mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405681 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PETIT CLÉMENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. B A, représenté par Me Petit, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 10 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié un retrait de trois points sur son permis de conduire, a constaté la perte de validité de ce titre de conduite et lui a demandé de restituer ce dernier dans un délai de dix jours, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer, à titre provisoire, les neuf points retirés pour des infractions constatées entre le 3 septembre 2016 et le 9 juin 2021, dans un délai de deux semaines à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie compte tenu du risque de perte de son emploi, alors qu'il supporte des charges importantes ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, les retraits de points successifs étant entachés d'illégalité :
- les retraits de points correspondant à des infractions constatées les 3 septembre et 9 décembre 2016 ont été effectués sans qu'il ait eu connaissance des infractions reprochées ni des informations relatives à l'existence d'un traitement automatisé et d'un droit d'accès à ce dernier, en méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- il n'est pas l'auteur des infractions constatées les 28 mars et 9 juin 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- les conclusions dirigées à l'encontre de la décision portant retrait d'un point suite à l'infraction relevée le 9 juin 2021 sont irrecevables, ce point ayant été restitué à l'intéressé antérieurement à l'introduction de la requête ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er août 2024 sous le numéro 2405696 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Therre pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 16 août 2024, en présence de Mme Van Der Beek, greffière d'audience :
- le rapport de M. Therre, juge des référés ;
- les observations de Me Poinsignon, substituant Me Petit, avocat de M. A, qui a repris les moyens et conclusions de la requête en précisant que l'urgence est avérée, aucun mode de transports en commun n'étant accessible à moins de dix kilomètres de son domicile, le trajet entre celui-ci et la Cour de justice de l'Union européenne à Luxembourg où il exerce son activité d'agent de sécurité durant environ une heure et trente minutes, et les infraction reprochées étant d'un degré de gravité limité, qu'en outre il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations et de contester la réalité des infractions qui lui ont été reprochées en 2016, qu'enfin la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux deux infractions de 2021, commises par son épouse.
Le ministre de l'intérieur n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision en litige, M. A se prévaut de ce que la perte de validité de son permis de conduire et l'impossibilité de le repasser dans un délai de six mois font obstacle à l'exercice de sa profession d'agent de sécurité à Luxembourg, eu égard à la distance entre son domicile et la gare ferroviaire la plus proche, et à ses horaires de travail non compatibles avec ceux de circulation des trains, ce qui entraînerait un risque de perte de son emploi, alors que ce dernier est la source principale de revenus de sa famille et qu'il doit faire face à des charges financières. Toutefois, il ne démontre pas que son épouse, dont il est constant qu'elle est titulaire d'un permis de conduire, serait dans l'impossibilité de le véhiculer, à tout le moins jusqu'à la gare de Bouzonville ou à destination de tout autre point où il serait en mesure d'utiliser un mode de transport en commun ou de recourir à un transport par covoiturage. En outre, il ressort des plannings produits que l'intéressé ne commence pas quotidiennement son service à six heures le matin, seul horaire de nature à empêcher l'arrivée à Luxembourg par voie ferroviaire. De plus, il n'établit, ni même ne soutient que son employeur ne pourrait pas aménager son planning durant la période de privation de permis de conduire. Enfin, par de simples dénégations, il ne démontre pas être placé dans l'impossibilité matérielle ou financière d'utiliser, pendant cette période, une voiture sans permis, au moins pour une partie de son trajet entre son domicile et son lieu de travail. Aussi, il ne démontre pas, en l'état de l'instruction, la réalité du risque invoqué de perdre son emploi du fait de l'impossibilité de conduire son véhicule. Au demeurant, M. A admet pouvoir, le cas échéant, se voir délivrer un nouveau permis de conduire dans un délai de six mois à compter de l'exécution de la décision en litige. Par ailleurs, il ressort du relevé d'information intégrale du permis de conduire de l'intéressé qu'il a commis des infractions répétées, notamment depuis 2015. Il en ressort en outre qu'il a commis des infractions d'un degré de gravité certain, particulièrement la dernière, en date du 8 octobre 2023, dont il ne conteste pas la matérialité, tenant en un franchissement d'une ligne continue, entraînant à elle seule la perte de trois points. Dans ces conditions, la décision en litige répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Compte tenu de l'intérêt public lié à la préservation de la sécurité routière qui s'attache à cette décision, et de ce qui a été dit ci-dessus, l'urgence ne peut être regardée comme constituée.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A à fin de suspension doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Strasbourg, le 28 août 2024.
Le juge des référés,
A. Therre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026