lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405489 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CHEYSSON MARCHADIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, Metz Métropole, représentée par
la Selarl Cheysson Marchadier et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la SAS Van Hool France de lui communiquer les conclusions complètes de l'expertise réalisée sur le véhicule (BHNS) mis à sa disposition afin de déterminer les causes des fissures constatées sur les châssis de certains véhicules acquis par Metz Métropole dans le cadre du marché n° 942, de lui communiquer une solution de réparation des fissures constatées sur ces châssis, et un mode opératoire correspondant, et ce conformément à la garantie prévue par l'article 10.3.1 du Cahier des clauses fonctionnelles particulières du marché n° 942, et de lui restituer le véhicule mis à disposition et ayant été expertisé sur le site de Van Hool Belgique à Lier, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la date de notification de la présente ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de la société Van Hool la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- quatre bus à haut niveau de service de son cocontractant, la société Van Hool, présentent une rupture du châssis en toiture, nécessitant le retrait de ces quatre véhicules du service ;
- selon l'article 10.3.1 du cahier des clauses fonctionnelles particulières, la société
Van Hool se doit, en cas de pareille avarie de structure, d'établir une solution de réparation et de fournir le mode opératoire correspondant ;
- le 11 avril 2024, le Président de Metz Métropole a mis en demeure la société Van Hool de lui fournir ces éléments ainsi que les résultats de l'expertise réalisée sur le véhicule mis à sa disposition afin de déterminer les causes des fissures constatées sur les châssis ; cette demande est restée sans réponse ;
- la mesure réclamée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- elle ne dispose d'aucun moyen de contrainte à l'égard de la société Van Hool ;
- la mesure réclamée est nécessaire à la continuité et au bon fonctionnement de du service public des transports urbains et est justifiée par l'urgence, l'absence de diagnostic précis et de solution de réparation la plonge dans une grande incertitude quant à sa capacité à court terme à assurer le bon fonctionnement de plusieurs lignes de bus ;
- la mesure réclamée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors notamment que Metz Metropole entend simplement que Van Hool se conforme à ses obligations contractuelles.
La requête a été communiquée à la SAS Van Hool, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lusset en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 août 2024, tenue en présence de Mme Van Der Beek, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lusset, magistrat désigné ;
- les observations de Me Simonnet pour Metz Metropole, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et indique notamment que la société Van Hool France est en grande difficultés financières, la maison mère, Van Hool Belgique, ayant été déclarée en faillite le 8 avril 2024, rendant d'autant plus urgent une décision du juge des référés.
La société Van Hool France n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Metz Metropole a conclu en 2011 un marché public (n° 942) avec la société
Van Hool France, ayant pour objet l'acquisition d'une flotte de bus à haut niveau de service.
En août 2023, l'un de ces bus a présenté une rupture du châssis en toiture, nécessitant son immobilisation. Trois autres bus de la flotte ont connu par la suite le même désordre, faisant obstacle à leur exploitation. En janvier 2024, la société Van Hool a sollicité la mise à disposition d'un véhicule en usine afin d'identifier l'origine des fissures observées sur les véhicules en cause et d'établir une procédure de réparation, conformément à ses obligations contractuelles.
En l'absence de restitution formelle de l'expertise réalisée, le Président de Metz Métropole a mis en demeure le 11 avril 2024 la société Van Hool de lui fournir ces éléments et de lui communiquer une solution de réparation des fissures constatées sur ces châssis ainsi qu'un mode opératoire correspondant, et ce conformément à la garantie prévue par l'article 10.3.1 du cahier des clauses fonctionnelles particulières du marché n° 942. Il n'a pas été répondu à ces demandes.
Metz Métropole demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la société Van Hool France de lui communiquer ces éléments.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. S'il n'appartient pas au juge administratif d'intervenir dans l'exécution d'un marché public en adressant des injonctions à ceux qui ont contracté avec l'administration, lorsque celle-ci dispose à l'égard de ces derniers des pouvoirs nécessaires pour assurer l'exécution du contrat, il en va autrement quand l'administration ne peut user de moyens de contrainte à l'encontre de son cocontractant qu'en vertu d'une décision juridictionnelle. En pareille hypothèse, le juge du contrat est en droit de prononcer, à l'encontre du cocontractant, une condamnation, éventuellement sous astreinte, à une obligation de faire. En cas d'urgence, le juge des référés peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ordonner au cocontractant, éventuellement sous astreinte, de prendre à titre provisoire toute mesure nécessaire pour assurer la continuité du service public ou son bon fonctionnement, à condition que cette mesure soit utile, justifiée par l'urgence, ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. La demande de communication présentée par Metz Métropole revêt un caractère utile dès lors que les éléments demandés sont nécessaires à l'exploitation des bus acquis auprès de la société Van Hool afin d'assurer le service public des transports. En outre, il ne résulte pas de l'instruction, et n'est pas contesté, que la mesure demandée fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative et pourrait être obtenue par un autre moyen de contrainte.
5. Cette demande revêt également un caractère urgent eu égard à la nécessité de mettre rapidement en sécurité la flotte de bus acquise auprès de la société Van Hool et d'assurer le bon fonctionnement du service public de transports urbains, et notamment l'exploitation des lignes MA et MB de la métropole.
6. L'article 10.3.1 du cahier des clauses fonctionnelles particulières prévoit que : " Au-delà de 10 ans et dans la limite de 20 ans, en cas d'avarie de structure, le Titulaire établira une solution de réparation et en fournira le mode opératoire correspondant (). ". Dès lors que la société Van Hool s'est ainsi contractuellement engagée à communiquer une solution de réparation des avaries de structure ainsi qu'un mode opératoire correspondant, et en l'absence d'éléments produits en défense, aucune contestation sérieuse ne s'attache à la mesure sollicitée.
Il en va de même des demandes tendant à ce que la société Van Hool transmette les résultats formels de l'expertise conduite dans son usine belge sur le véhicule mis à sa disposition par Metz Métropole et restitue le véhicule mis à sa disposition pour ce faire.
7. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la société Van Hool France de communiquer à Metz Métropole les conclusions complètes de l'expertise réalisée sur le véhicule (BHNS) mis à sa disposition afin de déterminer les causes des fissures constatées sur les châssis des véhicules acquis par Metz Métropole dans le cadre du marché n° 942, de lui communiquer une solution de réparation des fissures constatées sur ces châssis, et un mode opératoire correspondant, et ce conformément à la garantie prévue par l'article 10.3.1 du Cahier des clauses fonctionnelles particulières du marché n° 942, et de lui restituer le véhicule mis à disposition et ayant été expertisé sur le site de Van Hool Belgique à Lier, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer à l'encontre de la société Van Hool France, à défaut pour elle de justifier de l'exécution de la présente ordonnance, une astreinte de 150 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et jusqu'à la date à laquelle cette ordonnance aura reçu exécution.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société
Van Hool France la somme de 1 500 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la société Van Hool France de communiquer à Metz Métropole les conclusions complètes de l'expertise réalisée sur le véhicule mis à sa disposition afin de déterminer les causes des fissures constatées sur les châssis des véhicules acquis par Metz Métropole dans le cadre du marché n° 942, de lui communiquer une solution de réparation des fissures constatées sur ces châssis et un mode opératoire correspondant, et de lui restituer le véhicule mis à disposition et ayant été expertisé sur le site de Van Hool Belgique à Lier, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous une astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai jusqu'à la date à laquelle l'ordonnance aura reçu exécution.
Article 2 : La société Van Hool France versera la somme de 1 500 euros à Metz Métropole au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Metz Métropole et à la société Van Hool France.
Fait à Strasbourg, le 12 août 2024.
Le juge des référés,
A. Lusset
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026