jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2307644 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CLAIRANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et enregistrée le 25 octobre 2023, la SARL AR Architectes, représentée par la SELARL Clairance avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2023 portant résiliation du marché de maîtrise d'œuvre des travaux de mise en accessibilité des lycées des secteurs de Thionville et Longwy et d'ordonner la reprise des relations contractuelles ;
2°) de mettre à la charge de la région Grand Est la somme de 5 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été signée par une personne qui n'était pas habilitée à cette fin et sans autorisation de l'organe délibérant de la région ou de son président ;
- les retards qui lui sont reprochés ne sont pas fondés, dès lors qu'ils sont exclusivement imputables au maître d'ouvrage.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, la SEBL Grand Est, représentée par Me Clanchet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la SARL AR Architectes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Par ordonnance du 6 février 2024, l'instruction a été close à cette date en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rees,
- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 septembre 2021, la SEBL Grand Est, mandataire de la région Grand Est, maître d'ouvrage, a notifié à la SARL AR Architectes, mandataire d'un groupement constitué avec les sociétés ECO3 SARL et Cetec Ingénierie, le marché de maîtrise d'œuvre relatif aux travaux de mise en accessibilité " PMR " des établissements d'enseignement de la Région Grand Est pour les secteurs de Thionville et Longwy. Par lettre du 22 septembre 2023, la SEBL Grand Est a informé le groupement de maîtrise d'œuvre de sa décision de résilier le marché à ses torts. La SARL AR Architectes doit être regardée comme demandant au tribunal d'ordonner la reprise des relations contractuelles.
Sur les conclusions aux fins de reprise des relations contractuelles :
2. Il incombe au juge du contrat, saisi par une partie d'un recours de plein contentieux contestant la validité d'une mesure de résiliation et tendant à la reprise des relations contractuelles, lorsqu'il constate que cette mesure est entachée de vices relatifs à sa régularité ou à son bien-fondé, de déterminer s'il y a lieu de faire droit, dans la mesure où elle n'est pas sans objet, à la demande de reprise des relations contractuelles, à compter d'une date qu'il fixe, ou de rejeter le recours, en jugeant que les vices constatés sont seulement susceptibles d'ouvrir, au profit du requérant, un droit à indemnité.
En ce qui concerne la régularité de la mesure de résiliation :
3. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'article 3 du cahier des clauses techniques particulières du marché de mandat de maîtrise d'ouvrage relatif à l'opération dans le cadre de laquelle le marché de maîtrise d'œuvre en litige a été passé, que la région Grand Est a notamment habilité la SEBL Grand Est à prononcer la résiliation de ce marché de maîtrise d'œuvre. S'il ressort des stipulations de cet article 3 que cette mesure ne peut être prise par le mandataire qu'à la demande du maître d'ouvrage, elles ne subordonnent pas, en outre, l'exercice de l'habilitation à une autorisation de l'organe délibérant de la région ou de son président. Par suite, et dès lors qu'il n'est pas contesté que la mesure de résiliation a été prise à la demande de la région, ce qu'au demeurant les pièces du dossier permettent de vérifier, le moyen tiré de ce que sa signature est entachée d'incompétence manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la mesure de résiliation :
4. Il résulte de l'instruction que la mesure de résiliation contestée a été prise aux motifs, premièrement, que les maîtres d'œuvre, en dépit d'ordres de service nos 11 et 12 des 12 et 21 juillet 2023, et d'une mise en demeure du 9 août 2023, n'ont pas complété les dossiers d'études de projet (PRO) des lycées Jean Macé, Saint-Exupéry, Gustave Eiffel, Hélène Boucher et la Briquerie (sites de Malgrange et Thionville), qu'ils avaient préalablement transmis de manière incomplète le 9 juin 2023, deuxièmement, qu'ils ont répondu de manière tardive et excessivement succincte, le 17 juillet 2023, à une demande de vérification de la conformité de plans par rapport au cahier des charges, troisièmement, qu'ils ne se sont pas rendus à une convocation dans les locaux de la SEBL le 28 août 2023, et quatrièmement, qu'ils n'ont pas donné suite à l'ordre de service n° 15 du 21 août 2023 leur demandant de procéder, dans le cadre de leur mission d'assistance pour la passation des marchés de travaux (ACT), à l'analyse des offres reçues pour les marchés de travaux des lycées Jean Macé, Saint-Exupéry, Gustave Eiffel.
5. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 2 du cahier des clauses techniques particulières du marché de maîtrise d'œuvre : " Pour les missions DIAG, APS, APD, les études seront menées d'un seul tenant sur l'intégralité des 16 sites. En revanche, pour les missions suivantes, elles pourront être menées par regroupements de plusieurs sites formant une unité homogène ". Contrairement à ce que fait valoir la requérante, ces stipulations ne faisaient, par elles-mêmes, pas obstacle à ce que, pour six des seize sites concernés, la SEBL Grand Est par ordre de service n° 9 du 12 mai 2023, demande aux maîtres d'œuvre de valider leurs études d'avant-projet définitif (APD) et de démarrer leur mission PRO-DCE (études de projet et documents de consultation des entreprises), qu'ils devaient réaliser dans un délai de quatre semaines.
6. En deuxième lieu, la requérante soutient qu'il manquait aux maîtres d'œuvre, pour achever la mission APD et réaliser complètement la mission PRO, des sondages géotechniques et des analyses structurelles complémentaires, que le maître d'ouvrage ne leur avait pas fournis en dépit de plusieurs relances. Cela expliquerait, selon elle, la remise, le 9 juin 2023, de dossiers PRO " provisoires ", dont elle ne conteste pas le caractère incomplet. Toutefois, il résulte de l'instruction que des études géotechniques avaient été transmises aux maîtres d'œuvre le 9 décembre 2022 en ce qui concerne le lycée Hélène Boucher, le 13 décembre 2022 en ce qui concerne les lycées Gustave Eiffel et Jean Macé et le 23 mars 2023 en ce qui concerne le lycée Saint-Exupéry, et des études structurelles, le 7 novembre 2022 en ce qui concerne le lycée Gustave Eiffel et le 29 novembre 2022 en ce qui concerne le lycée Hélène Boucher. La requérante, qui ne conteste pas que les maîtres d'œuvre ont reçu ces éléments, n'indique pas en quoi ils auraient été insuffisants ou incomplets. Au demeurant, les maîtres d'œuvre n'ont formulé aucune réserve à ce sujet à la suite de la notification de l'ordre de service n° 9. Il ne résulte ainsi pas de l'instruction que les maîtres d'œuvre étaient dans l'incapacité, du fait de la maîtrise d'ouvrage, de remettre des dossiers PRO complets dès le 9 juin 2023, à plus forte raison à la suite des relances et de la mise en demeure qui leur ont été adressées à cette fin.
7. En troisième lieu, si la requérante fait valoir que le maître d'ouvrage a demandé aux maîtres d'œuvre de reprendre les études APD de deux lycées dont la conception avait déjà fait l'objet d'une validation écrite de sa part, elle ne précise pas, dans ses écritures, quels sont les lycées concernés, ce qui ne met pas le tribunal à même d'apprécier le bien-fondé de son moyen.
8. Par conséquent, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les insuffisances et retards reprochés aux maîtres d'œuvre ne leur sont pas imputables.
9. Dès lors que le bien-fondé de la mesure de résiliation en litige n'est pas autrement discuté par la requérante, il résulte de tout ce qui précède que ses conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la région Grand Est, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société AR Architectes la somme de 2 000 euros à verser à la SEBL Grand Est en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société AR Architectes est rejetée.
Article 2 : La société AR Architectes versera à la SEBL Grand Est la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la SEBL Grand Est est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société AR Architectes, la SEBL Grand Est et la région Grand Est.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le président-rapporteur,
P. Rees
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
D. Merri Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au Préfet de la Moselle ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026