mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2405683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 août 2024, M. B A, représenté par Me Thalinger, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros hors taxe, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence tient à la procédure de licenciement engagée par son employeur, et au risque d'édiction d'une mesure d'éloignement du territoire français alors qu'il est parent d'une enfant française dont il assure la garde la moitié de la semaine ;
- son dossier de demande de délivrance d'un certificat de résidence, déposé
le 10 avril 2024, est complet et il n'a pas été donné suite à cette démarche malgré des relances répétées ;
- il ne sera fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- la mesure sera utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que l'urgence n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Therre pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 16 août 2024, en présence de Mme Van Der Beek, greffière d'audience :
- le rapport de M. Therre, juge des référés ;
- les observations de Me Hentz, substituant Me Thalinger, avocat de M. A, qui a repris les moyens et conclusions de la requête en précisant qu'elle demande qu'il soit ordonné à la préfète du Bas-Rhin de le convoquer avant le 24 août 2024 et de lui délivrer dans le même délai un récépissé avec autorisation de travailler jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande, eu égard au caractère complet de son dossier ; elle a fait valoir en outre que le délai entre l'expiration de son précédent certificat de résidence et les démarches de demandes d'un nouveau titre sont liées à une situation complexe sur un plan de santé et de logement, ayant notamment été caractérisée par une hospitalisation sous contrainte dans un service de psychiatrie durant le confinement du printemps 2020 lors de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 et à la perte de son logement suite à cette hospitalisation, et à une méconnaissance des démarches à entamer, qu'il doit se voir délivrer un titre de séjour de plein droit, que son employeur a accepté une courte tolérance avant de procéder à un licenciement, dans l'attente d'un rendez-vous en préfecture ou de l'ordonnance à intervenir du Tribunal, et qu'il est actuellement placé en position de congé pour raisons de santé et perçoit des indemnités journalières à ce titre ;
- les observations de M. A, qui expose avoir priorisé la recherche d'un logement stable après son hospitalisation au printemps 2020, afin de pouvoir accueillir sa fille, et qu'il a ensuite souhaité entreprendre des démarches en vue de régulariser sa situation en matière de séjour en 2023.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. M. A, ressortissant algérien né le 9 juillet 1981, entré en France en novembre 1981 alors qu'il était âgé de quelques mois, est ensuite demeuré légalement sur
le territoire national, à compter de sa majorité sous couvert d'un certificat de résidence valable du 9 juillet 2009 au 8 juillet 2019. Après l'expiration de ce titre, il est constant qu'il est demeuré sur le territoire français. En date du 10 avril 2024, il a déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français. Une attestation de confirmation du dépôt d'une pré-demande
de titre lui a été délivrée le même jour par les services de la préfète du Bas-Rhin, qui n'ont ensuite pas accédé à sa demande de rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
4. D'une part, M. A a, il est vrai, après avoir, depuis sa majorité, régulièrement séjourné en France durant dix ans, laissé s'écouler une période de quatre années avant d'entreprendre de nouvelles démarches nécessaires à la régularisation de sa situation, lesquelles ont conduit au dépôt de sa pré-demande de titre le 10 avril 2024. Toutefois, ce délai peut être regardé comme limité au regard de la durée totale de son séjour sur le territoire national, qui dépasse les quarante années. La préfète du Bas-Rhin ne remet en outre pas en cause les circonstances exposées par le requérant, expliquant selon lui le retard dans ses démarches.
Par suite, ce délai courant de 2019 à 2024 ne suffit pas à caractériser une installation délibérée dans l'illégalité dont M. A devrait subir les conséquences, notamment en ce qu'il lui interdirait de se prévaloir d'une situation d'urgence dont il serait responsable. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. A a été convoqué à un entretien préalable à un licenciement, le 24 juin 2024, dans le cadre d'une procédure engagée par son employeur au motif de l'absence de titre de séjour en cours de validité, employeur qui a conclu avec lui un engagement à durée déterminée pour un emploi d'aide médico-psychologique à compter du 1er octobre 2019, à hauteur de 26,25 heures hebdomadaires. Le requérant établit ainsi que son employeur a pour intention de mettre fin à brève échéance à ce contrat de travail si aucune régularisation de sa situation n'est possible. Enfin, dans ce contexte, la circonstance que les services de la préfète n'ont pas fixé de date pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, plus de quatre mois après qu'il les a saisis, contribue, en l'absence de récépissé, à sa précarité et l'expose à l'édiction d'une mesure d'éloignement, alors qu'il est parent d'une enfant de nationalité française née en 2013, pour laquelle il n'est pas contesté qu'il contribue à son entretien et à son éducation. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
5. En l'absence de motif établi s'opposant à ce que soit examiné le dossier de la demande de certificat de résidence de M. A, la mesure tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de le convoquer pour qu'il finalise le dépôt de cette demande revêt un caractère utile. Il appartiendra à l'administration, lors de ce rendez-vous, d'évaluer la consistance du dossier déposé puis, si les conditions requises sont satisfaites, de délivrer un récépissé. L'injonction de fixer rapidement un tel rendez-vous ne fera par ailleurs obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, en l'absence de toute prise de position à la date de la présente instance.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin de fixer un rendez-vous à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, pour permettre à celui-ci de déposer sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer un récépissé si l'état du dossier le permet. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin de fixer, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, un rendez-vous pour permettre à M. A de finaliser le dépôt de sa demande de titre de séjour, et de lui en délivrer un récépissé si l'état du dossier le permet.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 20 août 2024.
Le juge des référés,
A. Therre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026