LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2505515

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2505515

mercredi 16 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2505515
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantBERRY

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, concerne la demande d'une famille avec un enfant en bas âge, dont la fille est demandeuse d'asile, d'obtenir un hébergement d'urgence après avoir été expulsée de son logement. Les requérants invoquent une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit d'asile et à l'intérêt supérieur de l'enfant, en se fondant notamment sur la convention européenne des droits de l'homme et la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que les conditions d'urgence et d'atteinte à une liberté fondamentale n'étaient pas remplies, sans faire droit aux conclusions subsidiaires dirigées contre l'OFII ou le préfet du Bas-Rhin.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2025, Mme A D, M. F C et leur enfant mineure, B H C, représentée par ses parents, représentés par Me Berry, demandent au juge des référés :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à titre principal à la Directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), de désigner un lieu d'hébergement susceptible d'accueillir la famille dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à titre subsidiaire au préfet du Bas-Rhin, de désigner un lieu d'hébergement susceptible d'accueillir la famille dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII et de l'État une somme de 1 200 euros toutes taxes comprises à verser au profit de son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie dès lors que leur fille bénéficiant de la qualité de demandeur d'asile, la famille devrait bénéficier d'un hébergement d'urgence compte tenu du jeune âge des enfants ; de ce qu'ils ont été mis à la rue le 24 juin 2025 après leur expulsion du logement mis à disposition par la collectivité européenne d'Alsace ; de ce qu'en tout état de cause, eu égard à leur vulnérabilité, du jeune âge de leurs enfants, de l'état de santé de Mme D, l'OFII et subsidiairement l'État doit leur proposer un hébergement d'urgence ; il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit constitutionnel à l'asile, dès lors que la mise en œuvre de ce droit doit couvrir les besoins vitaux d'une personne et de sa famille et, par conséquent, doit respecter l'intérêt supérieur de l'enfant ; la méconnaissance des obligations prévues par la loi en matière d'hébergement d'urgence des personnes sans abri peut constituer une atteinte à une liberté fondamentale ; la famille se trouve désormais dans une situation d'urgence absolue après avoir été expulsée de son hébergement d'urgence le 24 juin 2025 ; la Préfecture, en charge de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale, n'a pas donné suite au courriel qui lui a été adressé par la soussignée, ni des appels quotidiens passés au 115 par les requérants ; elle ne démontre pas que les capacités d'hébergement d'urgence ne permettraient pas de prendre en charge les besoins fondamentaux de cette famille qui en outre est particulièrement vulnérable compte tenu de sa situation en présence d'enfants en très bas âge ; les requérants ne bénéficient d'aucun accompagnement social ; le fait de ne pas proposer de lieu d'hébergement à une famille accompagnée d'enfants porte atteinte à l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et caractérise une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2025, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Richard, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 juillet 2025 tenue en présence de Mme Trinité, greffière d'audience :

- le rapport de M. Richard, juge des référés,

- les observations de Me Berry, avocate des consorts G, présents à l'audience, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- les observations de M. E, représentant le préfet du Bas-Rhin, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens.

L'OFII n'était pas représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

3. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III ". Aux termes de son article L. 551-9 : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de son article L. 552-2 : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre État européen ". Aux termes de son article L. 552-8 : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. / Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ". Aux termes de son article L. 553-2 : " Un décret définit le barème de l'allocation pour demandeur d'asile, en prenant en compte les ressources de l'intéressé, son mode d'hébergement et, le cas échéant, les prestations offertes par son lieu d'hébergement. Ce barème prend en compte le nombre d'adultes et d'enfants composant la famille du demandeur d'asile et accompagnant celui-ci. / () ". Aux termes de son article D. 553-8 : " L'allocation pour demandeur d'asile est composée d'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction du nombre de personnes composant le foyer, et, le cas échéant, d'un montant additionnel destiné à couvrir les frais d'hébergement ou de logement du demandeur ". Aux termes de son article D. 553-9 : " Le montant additionnel n'est pas versé au demandeur qui n'a pas manifesté de besoin d'hébergement ou qui a accès gratuitement à un hébergement ou un logement à quelque titre que ce soit. ".

4. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur.

5. Ainsi, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation familiale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque situation, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation familiale de la personne intéressée.

6. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse () ". L'article L. 345-2-2 du même code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Aux termes de son article L. 345-2-3 : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ". Aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'État au titre de l'aide sociale : () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".

7. Il appartient aux autorités de l'État, sur le fondement de ces dispositions, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée. Les ressortissants étrangers qui font l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, et qui doivent ainsi quitter le territoire en vertu des dispositions de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'ont pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence. Dès lors, s'agissant des ressortissants étrangers placés dans cette situation particulière, une carence constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ne saurait être caractérisée, à l'issue de la période strictement nécessaire à la mise en œuvre de leur départ volontaire, qu'en cas de circonstances exceptionnelles.

8. Il résulte de l'instruction qu'à la suite du rejet de leurs demandes d'asile et compte-tenu de l'irrégularité de leur séjour en France, M. C et Mme D ainsi que leurs enfants ont été orientés vers un hébergement au Centre de préparation et d'aide au retour (CPAR) de Bouxwiller, et que de leur refus de s'y rendre a résulté l'annonce, par courrier du 27 mai 2025 de la directrice du Service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) du Bas-Rhin, de la fin de leur hébergement d'urgence dans leur hôtel à compter du 17 juin 2025.

9. Les requérants ne justifient d'aucune démarche tendant à contester le constat à l'origine de cette décision ni même la fin mise à leur hébergement d'urgence. Les décisions qui les concernent n'ont jamais eu pour objet ou pour effet de mettre fin à l'unité de la cellule familiale, les parents ayant choisi de refuser l'hébergement proposé au vu de leur situation administrative. Si les requérants font état de ce qu'une demande d'asile a été déposée par B H C par le truchement de ses parents, celle-ci n'a été présentée que le 17 juin 2025 ainsi qu'il résulte du relevé TelemOfpra, soit le jour de leur départ requis de leur hébergement d'urgence et deux semaines après la réception du courrier leur intimant de quitter leur hébergement d'urgence. Il résulte de ce même relevé que cette demande d'asile présentée en dernier lieu par les parents pour le compte de leur fille, lorsqu'il leur a été demandé de partir, a été rejetée comme irrecevable par une décision notifiée le 26 juin 2025.

10. Dans ces conditions, eu égard à leur situation au regard du droit d'asile à la date de la présente ordonnance et compte-tenu de la pénurie de logements d'hébergement d'urgence, les requérants, n'établissent pas le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte au droit d'asile, laquelle s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur, ni la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

11. D'autre part, les requérants se prévalent également de ce que le préfet du Bas-Rhin doit mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence de façon immédiate dans le cadre de cette requête présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et qu'ils font face à une carence caractérisée de celui-ci compte-tenu de leurs appels infructueux au 115. Ils ne produisent toutefois aucune pièce ni justification précise à cet égard. S'ils se prévalent d'un droit à l'hébergement d'urgence pour la famille et leurs jeunes enfants, ils ne produisent toutefois aucune explication autre que la volonté de ne pas laisser entendre qu'ils seraient prêts à quitter la France, pour avoir refusé en mai 2025 l'hébergement qui leur était proposé à Bouxwiller pour tenir compte de leur situation administrative mais également de la présence de jeunes enfants avec eux. Ils ne justifient d'aucune démarche précise tendant à contester le départ qui leur a été demandé de leur hôtel ni même avoir sollicité de bénéficier de l'hébergement proposé à Bouxwiller, afin de mettre fin à la situation d'urgence qu'ils entendent invoquer. S'ils indiquent, pour étayer leurs allégations sur la carence de l'État, de ce qu'ils ont signalé la particularité de leur situation au préfet du Bas-Rhin, ainsi qu'à l'OFII d'ailleurs, en lui ayant transmis le 2 juillet 2025 un courriel par lequel ils sollicitent, par l'intermédiaire de leur conseil, un hébergement d'urgence, ledit courriel envoyé sans distinction à l'adresse générale de la préfecture et de l'OFII ainsi qu'à la directrice territoriale de l'OFII et visant l'OFII et l'État sans indication précise sur leur situation administrative, si ce n'est qu'ils auraient " été mis à la porte de leur hébergement d'urgence " et un rappel de la demande d'asile récente de leur plus jeune fille, ne comporte lui-même aucune précision ni pièce justificative de nature à faire naître, en l'absence de réponse à très bref délai apportée à celui-ci, une situation de carence caractérisée dans l'accomplissement par l'État de sa mission d'hébergement d'urgence des membres de cette famille. Dans les circonstances de l'espèce, en l'état du dossier et des pièces produites, il est manifeste que les requérants ne justifient pas non plus de l'existence de carences caractérisées de la part de l'État dans l'accomplissement de sa mission relative au droit à l'hébergement d'urgence.

12. Les requérants, à qui il a été demandé depuis la fin du mois de mai de quitter leur hébergement d'urgence après qu'ils ont refusé de se rendre au centre de préparation au départ de Bouxwiller et qui indiquent se trouver sans abri depuis deux semaines, n'indiquent pas dans quelle mesure leur situation récente aurait évolué de façon telle qu'au regard de leur vulnérabilité, une réponse doive désormais leur être apportée immédiatement, par l'administration ou le juge des référés saisi sur le fondement particulier de l'article L. 521-2 précité, sous peine de les exposer à de graves conséquences, les membres de la famille n'ayant jamais été séparés et les intéressés pouvant bénéficier d'une aide médicale en cas de détérioration de leur état de santé. Il résulte de ce qui précède que dans ces circonstances, au regard du manque d'éléments et de pièces contenus dans la requête, les requérants ne justifient pas de l'urgence particulière propre à la voie de droit qu'ils ont choisie en introduisant un référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C, Mme D et leur fille B H C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à Me Berry, au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre d'État, ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.

Fait à Strasbourg, le 16 juillet 2025.

Le juge des référés,

M. Richard

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

No 2505515

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions