vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GALLAND YANNICK & KIEFFER EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2023, Mme D E, épouse C, représentée par Me Galland, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 52 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mai 2023, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison du retard fautif de l'administration à statuer sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d'ordonner la capitalisation des intérêts dus pour une année entière à la date du 23 mai 2024, puis la capitalisation des intérêts échus à chaque date anniversaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a commis une faute en ne répondant pas à sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français, qui ne soulevait aucune difficulté particulière ;
- son préjudice doit être intégralement réparé.
La procédure a été communiquée à la préfète du Bas-Rhin qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Galland, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, épouse C, a présenté le 26 mai 2023 une demande indemnitaire préalable auprès de la préfète du Bas-Rhin, en vue de l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'absence de réponse de l'administration à sa demande de titre de séjour. Cette demande indemnitaire ayant été implicitement rejetée, Mme C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 52 000 euros, assortie des intérêts légaux et de la capitalisation des intérêts.
2. En premier lieu, si Mme C soutient qu'elle a présenté une demande de titre de séjour le 25 juin 2020, elle ne verse au dossier qu'une convocation au guichet de la préfecture du Bas-Rhin à un rendez-vous fixé le 10 juillet 2020 afin de déposer sa demande de titre de séjour, faisant suite à une pré-demande en ligne. Dans ces conditions, Mme E n'établit pas avoir déposé une demande de titre de séjour sur laquelle l'administration aurait dû statuer.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R. 432-2 dispose que : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
4. A supposer que Mme C ait déposé une demande de titre de séjour à la date qu'elle indique, le 25 juin 2020, il n'est pas établi que celle-ci était complète et elle indique elle-même que des pièces complémentaires ont été demandées à plusieurs reprises, en octobre 2022 et le 19 juin 2023. A supposer encore que la requérante ait complété sa demande de titre de séjour, celle-ci a fait l'objet d'une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre mois. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que l'Etat aurait commis une faute en ne prenant aucune décision à la suite de sa demande.
5. En dernier lieu, et en tout état de cause, si Mme C allègue qu'elle a subi un préjudice qu'elle évalue à 52 000 euros, elle ne verse au dossier aucune pièce de nature à l'établir.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requérante doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E épouse C et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 février 2025.
La rapporteure,
L. B
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026