jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306776 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2023, M. B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
- D'annuler la décision du 10 janvier 2023 par laquelle la Collectivité européenne d'Alsace a confirmé la mise à sa charge la somme de 1 354,78 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active ;
- De le décharger de cette somme ;
- De lui octroyer une remise de la dette ou des délais de paiement ;
- De mettre à la charge de la Collectivité européenne d'Alsace la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que la notification de l'indu est nulle ; elle est entachée d'un vice d'incompétence ; elle méconnait l'article L 114-21 du code de la sécurité sociale ; elle méconnait l'article L262- 47 et R 262-90 du code de l'action sociale et des familles ; les droits de la défense ont été méconnus ; elle méconnait l'article L 262-2 du code de l'action sociale et des familles ; il a droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la Collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 août 2023.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La Collectivité européenne d'Alsace a confirmé par la décision du 10 janvier 2023 prise sur recours administratif préalable la décision de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin portant mise à la charge de M. B d'une dette de 1 354,78 euros résultant d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de juillet à octobre 2020. M. B conteste le bien-fondé de sa dette et demande l'annulation de cette décision.
2. Si le requérant fait valoir que la notification de l'indu de prime d'activité du 19 septembre 2022 est nulle, il résulte de l'instruction que la Collectivité européenne d'Alsace a pris une décision le 10 janvier 2023 confirmant l'indu en question. Cette décision s'est substituée à la notification de l'indu. En conséquence, le moyen tiré de la nullité de la notification de l'indu est inopérant et doit être écarté.
3. Si M. B fait valoir que la décision est entachée d'un vice d'incompétence, par arrêté 2022-024-DAJ rendu exécutoire après transmission au contrôle de légalité et affichage, le Président de la Collectivité européenne d'Alsace a délégué à Mme A, Directrice adjointe de l'insertion vers l'activité et du logement, la mission de signer les actes relatifs au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. M. B fait valoir que la décision de la Collectivité européenne d'Alsace méconnaît l'article L 114-21 du code de la sécurité sociale sur le droit à la communication de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels les administrations se sont fondées pour prendre les décisions attaquées. Il résulte de l'instruction que l'indu a été fondé sur les déclarations de M. B. Par suite, la méconnaissance de ces dispositions est inopérante doit être écarté.
5. Le requérant soutient que des retenus ont été effectuées sur ses prestations pour le recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active alors que selon les dispositions de l'article L 262-46 du code de l'action sociale et des familles la procédure de recouvrement devait être suspendue. Cependant, il résulte de l'instruction que la Collectivité européenne d'Alsace a cessé tout prélèvement concernant le revenu de solidarité active dès qu'elle a eu connaissance des recours diligentés par lui. Par suite, le moyen manque en fait.
6. En vertu des dispositions de l'article L262-47 du code de l'action sociale et des familles, toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Hormis les cas où la convention passée entre le Département et chaque organisme payeur en dispose autrement, le recours est soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations en matière d'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole. Cependant la convention conclue entre la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin et la Collectivité européenne d'Alsace signé en janvier 2022, prévoit que reste de la compétence du Président de la Collectivité européenne d'Alsace la gestion du recouvrement et demandes de remises de dettes concernant les indus de revenu de solidarité active qui ont fait l'objet d'une transmission à la Collectivité européenne d'Alsace. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions sus rappelés doit être écarté.
7. M. B reproche à la Collectivité européenne d'Alsace de n'avoir pas respecté les droits de la défense. Cependant, il résulte de l'instruction qu'il a été informé de sa situation par la collectivité et la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin et qu'il a pu faire ses observations tout au long des différentes procédures. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". En vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
10. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B et confirmé par la Collectivité européenne d'Alsace et dont l'intéressé sollicite l'annulation, provient de ce qu'il n'a pas déclaré avoir séjourné au Maroc du 11 février 2020 au 21 mars 2021. Ainsi, il ne résidait pas de façon stable et effective sur le territoire français. Ce séjour n'a pas été déclaré à la caisse. Ces informations ont été révélées tardivement par le requérant lui-même. Dans ces conditions, il ne pouvait bénéficier du revenu de solidarité active pendant cette période. En conséquence, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que la Collectivité européenne d'Alsace a confirmé, par la décision du 10 janvier 2023, la décision de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
Sur la remise gracieuse des indus :
11. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".
12. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B proviennent de ce qu'il n'a pas déclaré ses absences sur le territoire français. Cette omission compte tenu de sa réitération sur plusieurs années, doit être regardée comme étant constitutive d'une fausse déclaration aux sens des dispositions précitées, qui fait obstacle à ce que le requérant puisse prétendre à une remise gracieuse de ses dettes. Si le requérant soutient être dans une situation financière difficile, cette circonstance, à la supposée établie, est sans influence, dès lors que les indus en cause doivent être regardés comme trouvant leur origine dans une fausse déclaration de l'intéressé. Par suite, en tout état de cause, M. B n'est pas fondé à demander une remise gracieuse de ses dettes de revenu de solidarité active.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1. La requête de M. B est rejetées.
Article 2. Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la Collectivité européenne d'Alsace et à la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
H. SIMONLa greffière,
F. DOGUI
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2306776
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026