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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2405883

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2405883

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2405883
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCHOFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, M. B A, représenté par Me Choffel, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au directeur général du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville de reconsidérer la décision du 30 mai 2024 portant refus d'effacement d'une sanction disciplinaire, de lui permettre de siéger au CSE, de lui permettre de s'inscrire en formation spécialisée et de lui permettre de s'inscrire aux formations nécessaires en vue des élections professionnelles de 2026, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;

2°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville une somme de 2 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus d'effacer la sanction disciplinaire prononcée à son encontre en

novembre 2013, manifesté par la décision expresse du 30 mai 2024, porte une atteinte grave, immédiate et disproportionnée à la liberté syndicale ;

- l'urgence est caractérisée dès lors que des élections professionnelles se tiendront

en 2026, que le processus électoral commence plusieurs mois en amont, et que le refus d'effacement de la sanction l'empêche de s'y présenter, cette sanction le rendant inéligible ; ce refus l'empêche également de mener une activité syndicale au sein de l'établissement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Strasbourg a désigné M. Lusset, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code précité : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. La circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte-tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code précité, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

3. Le requérant indique que par un courrier du 5 janvier 2024, il a sollicité de la direction du CHR de Metz-Thionville l'effacement de la sanction disciplinaire infligée à son encontre le 22 novembre 2013 et que par une décision du 30 mai 2024, le directeur des ressources humaines du CHR a refusé de faire droit à sa demande. Il fait valoir que ce refus porte une atteinte grave et illégale au droit syndical.

4. Toutefois, en se bornant à faire valoir que des élections professionnelles auxquelles il souhaite se présenter se dérouleront dans le courant de l'année 2026, et que le refus de la direction du CHR de procéder à l'effacement de la sanction dont il a fait l'objet, refus dont il a au demeurant connaissance depuis le 30 mai 2024, fait obstacle à une reprise d'une activité syndicale, M. A ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à. M. B A.

Fait à Strasbourg le 12 août 2024.

Le juge des référés,

A. Lusset

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. Van der Beek

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