vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2401320 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MANLA AHMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2024, M. A B, représenté par Me Manla A, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Manla A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de lui verser directement cette somme.
M. B soutient que :
* sur la condition d'urgence :
- elle est satisfaite dès lors que le refus de lui délivrer un récépissé le place dans une situation précaire et porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir et à ses droits à l'éducation et au travail ;
- le refus de délivrance d'un récépissé a conduit l'institut de formation en santé du centre hospitalier régional de Metz-Thionville et du centre hospitalier de Briey à mettre fin à sa formation à compter du 14 février 2024 ;
- son exclusion de la formation l'empêche d'effectuer un stage rémunéré du 5 février au 8 mars 2024 et l'expose au risque de ne pas pouvoir valider sa formation ;
* sur l'exigence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- il doit bénéficier d'un récépissé de demande de titre de séjour en application des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'absence de délivrance de ce récépissé porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir, à son droit au respect de sa vie privée et familiale, aux droits garantis par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. M. B, réfugié-apatride né en 2004, est entré en France en 2014, à l'âge de 10 ans. Devenu majeur le 16 juin 2022, il justifie avoir présenté une demande de premier titre de séjour le 17 août 2023 auprès de la préfecture de la Moselle. Il a été informé, le 17 octobre 2023, d'un refus d'instruction, et invité à " déposer une demande de titre de séjour correspondant à sa situation ". Parallèlement, M. B a été admis à l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Metz à la rentrée 2023/2024. Par courriels des 31 août 2023, 7 septembre 2023, 22 décembre 2023 et 24 janvier 2024, l'IFSI de Metz a demandé à M. B de produire le titre l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Lors d'un entretien en date du 9 février 2024, l'IFSI a informé M. B qu'à défaut de produire une autorisation de séjour, il serait exclu de la formation. Par courrier du 14 février 2024, l'IFSI a décidé de mettre fin à la formation du requérant à compter du même jour, eu égard au caractère non conforme de sa situation administrative.
5. Pour demander au juge des référés d'ordonner au préfet de la Moselle de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour, et justifier de l'urgence qui s'attache à sa situation, M. B se prévaut de la décision du 14 février 2024 mettant fin à sa formation, et indique qu'il se trouve, du fait du refus de délivrance d'un récépissé, dans une situation de précarité administrative qui le prive de sa liberté d'aller et venir et porte atteinte aux droits garantis par les stipulations des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qu'il est dans l'impossibilité de poursuivre sa formation. Cependant le requérant, qui ne justifie pas des appels et visites à la préfecture de la Moselle dont il se prévaut, n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait sollicité un récépissé de demande de titre de séjour entre le premier refus d'instruction de sa demande de titre de séjour opposé le 17 octobre 2023 et le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour effectuée, selon les pièces du dossier, le 21 février 2024, soit postérieurement à la décision de l'IFSI de Metz de mettre fin à sa formation. Il ressort ainsi des pièces du dossier que la situation d'urgence administrative dont se prévaut M. B est imputable à son absence de diligence en vue d'obtenir le récépissé qu'il sollicite devant le juge des référés. Il ressort en outre des pièces du dossier que le requérant est invité à se présenter à la préfecture de la Moselle le 7 mars 2024 à 15h30 aux fins de finaliser sa demande de titre de séjour. Rien ne s'oppose, à ce qu'il obtienne, à cette occasion, le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces circonstances, M. B ne justifie pas qu'il se trouverait dans une situation d'urgence nécessitant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence n'étant pas satisfaite, les conclusions aux fins présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521- 2 du code de justice administrative doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également les conclusions du requérant tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Manla A. Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Fait à Strasbourg, le 23 février 2024.
La juge des référés,
C. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Slovencik
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026