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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2407551

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2407551

vendredi 9 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2407551
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge Unique
Avocat requérantSELARL SAMSON & ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B contestant l'invalidation de son permis de conduire et les retraits de points consécutifs à quatre infractions routières commises en 2024. Le juge a écarté le moyen tiré du défaut de notification des retraits de points, estimant que cette notification n'affecte pas la légalité des retraits mais seulement leur opposabilité. Il a également rejeté le moyen relatif au défaut d'information préalable, prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en constatant que M. B avait payé les amendes forfaitaires, ce qui établit qu'il a reçu les informations requises. En conséquence, la décision du ministre de l'Intérieur du 19 septembre 2024 est validée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 octobre 2024 et le 25 février 2025, M. B, représenté par Me Samson, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) D'annuler les décisions de retraits de points pour les infractions du 5 avril 2024, du 5 janvier 2024, du 14 janvier 2024 et du 3 mars 2024 ;

2°) D'annuler la décision du 19 septembre 2024 par laquelle le ministre de l'Intérieur a invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer.

M. B soutient que les retraits de points ne lui ont pas été notifiés ; qu'il n'a pas reçu l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2025 le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a commis une série d'infractions au code de la route. Il en est résulté la nullité du solde de capital de points affecté à son permis de conduire. Par décision du 19 septembre 2024 le ministre de l'Intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points et a invalidé son permis de conduire. Le requérant demande l'annulation de la décision d'invalidation et des retraits de points suite aux infractions du 5 avril 2024, du 5 janvier 2024, du 14 janvier 2024 et du 3 mars 2024.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif " ;

3. M. B soutient que les décisions de retrait de points mentionnées par la décision " 48SI " ne lui ont jamais été notifiées par courrier. Toutefois, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par conséquent, la circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification des différents retraits de points est inopérant et doit être écarté.

4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

5. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises en vertu des dispositions des articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

6. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. B, produit par l'administration, que le requérant a payé les amendes forfaitaires afférentes à l'infraction commise 5 avril 2024, du 5 janvier 2024, du 14 janvier 2024 et du 3 mars 2024 relevée par un radar automatique, ainsi que le prouve la mention "tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé)". Ainsi, pour ces infractions le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'Intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. Il ressort de plus des pièces du dossier et de l'attestation produit par le trésorier du CNT CSA que le requérant s'est acquitté des amendes en question. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de l'infraction susmentionnée doit être écarté.

7. Le solde du capital de points du permis de conduire du requérant étant nul, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision 48SI du 19 septembre 2024.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'Intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2025.

Le magistrat désigné,

H. SIMONLa greffière,

F. DOGUI

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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