mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2402103 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TORDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2024, Mme A C, représentée par Me Tordo, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de naturalisation dans le délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence tient à ce que le préfet tarde excessivement à donner suite à sa sollicitation, ce qui la prive de l'exercice de ses droits ;
- la mesure est utile et ne heurte aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer, subsidiairement au rejet de la requête.
Elle soutient que la demande de naturalisation de Mme C a été enregistrée et que l'urgence n'est en tout état de cause pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 avril 2024 tenue en présence de Mme Van Der Beek, greffière d'audience, M. B a lu son rapport.
Les parties, régulièrement convoquées, n'était ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Mme C conclut à titre principal à ce que le juge des référés ordonne à la préfète du Bas-Rhin de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande naturalisation.
3. Il résulte de l'instruction, et d'ailleurs des pièces produites par la requérante elle-même, que sa demande de naturalisation a été enregistrée par voie électronique le 25 mai 2023 et qu'à la suite d'une sollicitation de l'administration, l'intéressée a même complété sa demande des pièces qui lui étaient demandées. Les conclusions présentées à fins de dépôt de cette demande sont donc sans objet et doivent dès lors être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de Mme C dirigées contre l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
Sur l'amende :
5. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ".
6. En l'espèce, Mme C, qui est assistée d'un conseil, ne pouvait ignorer que sa requête, qui tendait à ce que soit prise une mesure dont elle bénéficiait déjà et qui de plus était fondée sur des moyens procédant de la copie d'un argumentaire relatif à une question juridique sans rapport avec l'objet affiché de la requête, assortie au surplus quant au pièces, sur plus de 250 pages, de la copie d'un contrat de vente immobilière, de la réservation de cette vente auprès de la société Bouygues Immobilier (détaillée jusqu'aux plans de l'immeuble et à la nature des procédés de construction), à l'attestation d'assurance du constructeur et à l'arrêté préfectoral (et ses annexes) fixant le plan de prévention des risques miniers, naturels et technologiques applicable au secteur, considérations en tout cas insusceptibles en l'espèce de justifier l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était à l'évidence vouée à l'échec et en outre marquée d'une légèreté outrageante pour le tribunal. Il y a lieu dès lors de mettre une amende d'un montant de 500 euros à la charge de la requérante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C est condamnée à payer une amende de 500 (cinq cents) euros.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à Me Tordo et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin et au directeur régional des finances publiques de la région Grand-Est et du département du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 14 mai 2024.
Le juge des référés,
X. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026