vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407645 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, Mme I J et M. L J, agissant en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs H J, E J, C J et A J, et Mme F B, représentés par Me Thalinger, demandent au juge des référés :
1°) de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision portant fin de prise en charge au titre de l'hébergement d'urgence dans leur logement actuel à défaut les orienter sans délai vers un lieu d'hébergement adapté à leur situation sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de leur conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, subsidiairement de leur verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la fin de leur prise en charge est imminente ; la famille a été convoquée le 9 août 2024 à la préfecture du Bas-Rhin et s'est vue proposer un hébergement au sein du centre de préparation et d'aide au retour de Bouxwiller, ce qui a été refusé compte tenu de ce qu'une demande de titre de séjour a été formée à laquelle ils n'ont pas encore eu de réponse et que leur enfant âgé de 17 ans dispose d'un récépissé de demande de titre de séjour ; on leur a indiqué que ce refus serait sans incidence sur leur situation ; le 4 octobre 2024, une personne est venue leur remettre une lettre indiquant qu'il leur était fait injonction de quitter leur domicile à compter du 10 octobre 2024 au motif qu'ils ont refusé l'hébergement proposé à Bouxwiller ; les délais en cause et l'imminence de leur sortie de leur hébergement suffisent à justifier de l'urgence ; n'ayant pas vocation à retourner dans leur pays, le logement proposé, destiné aux personnes préparant leur retour dans leur pays d'origine, n'apparaissait pas adapté à leur situation au sens des dispositions de l'article L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles ;
- l'absence d'hébergement d'urgence et de proposition d'un lieu d'hébergement adapté caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au regard des dispositions des articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il appartient au SIAO de défendre sa décision et que pour le surplus, les conditions posées à l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne sont pas remplies qu'il s'agisse de l'urgence au sens de ces dispositions ou de la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024 en présence de Mme Trinité, greffière d'audience, M. G a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Thalinger, avocats des consorts K, en présence de Mmes J et B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et indique diriger également ses conclusions contre la préfecture du Bas-Rhin ;
- les observations de Mme D, représentant la préfète du Bas-Rhin, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. Les requérants demandent la suspension de l'exécution de la décision par laquelle on leur a demandé de quitter l'hébergement d'urgence dont ils bénéficiaient et d'enjoindre, à défaut de les orienter sans délai vers un lieu d'hébergement adapté à leur situation sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
5. Il résulte toutefois de l'instruction et des précisions données par la représentante de la préfète du Bas-Rhin dans le cadre de sa défense présentée, comme autorité de l'Etat en charge de la mise en place du dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse dans le département, que le jour de la saisine du juge statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le service intégré d'accueil et d'orientation a indiqué que la famille J pouvait encore bénéficier de leur hébergement d'urgence jusqu'au 17 octobre 2024, la famille ayant indiqué que des tiers étaient susceptibles de leur offrir une solution d'hébergement. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 précité tendant à ce que l'exécution de la décision de ne plus les accueillir soit suspendue ou qu'une solution d'hébergement leur soit proposée.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Les consorts K sont admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme I J, en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à Me Thalinger et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. G
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026