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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2403373

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2403373

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2403373
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mai 2024, la commune de Haguenau et la communauté d'agglomération de Haguenau demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sous huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de M. A C qui occupe sans droit ni titre un logement au 1, rue des Roses à Haguenau (67500).

2°) de mettre à la charge de M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Les requérantes soutiennent que :

- l'intéressé se maintient dans un logement lié à son service alors qu'il a été licencié et que la convention d'occupation a été résiliée ;

- l'urgence tient à la nécessité de disposer du logement et au comportement de M. C.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, M. C, représenté par

Me Diaby, avocat, conclut :

1°) au rejet de la requête, subsidiairement à ce que lui soit accordé un délai d'évacuation ;

2°) à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge solidaire de la commune de Haguenau et la communauté d'agglomération de Haguenau au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Il soutient que :

- l'urgence n'est pas établie en l'absence de certitude quant aux faits qui lui sont reprochés et que la nécessité d'utiliser le logement pour le service n'est pas démontrée ;

- il devait bénéficier d'un préavis ;

- il doit quitter le logement à la fin du mois de juillet ;

- il conteste son licenciement ;

- l'arrêté d'occupation n'a pas été notifié régulièrement ;

- l'utilité de la mesure n'est pas établie ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 tenue en présence de

Mme Van Der Beek, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Arab, avocate de la commune de Haguenau et de la communauté d'agglomération de Haguenau, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Diaby, avocat de M. C, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public ou des dépendances nécessaires à l'exercice d'une mission de service public.

2. Il résulte de l'instruction que M. C, recruté par la communauté d'agglomération de Haguenau en qualité de gestionnaire de plusieurs aires d'accueil des gens du voyage par un contrat conclu le 3 novembre 2021, a, à ce titre, bénéficié d'un logement dans le cadre d'une convention d'occupation précaire sous astreinte, conclue le 8 juillet 2022, avec la commune de Haguenau. Par une décision du 13 mars 2024, le président de la communauté d'agglomération de Haguenau a prononcé le licenciement sans préavis de M. C. Par un arrêté du 14 mars de la même année, il a mis fin à la convention d'occupation précaire.

3. S'il n'est pas contestable que le licenciement de M. C doit conduire celui-ci à libérer le logement qui lui avait été attribué pour motif de service, il ne résulte pas cependant de l'instruction que la libération dudit logement à très brève échéance soit indispensable à l'exercice du service public, dès lors en particulier que la commune et la communauté d'agglomération de Haguenau n'établissent ni que la présence sur les lieux de M. C constitue une menace effective pour la tranquillité des voisins, ni qu'elles ne sont pas en mesure d'offrir un autre logement à la personne qui prendra la suite de M. C dans le service, alors d'ailleurs que ce logement n'est pas attenant aux lieux d'exercice de la mission.

4. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence prévue par les dispositions

sus-citées du code de justice administrative n'est pas satisfaite et que la requête doit être rejetée.

Sur les conclusions à fins d'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative :

5. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de M. C les frais qu'il a exposés, non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Haguenau et de la communauté d'agglomération de Haguenau est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de M. C tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Haguenau et la communauté d'agglomération de Haguenau et à M. C.

Fait à Strasbourg, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

X. B

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. Van Der Beek

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