une ordonnance de placement provisoire du 26 octobre 2022, le procureur de la République près du tribunal judiciaire de Paris a confié l'intéressé à la direction de la Solidarité Pôle enfance en danger à Colmar au sein de la Collectivité européenne d'Alsace qui l'a pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance à compter du 2 novembre 2022. Estimant que le requérant était en réalité majeur, la Collectivité européenne d'Alsace a décidé le 27 juillet 2023 la fin de la prise en charge du requérant au titre de l'aide sociale à l'enfance. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

2. La Collectivité européenne d'Alsace fait valoir que la décision du 27 juillet 2023 serait la conséquence directe de la main levée du placement prononcé par le procureur de la République de Mulhouse. Cependant, il résulte de l'instruction que si la Collectivité européenne d'Alsace a bien demandé la main levée de la mesure de placement provisoire de M. A au procureur de la République de Mulhouse, la Collectivité n'apporte à l'audience aucune copie de cette décision de main levée. En conséquence, il y a lieu de considérer que le placement provisoire de M. A prononcé par le procureur de la République près du tribunal judiciaire de Paris n'a pas été formellement levé. Ainsi, la décision du 27 juillet 2023 de la Collectivité européenne d'Alsace ne peut être considérée comme la conséquence d'une décision juridictionnelle de main levée du placement provisoire du procureur de la République de Mulhouse, qui est inexistante, mais une décision administrative que la Collectivité a prise selon sa propre appréciation dont la contestation relève de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, l'exception d'incompétence soulevée par la collectivité européenne d'Alsace ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. "

4. M. A a formulé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. Dans ces conditions, il y a lieu de prononcer son admission d'office au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions en annulation :

5. Aux termes de l'article L 221-2-5 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental ne peut procéder à une nouvelle évaluation de la minorité et de l'état d'isolement du mineur privé temporairement ou définitivement de la protection de sa famille lorsque ce dernier est orienté en application du troisième alinéa de l'article 375-5 du code civil ou lorsqu'il est confié à l'aide sociale à l'enfance en application du 3° de l'article 375-3 du même code. ".

6. Il résulte de l'instruction que M. A a été déclaré mineur par une première évaluation et a été placé provisoirement par ordonnance du procureur de la République près du tribunal judiciaire de Paris le 26 octobre 2022 à la direction de la Solidarité Pôle enfance en danger à Colmar au sein de la Collectivité européenne d'Alsace, qui l'a pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance à compter du 2 novembre 2022. Estimant que le requérant était en réalité majeur la Collectivité européenne d'Alsace a décidé le 27 juillet 2023 la fin de la prise en charge du requérant au titre de l'aide sociale à l'enfance. Or, en application des dispositions de l'article L 221-2-5 du code de l'action sociale et des familles, il était interdit au président de la Collectivité européenne d'Alsace de procéder à une nouvelle évaluation de la minorité de M. A. En conséquence, la Collectivité ne pouvait décider de ne plus prendre en charge le requérant au motif qu'il n'était pas mineur. Par suite, la décision du 27 juillet 2023 du président de la Collectivité européenne d'Alsace est illégale et doit être annulée sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Au vu du moyen par lequel est prononcé l'annulation de la décision du 27 juillet 2023, il y a lieu d'enjoindre au président de la Collectivité européenne d'Alsace de prendre M. A en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance dans un délai de 48 heures à compter de la notification de du présent jugement, si celui-ci n'a pas déjà été repris en charge par la collectivité.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

8. M. A a été admis à l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me. Pialat, conseil du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la Collectivité européenne d'Alsace le versement à Me. Pialat de la somme de 1 500 euros HT.

D E CI D E :

Article 1. M A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2. La décision du 27 juin 2023 du président de la Collectivité européenne d'Alsace est annulée.

Article 3. Il est enjoint au président de la Collectivité européenne d'Alsace de prendre M. A en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance dans un délai de 48 heures à compter de la notification du présent jugement, si celui-ci n'a pas déjà été repris en charge par la collectivité.

Article 4. La Collectivité européenne d'Alsace versera à Me. Pialat, avocat de M. A, une somme de 1 500 euros HT en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pialat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5. Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la collectivité européenne d'Alsace.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

F DOGUI

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions