vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2406910 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, M. A C et
Mme B C, représentés par Me Berry, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de leur accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de leur indiquer un lieu d'hébergement d'urgence dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au bénéfice de leur conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'ils sont dans une situation de précarité particulière dès lors qu'ils sont sans logement alors que M. C présente des problèmes de santé sérieux et qu'ils ont la charge de trois enfants mineurs ;
- la décision attaquée porte une atteinte manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence ;
- la carence de l'administration à leur fournir un logement méconnaît l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'ils sont dans une situation de détresse médicale, psychique et sociale ;
- la carence de l'administration à leur fournir un logement méconnaît l'article 3 de l'a convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- La condition tenant à l'atteinte manifeste à une liberté fondamentale n'est pas remplie
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- La convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le décret du 28 décembre 2020 ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Carrier, vice-président, en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 19 septembre 2024 en présence de
Mme Lamoot, greffière d'audience, M. Carrier a lu son rapport et entendu les observations de Me Berry, avocate des époux C, présents à l'audience.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, ressortissants géorgiens entrés en France en décembre 2022 accompagnés de leurs trois enfants mineurs, ont présenté une demande tendant au bénéfice du statut de réfugié qui a été rejetée tant par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 21 mars 2024 que par la Cour nationale du droit d'asile le
14 juin 2024. Le 18 juillet 2024, M. C a sollicité son admission au séjour en se prévalant de son état de santé. Ils ont bénéficié d'un hébergement en tant que demandeurs d'asile jusqu'au 2 septembre 2024. Par leur requête, les époux C, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de leur indiquer un lieu d'hébergement d'urgence dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / ().". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. "
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre, à titre provisoire, M. et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle sur le fondement des dispositions précitées de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". L'article L. 345-2-2 dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence (). Aux termes de l'article L. 345-2-3 : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ". Aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".
5. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée. Les ressortissants étrangers qui font l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou dont la demande d'asile a été définitivement rejetée et qui doivent ainsi quitter le territoire en vertu des dispositions de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ayant pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence, une carence constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ne saurait être caractérisée, à l'issue de la période strictement nécessaire à la mise en œuvre de leur départ volontaire, qu'en cas de circonstances exceptionnelles. Constitue une telle circonstance, en particulier lorsque, notamment du fait de leur très jeune âge, une solution appropriée ne pourrait être trouvée dans leur prise en charge hors de leur milieu de vie habituel par le service de l'aide sociale à l'enfance, l'existence d'un risque grave pour la santé ou la sécurité d'enfants mineurs, dont l'intérêt supérieur doit être une considération primordiale dans les décisions les concernant.
6. Il résulte de l'instruction que l'Etat a accompli des efforts très conséquents pour accroître les capacités d'hébergement d'urgence dans le département du Bas-Rhin au cours des années récentes et, pour faire face à l'insuffisance des places disponibles compte tenu de l'augmentation du nombre de demandes, a également recours de façon importante à l'hébergement hôtelier, sans pour autant parvenir à répondre à l'ensemble des besoins les plus urgents. Ainsi, le budget d'hébergement d'urgence dans le département s'est élevé en 2023 à plus de 41 millions d'euros et le Bas-Rhin disposait en août 2024 de 6115 places hôtel compris. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 1, la demande d'asile des époux C a été définitivement rejetée en juin 2024 et par suite, les requérants n'ont en principe pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence. En outre, ils ont bénéficié, avec leurs enfants, nés respectivement en 2010, 2012 et 2021, d'un hébergement jusqu'en septembre 2024, période nécessaire à leur départ volontaire après le rejet définitif de leur demande d'asile. Enfin, eu égard, d'une part, à l'état de santé M. C qui souffre d'une infection à la hanche depuis plusieurs années à la suite d'un accident et d'interventions chirurgicales en Géorgie, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait évalué de manière significative et inquiétante récemment et d'autre part, à l'âge et l'état de santé normal des enfants mineurs des époux C, les requérants ne font état de circonstances exceptionnelles au sens du point précédent. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la préfète du Bas-Rhin a porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en n'assurant pas leur hébergement d'urgence et celui de leurs enfants et méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant garanti par l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête des époux C présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, de même que par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Les époux C sont admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête des époux C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme B C, à Me Berry et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Fait à Strasbourg, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
C. Carrier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Lamoot
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026