jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407928 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2024, et un mémoire enregistré le 23 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Thalinger, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de prendre toute mesure utile afin de permettre son retour en France ;
3°) de suspendre l'exécution de l'arrêté de transfert du 23 mai 2024 à destination de la Suède ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 100 euros hors taxe au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, subsidiairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en dépit de l'exécution de la mesure de transfert ;
- les autorités suédoises n'ont pas été informées de ses pathologies, en méconnaissance des articles 31 et 32 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- son transfert méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne, en raison du risque de renvoi en Afghanistan.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable, l'exécution de la décision de transfert ayant eu lieu le 22 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boutot pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 23 octobre 2024 en présence de Mme Trinité, greffière d'audience :
- le rapport de M. Boutot, juge des référés ;
- les observations de Me Thalinger, avocat de M. A, qui développe le moyen tiré de défaut d'information des autorités suédoises, que le requérant se trouve privé d'accès aux soins en Suède, et que la Suède ne protège pas les ressortissants afghans en dépit de la réalité des risques auxquels ils sont exposés.
Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 23 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. La seule circonstance que la mesure de transfert a reçu exécution au cours de l'instruction ne saurait priver d'effet la présente procédure de référé dès lors qu'elle est présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui est destiné à protéger les libertés fondamentales en permettant au juge des référés d'ordonner toute mesure nécessaire à cette fin. Dès lors, il y a toujours lieu de statuer sur la demande de M. A.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. Eu égard à l'imminence non contestée de l'exécution de transfert à la date d'introduction de la requête et en dépit de la circonstance que ce transfert ait été réalisé, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale :
5. En premier lieu, M. A, qui fait valoir qu'il souffre de troubles mentaux et de la maladie de Crohn, soutient que le préfet du Bas-Rhin n'a pas transmis ces informations aux autorités suédoises, en méconnaissance des articles 31 et 32 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et alors même que le préfet en avait connaissance, ainsi que l'atteste un courriel du 11 juin 2024 adressé à l'administration par une association. Il expose qu'en raison de ce défaut de transmission, il n'est pas en mesure d'être médicalement suivi en Suède.
6. Il résulte toutefois de l'instruction que ce courriel du 11 juin 2024 évoque, de façon peu circonstanciée, des troubles psychiatriques et des problèmes de santé " au niveau de l'abdomen nécessitant entre autres un traitement intraveineux ". Compte tenu du caractère général de telles déclarations, non étayées d'éléments médicaux suffisamment précis, et alors même que le requérant, selon les termes non contestés de l'arrêté de transfert du 23 mai 2024, n'avait pas mentionné de problèmes de santé, le préfet du Bas-Rhin ne peut être regardé, eu égard à la nature des éléments dont il disposait, comme ayant manqué à son devoir d'information des autorités suédoises. En toute hypothèse, il résulte de l'instruction que les pathologies alléguées ont été diagnostiquées en Suède, où le requérant a bénéficié d'un suivi régulier avant son entrée en France en 2024. M. A fait enfin valoir qu'il bénéficie en France d'un suivi médical approprié pour la maladie de Crohn (traitement médicamenteux et injection tous les deux mois). Il n'établit toutefois pas que ce traitement ne pourrait être poursuivi qu'en France, ni que l'exécution de l'arrêté de transfert vers la Suède, pays dont le système de santé est équivalent au système français, impliquerait une interruption de son traitement susceptible d'entraîner une aggravation significative et irrémédiable de son état de santé. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, l'atteinte grave et manifestement illégale, en raison des conséquences sur l'état de santé de M. A, à son droit de demander l'asile, n'est pas établie.
7. En second lieu, M. A soutient qu'il est exposé, en cas de transfert en Suède, à un risque d'éloignement vers son pays d'origine, dès lors que sa demande d'asile a fait l'objet d'un rejet dans ce pays, qu'il fait l'objet en Suède d'une mesure d'expulsion vers l'Afghanistan, où il est exposé à des risques de persécutions en raison de son appartenance à l'ethnie hazara. Toutefois, de tels moyens, qui ne font pas état de circonstances nouvelles, concernent directement la légalité de l'arrêté de transfert du 23 mai 2024, qui n'a pas été contesté et est donc devenu définitif, alors que seules peuvent être utilement contestées dans la présente procédure de référé les modalités d'exécution de cet arrêté. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'injonction sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1 : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Thalinger et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
L. Boutot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
N° 2407298
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026