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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2306679

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2306679

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2306679
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 septembre et le 22 décembre 2023, Mme B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) D'annuler les décisions de retraits de points pour les infractions du 18 mai 2020, du 21 avril 2020, du 24 juin 2020, du 18 août 2020, du 16 octobre 2020, du 24 juin 2020, du 23 avril 2021, du 6 juillet 2021 à 14h31 et à 17 h 08, du 17 mars 2023 à 11 h 03 et à 15 h 03 ;

2°) D'annuler la décision du 25 août 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer ;

3°) D'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer le capital de points affecté à son titre de conduite, ainsi que ledit titre, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

4°) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient qu'elle n'a pas reçu l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à ce que le tribunal prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation de la décision 48 SI et au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a commis une série d'infractions au code de la route. Il en est résulté la nullité du solde de capital de points affecté à son permis de conduire. Par décision du 25 août 2023, le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points et a invalidé son permis de conduire. La requérante demande l'annulation de la décision d'invalidation et des retraits de points suite aux infractions du 18 mai 2020, du 21 avril 2020, du 24 juin 2020, du 18 août 2020, du 16 octobre 2020, du 24 juin 2020, du 23 avril 2021, du 6 juillet 2021 à 14h31 et à 17 h 08, du 17 mars 2023 à 11 h 03 et à 15 h 03.

Sur le non-lieu partiel :

2. Dans son mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2023, le ministre de l'intérieur informe le tribunal qu'il a retiré la décision 48SI du 25 août 2023 et la décision portant retrait de point pour l'infraction du 6 juillet 2021 à 14h31. En conséquence, les conclusions en annulation de ces décisions dont dénuées d'objet et il y a lieu de prononcer un non-lieu à statuer sur ce point.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

S'agissant des infractions du 21 avril 2020, du 18 mai 2020, du 24 juin 2020 à 12h49, du 18 août 2020, du 16 octobre 2020, du 23 avril 2021 et du 6 juillet 2021 à 17h08 :

4. Dans le cas d'une infraction constatée par un radar automatique et ayant fait l'objet du paiement d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention, sur le relevé intégral, de ce paiement. En l'espèce, il ressort de son relevé d'information intégral que, pour les infractions susvisées constatées par radar automatique, la requérante s'est acquittée du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale. Elle a donc bénéficié des informations prévues à l'article L 223-3 et R 223-3 du code de la route qui figurait sur le formulaire. Par suite, le moyen tiré de l'absence de cette information doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 24 juin 2020 à 12h31 :

5. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée, lequel mentionne les informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route y compris lorsqu'il est antérieur à l'arrêté du 13 mai 2011. Ainsi, il ressort de l'attestation de paiement émise par le trésorier du CNT-CSA, que la requérante s'est acquittée du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Par suite, le moyen de l'absence d'information doit être écarté.

S'agissant des infractions du 17 mars 2023 à 11h03 et à 15h03 :

6. Ces infractions, constatées par radars automatiques, sont des excès de vitesse, inférieur à 20 km/h, avec une vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h et d'au moins 20 km/h. Or, les infractions antérieures sont de même nature. Dès lors, B qui s'est vue lors de ces infractions délivrer l'information préalable prescrite par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait valablement soutenir que l'éventuelle omission de cette information lors de la constatation des infractions du 17 mars 2023 aurait eu pour effet de le priver d'une garantie substantielle instituée par la loi. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en annulation de la décision 48SI du 25 août 2023 et en annulation de la décision de retrait de point pour l'infraction du 6 juillet 2021 à 14h31 de la requête de Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

S. AMIRACH

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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