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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2405365

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2405365

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2405365
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSNOECKX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. B F D, représenté par Me Snoeckx, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la Collectivité européenne d'Alsace et, à défaut, au préfet du Haut-Rhin et, à titre subsidiaire, à la commune de Mulhouse, de lui offrir le bénéfice d'une mise à l'abri stable et durable, dans un lieu adapté, compte tenu de sa minorité et de son état de santé, dans un délai de 24h à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la Collectivité européenne d'Alsace, à défaut, de l'Etat et, à titre subsidiaire, de la commune de Mulhouse, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, dès lors que, âgé de 16 ans, il est arrivé seul en France ; si le service de l'aide sociale à l'enfance a écarté la présomption de minorité, le juge des enfants du tribunal judiciaire de Mulhouse, saisi d'un recours, a fixé une audience en septembre 2024 seulement ; environ 60% des jeunes sont reconnus mineurs à la suite d'un recours devant le juge des enfants ; il se trouve depuis mars 2024 dans une situation de dénuement extrême, en alternant périodes courtes de prise en charge en dispositif hôtelier et périodes de remise à la rue ; il ne dispose d'aucune ressource ; l'association ACCES a constaté une dégradation de son état de santé ;

- il est porté une atteinte manifeste à son droit à l'hébergement d'urgence, à l'intérêt supérieur de l'enfant ainsi qu'à son droit à ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, la Collectivité européenne d'Alsace (CEA) conclut au rejet de la requête.

La CEA fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, le requérant s'abstenant de justifier les raisons pour lesquelles il s'est abstenu de toute démarche lui permettant de prétendre à un hébergement d'urgence et de produire toute pièce justifiant ses démarches pour obtenir un hébergement ou une mise à l'abri ;

- il n'est pas porté, en l'espèce, d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors que la période d'évaluation n'a donné lieu à aucune mesure de protection provisoire, que l'intéressé a saisi le tribunal judiciaire de Mulhouse, l'audience ayant lieu le 3 septembre 2024 ; au surplus, l'intéressé a indiqué lors de l'évaluation n'être en possession d'aucun document d'identité et qu'il n'avait jamais fait de demande de passeport lorsqu'il vivait chez ses parents ; dans sa requête, il affirme finalement avoir fourni les originaux de ses documents d'état civil, qui ont été envoyés pour expertise à la police aux frontières.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, la commune de Mulhouse conclut au rejet de la requête.

La commune fait valoir qu'elle n'est pas en charge de l'action sociale, cette compétence étant exercée par le centre communal d'action sociale (CCAS), établissement public administratif qui dispose de la personnalité morale.

Par un nouveau mémoire enregistré le 26 juillet 2024, M. F D, représenté par Me Snoeckx, demande de substituer, dans ses conclusions, le centre communal d'action social de Mulhouse à la commune de Mulhouse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouzar, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 juillet 2024 tenue en présence de Mme Rivalan, greffière d'audience :

- le rapport de M. Mohammed Bouzar, juge des référés,

- les observations de Me Snoeckx, avocate de M. F D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. E et Mme C, pour la CEA, ainsi que celles de Mme A pour la commune de Mulhouse.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F D, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né en 2007, s'est présenté le 11 mars 2024 au service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA) afin de solliciter sa prise en charge en qualité de mineur non accompagné. Le même jour, la CEA, après avoir procédé à l'évaluation de sa situation, a refusé la prise en charge sollicitée au motif que sa minorité n'était pas caractérisée. M. F D a saisi le juge des enfants du tribunal judiciaire de Mulhouse. Il a été convoqué à une audience le 3 septembre 2024. Dans l'attente de la décision du juge des enfants, M. F D demande par la présente requête au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la CEA, à défaut, au préfet du Haut-Rhin et, à titre subsidiaire, au centre communal d'action sociale de Mulhouse, de lui offrir le bénéfice d'une mise à l'abri stable et durable, dans un lieu adapté, compte tenu de sa minorité et de son état de santé.

Sur la demande d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. F D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus de la requête :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

En ce qui concerne les dispositions applicables :

5. L'article 375 du code civil dispose que : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public () ". Aux termes de l'article 375-3 du même code : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 375-5 de ce code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. () ".

6. L'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". L'article L. 222-5 du même code dispose que : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil () ". L'article L. 223-2 de ce code dispose que : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / () / Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil ".

7. Enfin, aux termes de l'article L. 221-2-4 du code de l'action sociale et des familles : " I. - Le président du conseil départemental du lieu où se trouve une personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille met en place un accueil provisoire d'urgence. / II. - En vue d'évaluer la situation de la personne mentionnée au I et après lui avoir permis de bénéficier d'un temps de répit, le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires au regard notamment des déclarations de cette personne sur son identité, son âge, sa famille d'origine, sa nationalité et son état d'isolement. / L'évaluation est réalisée par les services du département. Dans le cas où le président du conseil départemental délègue la mission d'évaluation à un organisme public ou à une association, les services du département assurent un contrôle régulier des conditions d'évaluation par la structure délégataire. / () / Il statue sur la minorité et la situation d'isolement de la personne, en s'appuyant sur les entretiens réalisés avec celle-ci, sur les informations transmises par le représentant de l'Etat dans le département ainsi que sur tout autre élément susceptible de l'éclairer. / () / V. - Les modalités d'application du présent article, notamment des dispositions relatives à la durée de l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I et au versement de la contribution mentionnée au IV, sont fixées par décret en Conseil d'Etat ". L'article R. 221-11 du même code dispose que : " I.- La durée de l'accueil provisoire d'urgence prévu au I de l'article L. 221-2-4 est de cinq jours à compter du premier jour de la prise en charge de la personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille. () / II. -L'évaluation de la minorité et de l'isolement prévue au II de l'article L. 221-2-4 est réalisée pendant la période d'accueil provisoire d'urgence et après que la personne accueillie a bénéficié d'un temps de répit. / () / VI. - Au terme du délai mentionné au I ou avant l'expiration de ce délai si l'évaluation a été conduite avant son terme, le président du conseil départemental rend la décision prévue par le septième alinéa du II de l'article L. 221-2-4 et, le cas échéant, saisit le procureur de la République en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 223-2 aux fins d'application du deuxième alinéa de l'article 375-5 du code civil. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I se prolonge jusqu'à la décision de l'autorité judiciaire. / Si le président du conseil départemental estime que la situation de la personne accueillie ne justifie pas la saisine de l'autorité judiciaire, il notifie à cette personne une décision de refus de prise en charge délivrée dans les conditions de l'article R. 223-2 du code de l'action sociale et des familles. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence prend fin ".

8. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux autorités du département, le cas échéant dans les conditions prévues par la décision du juge des enfants ou par le procureur de la République ayant ordonné en urgence une mesure de placement provisoire, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. A cet égard, une obligation particulière pèse sur ces autorités lorsqu'un mineur privé de la protection de sa famille est sans abri et que sa santé, sa sécurité ou sa moralité est en danger. Lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

9. Il en résulte également que, lorsqu'il est saisi par un mineur d'une demande d'admission à l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental peut seulement, au-delà de la période provisoire de cinq jours prévue par l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, décider de saisir l'autorité judiciaire mais ne peut, en aucun cas, décider d'admettre le mineur à l'aide sociale à l'enfance sans que l'autorité judiciaire l'ait ordonné. L'article 375 du code civil autorise le mineur à solliciter lui-même le juge judiciaire pour que soient prononcées, le cas échéant, les mesures d'assistance éducative que sa situation nécessite. Lorsque le département refuse de saisir l'autorité judiciaire à l'issue de l'évaluation mentionnée ci-dessus, au motif que l'intéressé n'aurait pas la qualité de mineur isolé, l'existence d'une voie de recours devant le juge des enfants par laquelle le mineur peut obtenir son admission à l'aide sociale rend irrecevable le recours formé devant le juge administratif contre la décision du département.

10. Il appartient toutefois au juge du référé, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu'il lui apparaît que l'appréciation portée par le département sur l'absence de qualité de mineur isolé de l'intéressé est manifestement erronée et que ce dernier est confronté à un risque immédiat de mise en danger de sa santé ou de sa sécurité, d'enjoindre au département de poursuivre son accueil provisoire.

11. Par ailleurs, il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'un refus de prise en charge par l'Etat, d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

12. Enfin, selon l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

13. Il résulte de l'instruction que M. F D a fait l'objet le 11 mars 2024 d'une évaluation de sa situation et de son âge dans le cadre du dispositif d'accueil des mineurs non accompagnés de la CEA. L'avis motivé du travailleur social du service de l'ASE a relevé que le requérant s'est montré à l'aise durant l'évaluation, qu'il s'est exprimé librement, sans être impressionné par l'exercice d'évaluation auquel il était soumis, démontrant par ailleurs des qualités oratoires et des connaissances approfondies du système socio-politique congolais local, aspect jugé peu compatible avec l'âge de 16 ans qu'il revendiquait. Par ailleurs, le motif de son départ est apparu invraisemblable, l'intéressé ayant notamment déclaré ne pas savoir qu'il quittait le Congo pour Paris. Par ailleurs, bien que parti en avion, le requérant n'a produit aucun document d'état civil ou de voyage et a ainsi conforté l'idée d'une volonté non assumée de dissimuler des informations pouvant compromettre sa prise en charge en qualité de mineur non accompagné. Enfin, au regard l'ensemble de ces éléments et compte tenu de l'aspect physique du requérant et de son positionnement s'apparentant à celui d'un échange d'adulte à adulte, sa minorité n'a pas semblé manifeste.

14. En premier lieu, si M. F D produit pour la première fois devant le juge des référés ce qu'il présente comme un jugement supplétif daté du 1er décembre 2023 et un acte de naissance délivré sur la base de ce jugement, daté du 13 avril 2024, il résulte des dispositions précitées de l'article 47 du code civil que la force probante d'actes d'état-civil étrangers peut être combattue par tout moyen, notamment au vu de données extérieures, le juge formant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. A cet égard, l'intéressé, qui n'a produit aucun document officiel pourvu d'élément d'identification permettant de le relier à sa personne, n'apporte pas d'éléments permettant de contester et de remettre en cause la pertinence de l'évaluation menée par le service de l'ASE de la CEA. Enfin, il est constant que le juge des enfants ne s'est pas encore prononcé sur sa demande. Dans ces conditions, l'appréciation portée par la CEA sur l'absence de qualité de mineur isolé de M. F D n'apparaît pas, en l'état de l'instruction et dans le cadre de l'office particulier défini au point 11, manifestement erronée et ne révèle, à la date de la présente ordonnance, au vu de la situation de l'intéressé, pas d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

15. En second lieu, si M. F D soutient, à l'appui d'une attestation de suivi établie le 18 juillet 2024 par l'association ACCES, qu'il subit depuis son arrivée en France, du fait de son alternance entre mise à l'abri et vie dans la rue, une dégradation de son état de santé, il reconnaît lui-même avoir bénéficié ponctuellement et à plusieurs reprises des services d'hébergement d'urgence. En l'absence d'autres éléments apportés par le requérant, il ne résulte de l'instruction aucune carence caractérisée des services de l'Etat dans la mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence. Enfin, le requérant n'apporte en tout état de cause aucun élément révélant une carence caractérisée du centre communal d'action sociale de Mulhouse.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les conclusions à fin d'injonction présentées par M. F D doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. F D est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Le surplus de la requête de M. F D est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B F D, à Me Snoeckx, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à la Collectivité européenne d'Alsace, à la commune de Mulhouse et au centre communal d'action sociale de Mulhouse. Copie en sera adressée au préfet du Haut-Rhin.

Fait à Strasbourg, le 29 juillet 2024.

Le juge des référés,

M. Bouzar

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

L. Rivalan

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