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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2407526

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2407526

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2407526
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantPOINSIGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. F B et

Mme C D épouse B, représentés par Me Poinsignon, demandent au juge des référés :

1°) de les admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) à titre principal, d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de leur indiquer un lieu d'hébergement susceptible de les accueillir avec leur enfant, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;

3°) à titre subsidiaire, d'ordonner à la maire de Strasbourg et à la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg de leur assurer un hébergement d'urgence, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie en raison de la précarité de leur situation ;

- bien que bénéficiaires du statut de réfugié ; ils vivent dans la rue depuis le mois d'août 2024 ; leur fils est âgé de trois ans ; elle est enceinte de trois mois ; ils cherchent

quasi-quotidiennement à joindre le 115, sans résultat ; ils sont sous la menace d'une expulsion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que les requérants ont été pris en charge le 4 octobre 2024.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, la maire de Strasbourg et la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, représentées par Me Maetz, concluent principalement au non-lieu à statuer et demandent l'appel en garantie de la collectivité européenne d'Alsace.

Par un mémoire, enregistré le 7 octobre 2024, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant au juge des référés de constater le non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024, en présence de Mme Van der Beek, greffière d'audience :

- le rapport de M. Stéphane Dhers ;

- les observations de Me Poinsignon, avocat de M. et Mme B, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans sa requête ;

- les observations de Mme E, représentant la préfète du Bas-Rhin, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans ses écrits ;

- et les observations de Me Maetz, avocat de la maire de Strasbourg et la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans leurs écrits.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, ressortissants afghans nés les 12 juin 1993 et 25 mars 1995, sont titulaires de cartes de résident, au titre de l'asile, valables jusqu'au 15 février 2034.

Ils demandent principalement au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de leur indiquer un lieu d'hébergement d'urgence.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. et Mme B à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte de l'instruction que M. et Mme B bénéficient d'un hébergement d'urgence depuis le 4 octobre 2024. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'appeler en garantie la collectivité européenne d'Alsace, il n'y a plus lieu de statuer sur leurs conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné, à titre principal, à la préfète du Bas-Rhin de leur indiquer un lieu d'hébergement susceptible de les accueillir avec leur enfant, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance et, à titre subsidiaire, d'ordonner à la maire de Strasbourg et à la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg d'y procéder dans le même délai et sous une astreinte identique.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

4. M. et Mme B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire par la présente ordonnance. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles

L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Poinsignon, avocat de M. et Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Poinsignon de la somme de 1 200 euros hors taxes. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. et Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme précitée sera versée aux requérants.

O R D O N N E :

Article 1 : M. et Mme B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. et Mme B tendant à ce qu'il soit ordonné, à titre principal, à la préfète du Bas-Rhin de leur indiquer un lieu d'hébergement susceptible de les accueillir avec leur enfant, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance et, à titre subsidiaire, d'ordonner à la maire de Strasbourg et à la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg d'y procéder dans le même délai et sous une astreinte identique.

Article 3 : L'Etat versera à Me Poinsignon, avocat de M. et Mme B, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros hors taxes au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à

M. et Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme précitée sera versée aux requérants.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F B, à

Mme C D épouse B, à Me Poinsignon, à la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, à la maire de Strasbourg et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.

Fait à Strasbourg le 7 octobre 2024.

Le juge des référés,

S. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. Van Der Beek

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