jeudi 12 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2403954 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | CHAVKHALOV |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête n°2403954 et des mémoires, enregistrés le 12 avril et le 12 juillet 2024 et le 9 mai 2025, Mme C, représentée par Me Chavkhalov, demande au tribunal :
- D'annuler la décision implicite par laquelle la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a confirmé la mise à sa charge une dette de 2 618,73 euros résultant d'un indu de prime d'activité ;
- De la décharger de cette dette ;
- D'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin de rembourser les sommes retenues au titre de cette dette ;
- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin une somme de 1 500 euros HT à verser à son avocat au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que la décision est insuffisamment motivée ; que la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2025, la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
II - Par une requête n°2405048 et des mémoires, enregistrés le 12 juillet, le 8 novembre et le 17 décembre 2024 et le 17 février 2025, Mme C, représentée par Me Chavkhalov, demande au tribunal :
- D'annuler la décision née le 10 mars 2024 du silence gardé par l'administration par laquelle la Collectivité européenne d'alsace a confirmé la mise à sa charge la somme de 6 673,26 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active ;
- De la décharger de cette dette ;
- D'enjoindre à la Collectivité européenne d'Alsace de rembourser les sommes déjà retenus au titre de cette dette ;
- De mettre à la charge de la Collectivité européenne d'Alsace une somme de 1 500 euros HT à verser à son avocat au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que la décision est insuffisamment motivée ; que la Collectivité européenne d'alsace a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2024, le 13 décembre 2024, le 22 janvier 2025 et le 27 février 2025, la Collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
III - Par une requête n°2407852 et un mémoire, enregistrés le 16 octobre 2024 et le 9 mai 2025, Mme C, représentée par Me Chavkhalov, doit être regardée comme demandant au tribunal :
- D'annuler la décision du 1er octobre 2024 par laquelle la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a confirmé la mise à sa charge une dette de 2 618,73 euros résultant d'un indu de prime d'activité ;
- De la décharger de cette dette ;
- D'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin de rembourser les sommes retenues au titre de cette dette ;
- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin une somme de 1 500 euros HT à verser à son avocat au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que la décision est insuffisamment motivée ; que la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a commis une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2025, la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Simon et les observations de Mme A représentant la Collectivité européenne d'Alsace.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2403954, n°2405048 et n°2407852 sont relatives à la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de statuer par un seul jugement.
2. La Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a confirmé par la décision du 1er octobre 2024 prise sur recours administratif préalable qui s'est substituée à la décision implicite la mise à la charge de Mme C d'une dette de 2 618,73 euros résultant d'un trop-perçu de prime d'activité pour la période de mai 2022 à octobre 2023. Mme C conteste le bien fondée de cette décision et doit être regardée comme demandant son annulation.
3. Par ailleurs la Collectivité européenne d'Alsace a confirmé par une décision née le 10 mars 2024 du silence gardé par l'administration à laquelle s'est substituée la décision explicite du 23 août 2024 une dette de 6 673,26 euros correspondant à indu de revenu de solidarité active pour la période de mai 2021 à octobre 2023. La requérante conteste le bienfondé de cette dette et doit être regardée comme demandant l'annulation de cette dernière décision explicite.
Sur le bienfondé de l'indu de revenu de solidarité active :
4. La décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est ainsi suffisamment motivée.
5. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article R. 262-6 du même code précise également que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". De plus, en vertu de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
7. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C par la Collectivité européenne d'Alsace et dont l'intéressée sollicite l'annulation, provient de ce que celle-ci n'a pas déclaré l'intégralité des ressources qu'elle a perçu au cours de la période litigieuse. En effet selon le rapport établi le 28 octobre 2023 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, la requérante n'a pas déclaré les revenus de son fils. Si Mme C fait valoir que son fils M. D dispose de son propre foyer fiscal, il est constant qu'il habite dans le même logement que sa mère et que le revenu de solidarité active a été accordé à la requérante en qualité de parent isolé avec un enfant à charge. Mme C n'a jamais modifié la situation de son foyer auprès de la caisse d'allocations familiales. Ainsi, alors même que le fils de la requérante effectue sa déclaration fiscale à son propre nom et qu'il dispose de revenus personnels, en habitant chez sa mère, il constitue avec elle un foyer au sens des dispositions rappelées au point n°5. En conséquence, c'est à bon droit et sans commettre d'erreur d'appréciation que la caisse d'allocations familiales a pris en compte les ressources de son fils pour le calcul du revenu de solidarité active. Par suite, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 août 2024 par laquelle la Collectivité européenne d'Alsace a confirmé la décision de la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Sur le bienfondé de l'indu de prime d'activité :
8. La décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est ainsi suffisamment motivée.
9. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité (). ".
10. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
11. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité dont le remboursement est réclamé à Mme C provient des même faits que ceux évoqués au point n°7. En conséquence, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er octobre 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin a confirmé la mise à sa charge de l'indu de prime d'activité.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n°2403954, n°2405048 et n°2407852 de Mme C ne peuvent qu'être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes n°2403954, n°2405048 et n°2407852 de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la Collectivité européenne d'Alsace et à la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2025.
Le magistrat désigné,
H. SIMON
La greffière,
S. AMIRACH
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin et au Ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2-2405048-240785
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026