mardi 11 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2409385 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | L'ILL LEGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 155 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, et, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut d'examen et d'une erreur de fait ;
-la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
-la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur le délai de départ volontaire :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de l'obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2024, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant,
- et les observations de Me Thalinger, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant gabonais né le 21 avril 2000, est entré en France le 11 septembre 2019 muni d'un visa de long séjour étudiant. Il a été mis en possession d'une carte de séjour portant la mention étudiant régulièrement renouvelée. Le 14 décembre 2023, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrête du 2 juillet 2024, dont M. B demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a refusé de faire droit à cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le 14 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. C à l'effet de signer les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige doit dès lors être écarté.
Sur les moyens propres au refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre la décision de refus de titre de séjour attaquée. En outre, l'éventuelle erreur de fait qu'elle aurait commise concernant la réussite en première année de BTS assurance de M. B est sans incidence sur l'appréciation qu'il a portée sur le caractère sérieux des études du requérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer des moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-23 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire () est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné au 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
5. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée par un étranger en qualité d'étudiant, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à partir de l'ensemble du dossier, si les études poursuivies par l'intéressé revêtent un caractère réel et sérieux et s'il dispose, à la date à laquelle elle statue, des moyens d'existence suffisants lui permettant de vivre et d'étudier en France compte tenu de tous les avantages, et notamment un logement gratuit, dont l'étudiant peut bénéficier par ailleurs. A cet égard, le caractère réel et sérieux de ces études est subordonné à une progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours.
6. En l'espèce, depuis son arrivée en France en 2019, M. B a multiplié les échecs dans son parcours universitaire. Ainsi, il n'a pas validé une première année de capacité en droit en 2020/2021, une première année du brevet de technicien supérieur (BTS) mention " comptabilité et gestion " en 2021/2022 et une première année du BTS mention " assurance " en 2022/2023. A supposer qu'il ait finalement validé cette première année en 2023/2024, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à ses multiples échecs et réorientations, c'est à bon droit que la préfète du Bas-Rhin a estimé qu'il ne justifiait pas du caractère réel et sérieux dans des études poursuivies et refusé pour ce motif de renouveler son titre de séjour étudiant. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut pas être accueilli. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. Si M. B réside depuis plusieurs années en France, il est entré sur le territoire français sous couvert d'un visa étudiant qui ne lui donnait pas vocation à résider en France de manière pérenne. Il est célibataire et sans enfant. Il n'est pas établi qu'il aurait des membres de sa famille en France. Il ne justifie pas de liens personnels intenses sur le territoire français. Eu égard à ce qui a été dit au point 5, il n'établit pas suivre sérieusement des études. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment aux conditions de séjour de l'intéressé en France, la préfète du Bas-Rhin, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel ladite décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut pas être accueilli. Dans les circonstances de l'espèce susrappelées, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que le refus de titre de séjour en litige serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur les moyens propres aux décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :
9. Dès lors qu'il résulte des points précédents que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, il n'est pas davantage fondé à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Thalinger et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.
La rapporteure,
H. BRONNENKANT
Le président,
C. CARRIER
La greffière,
S. MICHON
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400328
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête en excès de pouvoir visant à annuler l'arrêté préfectoral autorisant l'usage de drones pour filmer le marché de Noël 2023. La juridiction a jugé que la mesure, prise sur le fondement de l'article L. 242-5 du code de la sécurité intérieure pour prévenir les atteintes à l'ordre public et les actes de terrorisme, était proportionnée et ne portait pas d'atteinte disproportionnée aux libertés publiques, notamment au droit au respect de la vie privée. Le tribunal a également estimé que l'obligation d'information du public était satisfaite et a rejeté la demande d'injonction de production de la notice d'usage des drones.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2402852
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que le retard de plus de 90 jours dans le dépôt de sa demande d'asile, sans motif légitime justifié, rendait légal le refus de l'allocation. La décision s'appuie principalement sur les dispositions de l'article L. 552-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400494
**Sujet principal** : Recours en excès de pouvoir contre une pénalité financière infligée par la CPAM à un opticien pour manquement aux règles de distribution de l'offre « 100% santé ». **Juridiction** : Tribunal Administratif de Strasbourg (5e chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la SARL et confirme la pénalité. Il écarte les moyens de la société, notamment le vice de procédure (l'opticien avait bien été invité à présenter ses observations) et l'argument d'une régularisation ultérieure, sans incidence sur le constat du manquement. **Textes appliqués** : Articles L. 165-1-4 et R. 165-86 du code de la sécurité sociale, ainsi que l'arrêté du 3 décembre 2018 fixant les règles de présentation de l'offre.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2507696
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral ordonnant l'obligation de quitter le territoire français (OQTF), la fixation d'un pays de renvoi et une interdiction de retour à l'encontre de deux ressortissants géorgiens. Le tribunal a constaté le désistement pur et simple des requérants, intervenu après le rejet de leur demande d'asile. En conséquence, il a donné acte de ce désistement, mettant ainsi fin à l'instance sans examen du fond de l'affaire.
07/04/2026