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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2503148

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2503148

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2503148
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantHAJI KASEM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative par une ressortissante étrangère demandant d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a autorisé la requérante à se présenter sans rendez-vous, rendant sans objet la demande d'injonction. Le juge des référés a donc constaté un non-lieu à statuer sur cette demande. Il a toutefois condamné l'État à verser 1 000 euros à la requérante au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 avril, 28 mai et 16 juin 2025, Mme A C épouse B, représentée par Me Haji Kasem, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet de la Moselle de lui accorder un rendez-vous aux fins de permettre l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est fondée à obtenir la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de document lui autorisant le séjour en France la place dans une position précaire ;

- la condition d'utilité est remplie dès lors que le préfet de la Moselle n'a pas accordé de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de séjour en dépit de ses multiples sollicitations ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 avril et 16 juin 2025, le préfet de la Moselle conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'il a autorisé la requérante, le 24 avril 2025, à se présenter sans

rendez-vous pour déposer son dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Michel, magistrat honoraire inscrit sur la liste prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Michel, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 16 juin 2025, en présence de Mme Abdennouri, greffière d'audience.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. . Il résulte de l'instruction que, par courriel du 24 avril 2025, postérieurement à l'introduction de la présente requête, le préfet de la Moselle a autorisé la requérante à se présenter sans rendez-vous au guichet de la préfecture en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. La requête a ainsi, dans cette mesure, perdu son objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à Mme C épouse B en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées pour Mme C épouse B tendant à ce que le préfet de la Moselle lui accorde un rendez-vous aux fins de permettre l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé.

Article 2 : L'État versera à Mme C épouse B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et au ministre d'État, ministre de l'intérieur. Copie sera en adressée au préfet de la Moselle.

Fait à Strasbourg, le 30 juin 2025.

Le juge des référés,

C. Michel

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

L. Abdennouri

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