vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2307152 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CARRAUD |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2023 sous le numéro 2307152, Mme D A B, représentée par Me Carraud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la préfète du Bas-Rhin de désigner sans délai un lieu d'hébergement susceptible de l'accueillir avec sa concubine sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxe à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie dès lors que bénéficiant du statut de réfugiée et d'un titre de séjour à cet effet, sa concubine et elle n'ont pas, faute de ressources suffisantes, de solution d'hébergement depuis leur arrivée à Strasbourg le 19 septembre 2023 après leur départ de Guyane, qu'aucune proposition ne leur a été faite après qu'elles ont bénéficié d'une première mise à l'abri du 26 septembre au 3 octobre 2023, alors qu'elles ont également appelé quotidiennement le SAMU social, qu'elles n'ont pas de famille en France et résident sous tente dans un campement, qu'elle souffre d'une grave pathologie invalidante qui nécessite qu'elle soit hébergée décemment. Il est porté par l'Etat une atteinte à leur droit à un hébergement d'urgence, liberté fondamentale, dès lors qu'il existe une carence caractérisée à la mise en œuvre de ce droit en ce qui les concerne ce qui engendre de graves conséquences.
II. Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2023 sous le numéro 2307153, Mme E G F, représentée par Me Carraud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la préfète du Bas-Rhin de désigner sans délai un lieu d'hébergement susceptible de l'accueillir avec sa concubine sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxe à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie dès lors que bénéficiant du statut de réfugiée et d'un titre de séjour à cet effet, sa concubine et elle n'ont pas, faute de ressources suffisantes, de solution d'hébergement depuis leur arrivée à Strasbourg le 19 septembre 2023 après leur départ de Guyane, qu'aucune proposition ne leur a été faite après qu'elles ont bénéficié d'une première mise à l'abri du 26 septembre au 3 octobre 2023, alors qu'elles ont également appelé quasi quotidiennement le SAMU social, qu'elles n'ont pas de famille en France et résident sous tente dans un campement, que Mme F souffre d'une pathologie invalidante qui nécessite qu'elle soit hébergée décemment. Il est porté par l'Etat une atteinte à leur droit à un hébergement d'urgence, liberté fondamentale, dès lors qu'il existe une carence caractérisée à la mise en œuvre de ce droit en ce qui les concerne ce qui engendre de graves conséquences.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
2. Il appartient à toute personne demandant au juge administratif d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
3. Il revient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite.
4. Le juge prend en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre, mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
5. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse () ". L'article L. 345-2-2 du même code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Aux termes de son article L. 345-2-3 : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ". Aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".
6. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions citées au point 3, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
7. En l'espèce, Mme G F et Mme A B, ressortissantes cubaines de 38 et 39 ans, bénéficiaires du statut de réfugié et titulaires de carte de résident délivrées par le préfet de Guyane le 10 février 2023, sollicitent du juge des référés sur le fondement de l'article L.521-2 précité et par leurs requêtes qu'il convient de joindre, qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de leur désigner sans délai un lieu d'hébergement susceptible de les accueillir immédiatement. Pour ce faire, elles se bornent à faire valoir de manière générale dans leurs écritures qu'elles sont dépourvues d'hébergement depuis leur arrivée en France, qu'elles n'ont fait l'objet d'aucune prise en charge de la part des services de l'Etat, hormis une semaine durant laquelle elles ont bénéficié d'une mise à l'abri et n'ont reçu aucune proposition d'hébergement d'urgence malgré les demandes répétées qu'elles ont formulées très régulièrement auprès du SAMU social en appelant le 115 ainsi que l'envoi d'un courriel récent à la préfète du Bas-Rhin intitulé " urgent demande d'hébergement d'urgence ".
8. Les requérantes, qui indiquent se retrouver dans l'impossibilité de se loger, n'assortissent leurs allégations d'aucun commencement d'explication sur les circonstances qui ont mené à une telle situation tant en ce qui concerne leurs conditions de vie en Guyane où elles ont obtenu leur titre de séjour, les conditions de leur voyage en métropole, leurs recherches d'emploi, leur ressources et les aides sollicitées ou perçues depuis leur arrivée, elles ne justifient pas non plus de démarches effectuées en vue d'obtenir un logement dans le parc privé ou social , au regard de la situation de vulnérabilité dont elles se prévalent en faisant état, pour l'essentiel, des problèmes de santé de Mme F G. Si elles indiquent, pour étayer leurs allégations sur la carence de l'Etat, de ce qu'elles ont signalé la particularité de leur situation à la préfète du Bas-Rhin par un courriel qui aurait été transmis le 4 octobre 2023 par lequel elles auraient sollicité un hébergement d'urgence, elles ne le produisent pas à l'appui de leur requête. Elles ne justifient donc pas de ce qu'elles ont donné suffisamment d'informations et d'éléments aux services de l'Etat permettant d'apprécier leur niveau de détresse médicale, psychique ou sociale justifiant qu'une réponse à très bref délai leur soit donnée. L'absence de réponse à un tel courriel n'apparaît pas en l'état susceptible de caractériser une carence fautive en l'absence de proposition d'hébergement. Il résulte de ce qui précède que dans ces circonstances, au regard du manque d'éléments et de pièces contenus dans la requête, Mme G F et Mme A B, ne justifient pas du respect de la condition d'urgence renforcée propre à la voie de droit qu'elles ont choisie en introduisant un référé sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, en l'état du dossier et des pièces produites et alors qu'il résulte de ces dernières que Mme F a pu bénéficier des soins que son état de santé requérait notamment au titre des droits ouverts aux titulaires d'une carte de résident délivrée aux bénéficiaires du statut de réfugié, il est également manifeste que les requérantes ne justifient pas non plus de l'existence de carences caractérisées de la part de l'Etat dans l'accomplissement de sa mission relative au droit à l'hébergement d'urgence. Il s'ensuit que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative contre l'Etat doivent être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mmes G F et A B y compris leur demande d'aide juridictionnelle provisoire et leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent être rejetées sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :Les requêtes de Mmes G F et A B sont rejetées.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée Mmes E G F et D A B et à Me Carraud. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin Rhin et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 13 octobre 2023.
Le juge des référés,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Cherif, 2307153
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026